Vie scolaire
Vous savez, l’école n’a pas
toujours été obligatoire, même que pendant plusieurs siècles seulement les
riches pouvaient accéder à l’instruction.
Dans un premier temps le système scolaire a été géré par la
communauté religieuse de l’époque. Plus tard, les villes et le gouvernement s’en sont mêlés…
| Écoles de rang | Les commissaires | L'enseignant |
| Les autre types d’école | L’inspecteur et le curé |
L’école de rang était une petite école de campagne. La plupart des gens l’appelaient l’école de rang, car elle était construite au milieu d’un rang près du plus grand nombre d’enfants qui allaient à l’école. Cela permettait aux enfants de marcher moins longtemps même s’ils devaient parcourir facilement entre 1 et 3 kilomètre(s) pour se rendre à l’école. Dans cette école, il y avait une ou plusieurs classes de la première année à la neuvième année.
Par la suite, le neuvième année et la huitième année ont disparu du primaire. Si les gens possédaient suffisamment d’argent et que leur enfant avait de bons résultats, celui-ci pouvait accéder aux études classiques. Souvent, l’élève qui accédait aux études classiques devait changer d’école et marcher plus longtemps, ou aller habiter chez des membres de la famille pour suivre ses cours. La majorité des écoles de rang étaient très modestes puisque les parents des élèves n’avaient pas beaucoup de ressources financières. L’école était construite par les parents des élèves lors de « bis ». Les « bis » ressemblaient à des réunions où tous les citoyens se présentaient pour aider à bâtir l’école, l’église ou encore aider un ami à bâtir ou rebâtir sa maison suite à une catastrophe. La majeur partie des gens de cette époque étaient pauvres, mais ils s’entraidaient beaucoup. La solidarité faisait la force du village. L’école était construite avec un grand nombre de fenêtres pour permettre au soleil de réchauffer la classe. Il y avait une salle de classe, un vestiaire pour chaque sexe, des pupitres à 2 places pour les élèves, un petit tableau et un poêle pour chauffer la classe.
La vie au pensionnat était plus difficile et plus stricte que celle dans les écoles de rang. Dans ce milieu scolaire, les élèves devaient apprendre par cœur leurs leçons, ils avaient plus d’instruction religieuse, ils allaient à la messe tous les jours et leur journée commençait à 5h30 du matin. De plus, les élèves ne voyaient leurs parents que pendant les vacances d’été, de Noël et de Pâques. Ils dormaient tous ensemble dans des dortoirs à l’école sous la supervision des enseignants.
En plus de voir les matières scolaires habituelles, les jeunes filles des pensionnats avaient aussi une formation en couture et en tenue de maison (Ce qui n’était pas enseigné dans les écoles de rang et de ville). Les pensionnats n’étaient jamais mixtes. Ils étaient destinés soit à une clientèle féminine ou masculine.
Il y avait aussi les écoles de villes comme nous les connaissons aujourd’hui. Elles se situaient au centre des villes et regroupaient tous les enfants des travailleurs de la ville. Elles se situaient près des usines et des églises là où il y avait le plus grand nombre d’habitants. L’organisation était très similaire à celle que l’on connaît aujourd’hui : il y avait plusieurs classes et plusieurs enseignants par école.
Les commissaires sont apparus au début du 20e siècle. Ils étaient chargés de gérer l’organisation de la vie scolaire. Ils jouaient le même rôle que les commissions scolaires d’aujourd’hui. Les commissaires étaient mandatés par le gouvernement pour veiller à ce que tout fonctionne bien dans les écoles. Leur tâche consistait principalement à embaucher les enseignants, à voir à la construction des bâtisses et à accompagner les prêtres à l’école. Ce sont eux qui géraient l’école avec l’aide de l’inspecteur bien sûr.
