AAKA Algérie Amazigh kabylie actualité (de Presse) par BMS
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Poésie - Chroniques - Billet - Proverbes - Nouvelles
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-Mi s 'ârqet i wouchen i choughel ts ba'ouchine
-Quand le chacal s'ennuie il taquine les vermisseaux
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-Our sriffig our tsroussou !!
-Ne vole ni te pose !! 
Kaci ABDMEZIEM
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-Acu ik youghen a dadda?
-Daddak thoudhen thacciwth is!!
*Que t'arrive -t-il donc, grand frère?
-Ton grand frère a la corne malade!!

     La malvie étant ce qu'elle est dans ce pays qui fut naguère celui du puissant bélier, je gage que les Algériens, toutes générations confondues, vous feront la même réponse que Dadda si d'aventure vous les questionnez sur leur état général.

Kaci ABDMEZIEM
Fin de page
-A ya lghom i 'abbane ! acu tsikhir :
tsa sawett negh tsa kesserth ?
-Ath  t  ien'al rebbi dhi sneth !!!
*** Ô ,chameau lourdement chargé ! 
Que préfères-tu : la côte ou la pente ?
-Que l'une comme l'autre soient maudites !!
Kaci ABDMEZIEM
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-Af acu i thetsnadhidh a y adherghal ?
-Af izorane n tagouts ...
**Hé , l'Aveugle ! Que cherches-tu donc ?
-Je cherche les racines du brouillard ...

     ''Je pense ,comme la plupart d'entre vous , que le jour où cet aveugle aura trouvé l'objet de sa quête nous pourrons , pour notre part , voir un peu plus clair dans la situation plus qu'embrumée de ce pays''.

Kaci ABDMEZIEM
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Tsa zemmourth yourwen ig arwan thiyitha
C'est l'olivier qui a porté ses fruits que l'on a roué de coups
    Je vous laisse la liberté de faire toutes les lectures que voudrez de ce dicton.
Kaci  ABDMEZIEM
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-Thewthith th dherrith sa qarrou
 -Il a reçu le coup de th dherrith ...sur la tête

Alger, 7 jan 2007 (KAM)- Thi dherrith , voilà bien le mot intraduisible vers le français des grands Boulevards.
     Il faut avoir pratiqué , pieds nus , les sentiers de Kabylie , pour vous faire une idée de la douleur que vous pouvez ressentir lorsque votre gros orteil s'en va , porté par votre vitesse et votre poids , heurter le traître caillou incrusté dans la terre et qui n'attendait que vous.
     Accroupissez vous et pleurez ! car il n'y a que cela à faire pour vous soulager. Placez les paumes de vos mains sur vos genoux et exercez - y la plus forte pression possible en regardant bleuir et grossir , à n'en pas finir , votre malheureux orteil.
Vous venez d'être la nième victime de thi dherrith , qui frappe aux pieds , exclusivement aux pieds.
      Que , par les temps qui courent , elle se mette à frapper au crâne , c'est sans doute un petit peu normal , vu que , pour la majorité d'entre nous autres , Algériens , nous marchons , le plus souvent , sur la tête .

Kaci ABDMEZIEM 
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A Ouine yi khed' 'ène ! yak am assa a n emlil !
Ake chetchagh thighrifine nel melh yebbane dhi qedhrâne !
O, toi qui m'as trahi ! Nous nous reverrons bien un jour !
Je te ferai alors manger des crêpes de sel cuites dans du goudron !

Alger, 7 jan 2007 (KAM)- Je vous invite à remarquer que le Kabyle ne pend pas son monde même lorsqu'il s'agit d' obtenir réparation d'un crime de trahison.La facture qu'il fait payer au criminel est néanmoins très salée...

Kaci Abdmeziem
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PROVERBES
Anwa id yessakine thaddarth yegnen ? 
Dhou Cchen yetsnadhin feth jehnittiss !!
Qui donc a réveillé le village endormi ?
C'est le chacal cherchant sa queue !!
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-Aqjoune our yessglaf ala finn yeddren
-Le chien n'aboie que contre les êtres vivants

Alger, 16 déc 2006 (KAM)- Soyez donc sûr , mon ami , que tant qu'il y aura quelqu'un pour vous insulter, vous n'aurez pas besoin de vous pincer pour savoir que vous êtes toujours de ce monde. 
    Bénissez cette personne et souhaitez lui longue vie car vous vivrez, au moins, autant que lui. 

