Tu
ne tueras point !
J’ai toujours eu la naïveté de croire
que lorsqu’un homme levait la main sur un autre homme, sur une femme, sur
un enfant, il ne pouvait qu’avoir envie de rendre son foie une fois l’acte
accompli.
Je suis même allé jusqu’à imaginer
cette marée montante de remords venue, du fin fond de la conscience
assoupie, signifier qu’on venait de s’avilir irrémédiablement.
Mais alors qu’en est-il de celui qui tue son prochain
?
J’ai tourné et retourné la question
dans ma tête et dans mon cœur sans parvenir à me faire à
l’idée qu’on pouvait supprimer une vie et survivre à l’abomination.
C’est sans doute que mon imagination n’est pas puissante
ou alors qu’elle se fait rétive devant l’excès d’horreur
. Qu’elle refuse d’aller au-delà d’une certaine ligne maudite.
Maintenant l’assassin voit grand.
Il tue ou fait tuer à grande échelle.
Et les corps calcinés des enfants s’entassent par paquets sur des
terres de prophétie de pensée et d’élévation.
Il frappe en Palestine, au Liban, en Irak.
Il frappe le cœur, jadis palpitant, du monde.
Et cette belle planète, naguère bleue
comme une orange, n’en finit pas de prendre cette teinte noirâtre
d’un gros caillot de sang.
Kaci ABDMEZIEM
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