Le choix des enseignants n’était pas facile. En effet, les candidats devaient avoir toutes les qualités possibles. Voici une petite liste des qualités qu’ils devaient posséder : science suffisante, autorité, dignité, zèle, piété, patience, ponctualité, préparation des classes, justice, douceur, étude des caractères, aimer tous les élèves également, savoir surveiller, savoir enseigner, aller du concret à l’abstrait, aller du connu à l’inconnu, savoir grouper les élèves, expliquer clairement, enseigner des leçons courtes et bien apprises, donner des devoirs courts et bien faits et connaître la science pédagogique. Après avoir fait preuve de toutes ces petites qualités, l’enseignant devait posséder un certificat de moralité émis par le curé de la paroisse de la ville ou du village. Suite à toutes ces procédures, il devait signer un petit contrat… En voici un exemple :
Les droits et devoirs des enseignantes au début du 20e siècle.
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Le contrat d’une enseignante en 1910 : |
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| 1- | Ne doit pas être mariée. |
| 2- | Ne doit jamais se tenir en compagnie d’hommes |
| 3- | Doit toujours être à la maison entre huit heures du soir et 6 heures du matin, à moins d’être en train de travailler à l’école. |
| 4- | Ne doit pas se tenir dans ou près du restaurant du village. |
| 5- | Ne doit jamais quitter le village sans la permission des commissaires. |
| 6- | Ne doit pas fumer. |
| 7- | Ne doit pas boire du vin, du whisky ou de la bière. |
| 8- | Ne doit jamais aller en carriole avec un autre homme que son père ou son frère. |
| 9- | Ne doit pas porter de couleurs vives. |
| 10- | Ne doit pas faire des arrangements dans ses cheveux. |
| 11- | Doit porter au moins deux vêtements supérieurs, dont un châle. |
| 12- | Aucune robe ne doit être plus de deux pouces au-dessus de la cheville. |
| 13- |
L’école doit toujours être propre et accueillante : a) Balayer le plancher de la classe au moins une fois par jour. b) Laver le plancher de la classe au moins une fois par semaine avec de l’eau chaude savonneuse. c) Nettoyer le tableau au moins une fois par jour. d) Allumer le feu dans la fournaise à 7 heures du matin afin que la classe soit réchauffée à l’arrivée des élèves à 8 h. |
Les inspecteurs visitaient chaque école deux fois par an. Ces visites étaient synonymes de grand stress pour les élèves et les enseignants. Le but de chaque visite était d’examiner l’école, d’évaluer les apprentissages des élèves, les compétences de l’enseignant et de lui prêter soutient en cas de besoin. Il devait aussi s’assurer que le maître faisait bien son travail et qu’il respectait toutes les ententes du contrat. Lorsque tout se passait bien, les élèves et le maître avaient droit à des congés, des volumes ou d’autres primes de succès. Mais lorsque ce n’était pas satisfaisant, l’inspecteur les réprimandait très sévèrement. L'enseignant pouvait même être renvoyé si l’inspecteur n’était pas satisfait de son travail. Chaque visite était consignée dans un rapport écrit.
En plus de vérifier le bon fonctionnement de la classe, l’inspecteur vérifiait aussi l’administration de l’école. Il devait inspecter les fonds du secrétaire-trésorier et les registres des commissaires d’école. Étant donné qu’il y avait peu de téléphones et que la poste était très lente, il assurait aussi le rôle d’agent de liaison entre les commissaires et le département de l’instruction publique.
Comme l’éducation et la religion était très liées à cette époque, le curé était très impliqué dans la vie scolaire. Il venait souvent à l’école et les élèves se déplaçaient souvent pour aller à l’église (s’il y en avait une à proximité). Le curé était mandaté pour surveiller les agissements de l’enseignant. Étant donné qu’il était plus présent, il pouvait juger de l’attitude de l’enseignant chaque jour de la semaine et si quelque chose d’anormal se passait, il devait avertir les commissaires. Peu à peu, le clergé a laissé de plus en plus de place aux commissaires et au gouvernement. C’est pourquoi maintenant, l’église n’a plus de contrôle sur l’instruction.
Comme vous pouvez le constater, les enseignants de l’époque devaient s’occuper de plusieurs choses qui sont maintenant faites par le personnel de soutien. Que ferions-nous sans notre concierge, notre secrétaire, notre personne ressource en informatique, notre animatrice de pastorale et bien d’autres encore !!!!