Kaci  ABDMEZIEM
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Evdhâne am Ivaouène fe llouh 
(Ils sont dispersés comme fèves sur un plateau)
    Lorsque la ménagère s'apprête à confectionner un bon couscous , elle pense souvent à relever la sauce dont on l'arrosera , en ajoutant quelques fèves aux légumes.Ces fèves sont un régal pour les enfants qui se les disputent pour le plaisir de les éplucher avant de les déguster. 
    Il arrive cependant que le stock de fèves dont on dispose soit attaqué par des charençons.Il faut alors trier les fèves et pour ce faire , les éparpiller sur un plateau. 
    Que de fois n'ai je pas entendu ma mère , parlant des zizanies familiales , me dire , en essuyant une larme, :"thevdhâme am ivaouène fe llouh " . 
    Il y a bien entendu , de par le monde , des mères , beaucoup trop de mères qui essuyent , elles , des larmes de sang.... 
Kaci ABDMEZIEM
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Akkr Ammi Dh Laaouâne ! Iloughmane Abbène Addane!!!
Fiston! Réveille toi, c’est l’heure ! Les chameaux, chargés, ont déjà pris la route !
    Voilà donc ce que vous pouvez susurrer à l’oreille de votre enfant, tout en lui caressant les cheveux, à l’heure où vous irez, à reculons, le réveiller pour la corvée de la journée : l’école.
    Je sais qu’il va se recroqueviller sous les couvertures, qu’il prendra la position du fœtus qui veut s’en retourner dans le ventre de la mère,- tout comme vous d’ailleurs-, n’est-ce pas?
    Je suis sûr, pourtant, que sous l’effet conjugué de vos caresses et de la magie du proverbe, notre bambin s’étirera bientôt.
    Mais, me direz-vous, qu’est ce que cette histoire de chameaux en pleine Kabylie?
    Tu divagues l’ami !! 
    Hé non ! votre ami ne divague pas. Le chameau connaît bel et bien nos chemins tortueux et a roulé sa bosse du côté du Djurdjura. Il nous ramenait du sel, du bon sel tout blanc qui rendait immortelle la viande de notre bétail.
    Qu’il était bon, mes aieux, l’Achedhlouh, d’antan ! comme il réchauffait le ventre et le cœur aux portes de l’hiver, comme il parfumait les gourbis! comme il nous rendait heureux et chaleureux!
Kaci  ABDMEZIEM
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Ouellah Ayyi !! Our d yekchim  ouaqjoune oualek, our yessennghel ezzith oualek !! 
Par Dieu , Maman ! Je t’assure que le chien n’est pas entré. Je t’assure aussi qu’il n’a pas renversé la jarre d’huile !! 
    Vous l’avez compris ! C’est une maman qui, sortie pour affaire, confie la maison à son chérubin qu’elle met en garde, surtout, contre les flibustiers du village : un chat rougeaud et borgne, un chien teigneux et traînant la patte. 
    L’enfant, débarrassé de la mère autoritaire, castratrice, a tôt fait de se glisser par dessous les tuiles, rouges , arrondies ,  du toit au ancestral, qui font fête au petit prince berbère en partance pour une visite d’inspection des terriers de ses lapins bleus et  des nids douillets des merles siffleurs. 
    Le petit prince, satisfait des résultats probants de sa tournée , les oreilles pleines de vivats ,  rentre  à peine de son périple qu’il entend le halètement de sa mère. 
    Affolé, il s’empresse au devant de celle qui l’a retenu neuf mois durant prisonnier de cette outre qui lui servait de ventre, lui baise les mains question de les mettre hors jeu, et plaide non coupable à l’avance !! 
    Le chat était-il entré , ou le chien ? La jarre avait-elle été cassée? L’huile avait -elle été répandue partout, partout, sur le sol en terre battue de la maison ? S’en était-elle allée, par delà le seuil,  dégouliner sur village, souiller la vallée, engloutir le pays tout entier, déluge visqueux , apocalyptique, vision d’horreur démultipliée dans le regard candide de l’enfant ? 
    Je n’en sais rien, strictement rien. Cela n’a d’ailleurs aucune importance. Ce qui en a , par contre , c’est de savoir comment font  les Grands de ce monde pour ne pas être terrifiés par l’étendue des désastres que, par inadvertance, ou par un fait exprès, ils occasionnent à la planète Terre dont ils se targuent d’avoir reçu la garde. 
Mais où est donc passée Maman? 
    Où est passée Tsériel -La Conscience? 
Kaci  ABDMEZIEM
Email: [email protected]
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Etchane  Ikerri , netsa  s thadhoutsiss !
Ils ont mangé le mouton , laine comprise !
    Voilà , en un raccourci saisissant, ce que pense le bon peuple de ses dirigeants éclairés.
    A ma connaissance , seul le Boa est capable de telles prouesses en faisant agir ses puissants sucs gastriques après avoir mis en œuvre la phénoménale force d’étouffement de ses anneaux.
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Thaddarth our yets houddoun felli, our yi tsaken achou sweiss â houddegh fellas matchi staddarth iw
N’est pas mien le village qui ne me protège pas et qui ne me donne pas de quoi le défendre

    Toute collectivité a besoin, pour se perpétuer, d’une cohésion salutaire qui lui permette d’affronter efficacement la menace extérieure.
    La sécurité de chacun est tributaire de la sécurité collective et vice-versa.
    Sinon on se retrouve dans la situation que résume cette formule lapidaire – ô combien évocatrice !-  «Armons-nous et Partez», génératrice des plus honteuses déroutes.
    J’oserai cette question de savoir pourquoi tant d’Algériens quittent leur pays (thamourth n’sen) . Est-ce que celui-ci ne les protège pas suffisamment (de qui, de quoi ?) ou est ce qu’il ne leur donne pas les moyens de le défendre ? (contre qui, contre quoi ? ). Ou les deux à la fois ?
    C’est ce casse tête aoûtien que je vous propose de m’aider à résoudre car il fait présentement si chaud que mes idées fondent dans ma tête avant même  que de  prendre  forme.

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El-Mouts iss thif thi d derth iss
Mieux vaut mort que vif
    Contrairement à ce que vous pourriez penser, ce proverbe n’a rien à voir avec cette sentence que vous seriez tenté de prononcer après avoir vu le spectacle désolant d’un être humain raccordé à une multitude de tuyaux et surveillé par d’éminents praticiens jaloux, sans doute, de voir leur patient accéder à une seconde vie où il n’aura plus besoin d’eux.
    Non, vraiment, il ne s’agit pas de cela du tout ! Vous pouvez donc vous détendre et me suivre.
    On raconte qu’un jeune citadin, fatigué de battre le pavé d’Alger eut un jour l’envie de se faire berger .
    Il s’en ouvrit à un père riche mais bon enfant qui trouva d’abord l’idée saugrenue puis finit pas se dire par se dire : « après tout pourquoi pas ? ».
    Visa paternel en poche, voici donc notre jeune citadin parti, avec son léger troupeau de moutons et de chèvres en direction de l’Orient.
    Une fois passée la Ville des Genêts, les chemins montent et les villages semés naguère poussent vraiment à merveille.
    Les mollets ne répondant plus, notre adolescent se laisse choir sur le seuil de la maison la plus proche. On le fait entrer, on lui sert du couscous et comme dessert on lui propose des figues fraîches noyées dans de l’eausource glacée.
    Notre apprenti berger reprend la route, s’acquitte de sa tâche je ne sais comment, puis, au bout de six mois, redescend de la montagne.
    Pour ne pas se perdre, il reprend le même itinéraire qu’audépart -  Il retrouve donc la maison où il avait fait cetteescale salutaire au début de son expédition  - On le reconnaît, on l’invite de nouveau.
    Et cette fois on lui propose une assiettée de fruits fripés ,un bol d’huile d’olive forte et un bon morceau de galette.
    Le néo-montagnard se régale, pousse un long soupir puisdeman de à son vis à vis : « C’était quoi ces fruits, grand-père ? 
- Des figues sèches, mon fils
- Mais, a yamghar ! Elles ont encore un meilleur goût que les fraîches  que tu m’as servies l’autre fois !!
- Oui, mon fils
- En quelque sorte, reprit l’adolescent, ce sont des fruits qui valent mieux morts que vifs !!
- Oui, mon fils – El mouts iss thif thidderth iss , lorsqu’il s’agit de  tha vekhsisth , bien sûr….
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Our d yenni  zzat , our d yenni  rrghat !
Etait-ce grillé à point? –Etait –ce brûlé ?
Il n’a pas osé donner son avis !
     Remuer les lèvres et les laisser formuler , sans retenue spéciale , ce que suggère le cœur ou la cervelle, est une épreuve insurmontable pour un nombre proprement incalculable  de compatriotes.
     Il arrive , bien entendu , que le qui-vive des lèvres soit pris en défaut et qu’une parole vraie reflétant une pensée non censurée ou un sentiment authentique franchisse le cap des dents de votre interlocuteur. Mais attendez la suite !
     Voyez comme il reprend au vent ce qu’il y a lâché !
     Voyez ce parcours du combattant auquel  il s’astreint pour récupérer son incongruité et vous expliquer qu’au fond il s’était peut-être mal exprimé , que ce qu’il voulait dire était plutôt  ceci que cela. Lâchez  le  donc ! Il risque de perdre la vie et vous  …votre âme !
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Akken ik yahwa sqaâdhits, thajahnitt e bbeqjoun atsoughal ar dhîm! Quoique tu fasses pour la rendre droite, la queue du chien reprendra instantanément sa forme !

     C’est là, bien sûr un réflexe instinctif.
     Jusqu’à la fin des temps, le chien frétillera de la queue, tirera la langue comme pour bâiller, halètera devant son maître pour quémander quelque chose.
   La chose obtenue, il se léchera les babines, fera mine de s’en aller. Il reviendra à la charge en répétant le même scénario inscrit dans ses gènes.
   Une réplique de ces gènes existe chez l’homme. C’est du moins ce dont est convaincu ce sympathique collègue aux omoplates de gorille devant qui j’ai cherché à plaider la cause de ses responsables.
     - Ils vont peut-être s’amender, lui dis-je.
     - Im–possi–ble ! me répondit-il.
     Introduis donc, cher ami, la queue d’un cabot dans le goulot d’une bouteille et laisse la y séjourner, si tu veux, une année entière! Retire la. Tu vois le résultat ?!