En plus de s’occuper du ménage, l’enseignant devait enseigner toutes les matières: religion, histoire Sainte, arithmétique, géométrie, grammaire, diction, bon langage, anglais, histoire du Canada, géographie, bienséance, calligraphie, gymnastique, solfège, hygiène et agriculture.
Souvent, pour enseigner toutes ces matières, les enseignants n’avaient aucun matériel et les élèves écrivaient sur des ardoises. Certains livres étaient disponibles pour les enseignants, mais il était rare qu'ils aient suffisamment d’argent pour s’en procurer. Le seul livre obligatoire était le Catéchisme. Les élèves devaient apprendre ce livre par cœur au cour du primaire. Bien sûr, il y avait d'autres livres disponibles, mais ils étaient très rares et seulement utilisés par l'enseignant, puisque les élèves n'avaient pas d'argent pour cela.
Il n’y avait pas d’autre personnel dans l’école, sauf lors de la visite des inspecteurs. Les classes comprenaient de 50 à 100 élèves, tout dépendant de la localisation et du nombre d’enfants. Étant donné le grand nombre d’enfants et le peu d’attention que ceux-ci portaient à l’hygiène, les maladies se promenaient rapidement et la mort était très fréquente. Les animaux vivaient dans le même espace que les élèves. Ceci rendait la classe très bruyante et difficile à gérer. L’enseignement à cette époque était plus une vocation pour les enseignants qu’un métier. Il fallait vraiment que les enseignants aiment enseigner pour survivre à de telles conditions. La plupart donnaient quelques années de leur vie à l’enseignement avant de se marier. Lorsque les enseignantes se mariaient, elles devaient démissionner de leur poste parce qu’une enseignante ne pouvait être mère ni mariée en même temps qu’elle enseignait.
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En 1930 , les élèves rangeaient leurs crayons dans des plumiers. Qu’est-ce qu’un plumier? Un plumier est une boîte rectangulaire en bois qui contient un crayon d’ardoise, une gomme, un compas, un pinceau et un porte-plume. La décoration de ce plumier varie selon la richesse de la famille. De plus, selon la richesse de la famille, les élèves possédaient un livre de sciences et un livre de français (qui comprenait lecture, grammaire, vocabulaire, orthographe, composition, dictées et leçons). Les élèves partaient à l’école avec une musette. Qu'est-ce qu'une musette? C’est un sac plus petit qu’un cartable, de forme rectangulaire et elle se porte grâce à une lanière qu’on porte sur l’épaule. Elle était fabriquée à la maison. Il n’y avait pas une grande gamme de couleurs; elle était souvent grise, verte, bleue ou marron.
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Les punitions à cette époque n’étaient pas les mêmes que l’on retrouve aujourd’hui dans les écoles. En ce temps-là, les punitions étaient beaucoup plus sévères, notamment si c’était à cause d’une rature ou d’une tache d’encre dans un cahier. L’élève prit en faute devait entre autres faire des tours de classe avec son cahier accroché dans le dos. Si l’élève n’était pas attentif en classe, il recevait très souvent un coup de règle sur les doigts, se faisait fouetter devant tous les autres élèves, ou recevait une gifle. Finalement, une autre punition populaire était de se tenir debout dans le coin de la classe avec un bonnet d’âne sur la tête où le prénom du puni était inscrit. De plus, l’élève avait sur lui une feuille où la raison de sa punition était inscrite.
Dans la plupart des écoles, un élève devait mettre de l’encre dans chaque encrier de la classe, et ce, chaque matin. Lors de la rentrée du matin, les élèves devaient montrer leurs mains et si elles n’étaient pas propres, ils recevaient un coup de règle sur les doigts et étaient envoyés à la pompe pour se laver.
On retrouvait régulièrement des écoles pour garçons où on enseignait la menuiserie et des écoles pour les filles où elles apprenaient le tricot et le crochet. En 1950, les classes n’avaient toujours pas d'eau courante. Les toilettes (l’inspecteur appelait cela des "latrines" et les élèves des "bécosses") étaient situées à l'extérieur et le papier hygiénique consistait en des feuillets de journal pour tout le monde et du papier de soie des patrons (qui servait pour les vêtements ou emballage d’oranges de Floride) pour les personnes privilégiées.
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