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Win yetçeguidhen s yemcac yetçattaf ygherdhaiène
Qui utilise des chats pour la chasse n'attrape que des souris
   Evidemment !
   C'est d'ailleurs l'intention que je prête à ce commando de la fourrière canine en service spécial dans mon quartier.
   Ne comptez pas sur moi pour vous révéler les noms des enfants qui, (par solidarité de classe ? ) ont sonné l'alarme dans nos centrales à ordures.
   Je garde, à ce jour, dans mes oreilles, les miaulements collectifs laissés derrière elle par la voiture des kidnappeurs, une espèce de trainée sonore douloureuse étouffée par la brume matinale.
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Dhegryyd yiwen nagh ma oulach add soufghegh  affriwen !
Jette m'en un , sinon je me laisserai pousser des plumes !
    C'est le renard qui s'adresse ainsi à la cigogne, perchée là-haut sur un pylône électrique à haute tension.
    Ce qu'il lui demande, évidemment, c'est de lui jeter un de ses petits, tenus au chaud dans ce nid spacieux , une espèce de  palace oriental exposé à la foudre.
    La cigogne, réputée naïve, cédera au chantage et livrera l'un après l'autre, jour après jour, ses oisillons. Il faudra l'intervention de Vava  Firi, le marabout des lieux, le vénéré Crapaud, pour tirer l'idiote de l'embarras, en lui expliquant les tenants et aboutissants des assertions du malveillant Izirdhi.
    A bien considérer ce proverbe, on reste tout à fait songeur et on se dit : ne serions nous pas, finalement, un peuple de cigognes victime de maîtres chanteurs?
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Achou ik Ikhoussen aw 'aryane ? -Tsikhouthâm !!
-ô toi qui t'en vas nu , que te manque -t-il donc?
-Des bagues à mes doigts !! 
    La Nudité! La voilà la grosse affaire ! Dès que l'enfant paraît , il trouve son barda -son trouseau si vous préférez-, prêt depuis longtemps. Pour un peu on irait le vêtir dans le ventre de sa mère pour que personne n'ait à supporter l'insoutenable vision d'un petit être à la peau rosâtre de lombric.
    Vous vous souvenez sans doute de la manière dont votre mère vous mettait à plat sur ses deux jambes raides et strictement jointes , votre tête battant , tout là-bas, de la fontanelle contre l'équerre de ses pieds nus. Faites un effort et rappelez- vous vos braillements lorsque , lange après lange , on vous privait méthodiquement de vos mouvements avant de vous transformer carrément en momie gigotante impuissante à se défaire de tha tsalth , cette horrible bandelette qui vous enchaînait des talons jusqu'au thorax.
   Vous voudrez bien me pardonner cette longue digression mais vous comprendrez qu'on ne se débarrasse pas aussi aisément de tha tsalth comme on le ferait d'une feuille de vigne.
   Le proverbe cité plus haut et que j'ai failli perdre de vue ne court , à mon avis , aucun risque de vieillir. Assaisonné au piment sarcastique , il assume parfaitement sa fonction de défense de l'ordre social frileux qui a peur du scandale et tient en sainte horreur la déviation - déraison qui le destabilisent et dont il ne sait que faire.
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-Tsajenouith N'djeha !!
- C'est le couteau de Djeha !! ** 
    Djeha, prix Nobel de la farce philosophique a toujours su soigner sa notoriété. Il lui est arrivé, comme tout le monde, d'avoir de petites traversées du désert. Mais le farceur savait se ressaisir.
    Un jour qu'il jugea avoir atteint une cote dangereusement basse de popularité puisque aucun journal, aucune radio, aucune chaîne de télévision ne parlait de lui, il convoqua un parasite de ses amis, lui attacha au cou une vessie remplie de sang de lapin. La barbe servit de camouflage.
    Là- dessus Djeha demanda à son cobaye de s'allonger, lui expliqua l'affaire et s'en alla chercher un couteau de boucher et un tambourin. Ce faisant, il ameuta la foule. Et c'est devant une assistance interloquée, qu'il égorgea sa victime, poussant l'ignominie jusqu'à essuyer la lame de son couteau sur la barbe de son ami qui fit le mort.
    -Maintenant, vous allez voir, ce que vous allez voir, dit notre facétieux philosophe. Il prit son tambourin et y improvisa un rythme sur lequel il greffa ce refrain :
    -Thajenouits N'djeha, thneq teheggou !! (Le couteau de Djeha donne la mort et ressuscite)
    Il augmenta la cadence et quand celle-ci eut atteint son paroxysme, Djeha s'arrêta net. Il posa sur le sol son tambourin , reprit son couteau et , d'un geste calculé , repassa la lame sur la glotte de son compère.
    Il se ressaisit de son tambourin et reprit , crescendo , son refrain endiablé .
    Son ami se dressa alors sur son séant devant un parterre médusé. 
    y-a-t-il une moralité dans tout cela ?
    Certainement! Demandez la donc à Djeha ...Ou à son comparse.
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Our the chdhih  our  the tteff  emmis
Elle n'a ni dansé ni tenu son gosse
    **Voici venir le temps des fêtes, des parfums épicés, des tenues châtoyantes, du ricil et des fonds de teint.
    Je ne pense pas que vous puissiez tenir votre femme dont la tête n'est plus qu'un répertoire de musique et dont les jambes esquissent déjà les pas de danse à venir.
    Tout ce que vous pouvez faire c'est de la forcer, le jour venu, de prendre votre enfant en bas âge avec elle si toutefois la carte d'invitation qu'on vous a adressée ne comporte pas cette mention monstrueuse interdisant de fête les bambins.
    Vous pourrez alors tranquillement prolonger votre sieste et savourer de loin le spectacle inénarrable de votre honorable épouse installant son môme sur sa hanche et cherchant à respecter le rythme de la danse comme ferait un forçat avec sa chaîne et son boulet...
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Anwa wa ? -Dh  vavathwen ma yavgha Rebbi ! 
Qui est là ? - C'est votre père , par la grâce de Dieu !
    Le patriarche fixa ses enfants de son oeil de lynx et leur dit:
- J'entends me rendre au marché pour y vendre nos deux boeufs qui sont suffisamment gras. Je compte, par la même occasion, acheter une paire de veaux à engraisser.Que chacun de vous, en ma courte absence, vaque à son travail! 
-Inchallah, père, dirent les enfants.
-Comment cela ? Inchallah ?, fit le patriarche, les sourcils ébouriffés. Que Dieu agrée ou qu'Il n'agrée pas, il en sera ainsi.
    Voilà donc notre homme très tôt parti pour le marché avec ses bêtes bien en chair. Il conclut rapidement son affaire.Le soleil, dans le ciel, brûle comme un tison. Il reprend la route poussant devant lui la paire de jeunes veaux qu'il se promet de transformer rapidement en boeufs royaux. C'est alors que, brusquement, éclate l'orage.Un orage rancunier. La rivière traversée sans encombre à l'aller est devenue torrent. Les veaux sont emportés. Et notre homme, saisi d'épouvante, s'agrippe à la puissante racine d'un frêne qui, prise de pitié, accepte de lui sauver la vie. 
    La nuit est avancée quand le malheureux arrive chez lui dans le piteux état que vous voyez. Il frappe à la porte. De l'intérieur de sa demeure lui parvient l'imparable question:
-Qui est là ? Anwa wa ?
-Dh vavathwen ...Ma yevgha Rebbi ! Ma yevgha Rebbi ! C'est votre père...Par la grâce de Dieu ! Par la grâce de Dieu, répète, accablé, le pauvre homme à qui la Providence a ravi veaux, burnous et turban... 
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Achou ik yerrane dha Rggaz a M'hend ? -- Dhel qella n yergazen 
Qu'est ce qui a fait de toi un homme , ô M'hend ? - La pénurie de braves , pardi!
     ** Je me suis souvent laissé dire que , par les temps qui courent , il valait mieux se fier à la parole d'une femme qu'à celle d'un homme , portât-il grosses moustaches et eût -il le nez de Cyrano.
     Il est vrai qu'il est difficile pour les mâles d'une nation de jouer les coqs lorsque les difficultés économiques les empêchent de se dresser sur leurs ergots.
     Il ne leur reste alors qu'à raser la clôture de la basse-cour en s'excusant presque d'être de trop dans le poulailler.
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Hemmou yergha wekhamiss, youzal ghers adh yessahmou -
Hemmou, dont la maison a brûlé, s'est approché du feu pour se réchauffer Hemmou! 
    Voilà un prénom bigrement démodé.Comme Kaci , il ne figure plus que sur les cartes de visite périmées. Mondialisation oblige, les Samy sont mieux côtés à la bourse de l'Etat Civil .
    Je comprends parfaitement le souci de mes concitoyens d'étiqueter convenablement une progéniture appelée, peut-être, à tenter sa chance hors du pays natal. Pour ce qui est du proverbe , je ne vous cacherai pas qu'il m'a séduit.
   Je ne sais pas s'il en existe de plus pertinent pour illustrer la Stupidité tranquille.
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A mmin yesfouroun izzra yinwathen dhou ffthien 
(Tel qui passerait des cailloux à la vapeur pensant pouvoir les bonifier)
   Ouffthien est un plat sobre mais succulent de fèves et de pois-chiches que l'on prépare généralement pour célébrer le Nouvel An agrarien.
    La consommation de ce plat entre dans le rituel de Yennayer et est un hommage rendu à la terre et à son inépuisable capacité de fécondation. Semez y une fève elle vous en rendra une centaine, bien tendres, soigneusement rangées dans leurs gousses en forme de cornes de chèvres . 
    La fève sèche que l'on fait bouillir ou que l'on passe à la vapeur s'attendrit et prend du volume: elle se bonifie. Le proverbe cité plus haut sert, à contrario, à illustrer tout effort stérile, toute démarche vouée à l'échec. 
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Dh 'azzi yekren ith zemmourth !
*C'est le moineau qui prétend venir à bout de l'olivier!

    Je ne sais pas s'il existe un oiseau plus familier que le moineau.
    Il est tellement présent parmi nous que nous finissons par ne plus le remarquer du tout.Sauf peut-être lorsque , transi de froid , il s'excuse de devoir frapper à nos fenêtres et de tendre la patte pour obtenir une miette de pain.
    Symbole de couardise et de précarité, le moineau qui s'attaque au puissant et généreux olivier avec l'intention déclarée de le réduire est l'archétype du vantard.
Il n'existe, au fond, que parmi nous, les hommes, qui qualifions d'ailleurs, ce genre d'individus, de drôles de moineaux!

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I 'ââch ou Jejjig thanafa g irrij
(La fleur a vécu ce que vit une braise dans sa 
(courte) séquence de rêve)
 C'est  sans doute là un équivalent  de ces vers d'un poète  français (Malherbes , je crois):
     ....Et  Rose, elle a vécu
    Ce que vivent les roses
    L'espace  d'un printemps .
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Iqebbwa  am allghoum a'âzzoug
(Aussi gras qu'un chameau sourd)
     Ce proverbe renvoie à l'histoire de l'héroïne du"Grain  magique"  (Taos  Amrouche).
     Victime d'une horrible machination, cette héroïne se retrouve à faire la boniche chez ses sept  frères qui la chargent aussi d'emmener paître leurs chameaux.
     La  jeune fille ne peut pas s'empêcher, chaque jour que Dieu fait, de verser des larmes sur son destin et de raconter à haute voix ses malheurs. Les chameaux, compatissants, ne s'alimentent plus et dépérissent. Un seul d'entre eux  grossit: il est sourd.
     On comprend le chameau compte tenu de sa tare avérée.
     Mais que dire de cet homme qui, s'étant  bouché les oreilles avec de la cire, s'empiffre méthodiquement sans se soucier du voisin et encore moins des trompettes de Jéricho qui annonceront  le Jugement Dernier ?
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Laqqazegh ezzekka n'vavass, Irewliyi s ouguelzim!
(Celui-là m'a volé la pioche alors que je creusais la tombe de son père - par solidarité lors d'un enterrement!)
     Ce  proverbe illustre le degré suprême de la bêtise de l'individu qui, incapable de faire son propre travail, s'arrange pour que vous ne le fassiez pas à sa place. De peur, sans doute, d'avoir à vous dire  merci!
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A Mmin yefkan lehveq  y ouaghyoul
(Tel qui aurait offert à l’âne un bouquet de basilic)
    Pensez vous que l’âne se contentera de sentir le parfum du bouquet ? 
    Essayez voir ! Il le mangera et votre main avec si vous résistez !
     Ce comportement est hélas semblable à celui d’un grand nombre de compatriotes portés à de hautes fonctions de gestion du pays.
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Ayn Effren Idhaflaouen ath ni d souffegh theffsouith 
(Le printemps fera apparaître ce que les neiges auront camouflé)
    Vous savez qu’en Kabylie il n’y a pas toujours eu des sanitaires.
    Une lecture première renvoie aux crottes animales et humaines cachées par la couche de neige hivernale dont la fonte révèle les lieux des crimes et localise en conséquence les commettants présumés.
     Une deuxième lecture, en altitude celle-là, contient cette morale : on aura beau mentir aux gens, la vérité se fera un jour.
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