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Poésie Chroniques
Billet Proverbes
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L'interrogation
Depuis un bout de temps
Des ans , des siècles
Que sais-je ?
Il la voyait filer
L'eau claire et limpide
Du ruisseau
***
Aux oreilles
Le bruit de la forêt
Aux narines
Le parfum des bourgeons
Aux tempes
Des battements de sève
***
Ses yeux
Simples miroirs
Bien propres , bien nets
Impuissants à refléter infidèlement
L'Azur
N'avaient pas encore la prétention
De se muer en prismes
Pour décomposer la lumière
***
Le fil de l'eau
Portait une fleur
Une fleur rouge-sang
Qu'il amena jusqu'à ses pieds
Pour la remporter à la même seconde
Précédant sa main frustrée
Et la même seconde
Vit jaillir une larme
Qui se fit prisme
Et diffracta sa pensée
***
Premier cri , première angoisse
D'où venait cette fleur
Cette fleur rouge-sang
Deuxième angoisse , deuxième cri
Où allait -elle
Troisième cri , troisième angoisse
Conjonction des faisceaux du désarroi
Si elle allait quelque part
Pourquoi y allait -elle ?
Oui , pourquoi , diantre , y allait-elle ???
Kaci ABDMEZIEM
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Dhegg avoukh e bbas
El hara tsilemth
Dhin yekkaww wa wal
Anwakka yetsroune
Dhegg avoukh e bbass ?
Dha chouth el wahch a
Ye' thadhen ouliw
Ichoudd el foudham
Yeggoul our theffsi !!
Yennarna wou gour
Ttsi mmisth dhi s souraw
Essouraw yourzen
Dhi l hara bbeqjoune
Agouss y wammass
Chouddent i zermène
Win i yi th yezdhène
Athane gharassen
Andath oussourem ?
Athan dhi thnafa
Mi kregh ath ett fagh
Yeghli dhi ghighedh !!!
Kaci ABDMEZIEM
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Dans la suie du jour
La courette est vide
Le verbe à sec
Mais qui donc sanglote
Dans la suie du jour ?
Qu'est ce cette horreur
Qui s'en prend à mon coeur
Et scelle ta foutah
D'un noeud inviolable ?
L'Inquiétude grandit
C'est un gros abcès
Dans mon âme prisonnière
Dans la cour de ce chien
Ah! ce ceinturon
Qui me torture les reins!
C'est ce vilain serpent
Qui me l'aura tressé !
Où est l'espérance?
Dans ce bout de rêve ?
Dès que je tends la main
Elle retombe en cendres...
Kaci ABDMEZIEM
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Dhegg avoukh e bbas
El hara tsilemth
Dhin yekkaww wa wal
Anwakka yetsroune
Dhegg avoukh e bbass ?
Dha chouth el wahch a
Ye' thadhen ouliw
Ichoudd el foudham
Yeggoul our theffsi !!
Yennarna wou gour
Ttsi mmisth dhi s souraw
Essouraw yourzen
Dhi l hara bbeqjoune
Agouss y wammass
Chouddent i zermène
Win i yi th yezdhène
Athane gharassen
Andath oussourem ?
Athan dhi thnafa
Mi kregh ath ett fagh
Yeghli dhi ghighedh !!!
Kaci ABDMEZIEM
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Fin de jour
Le jour aux doigts roses
Furète partout
Il poudre les choses
Les jardins surtout
Le voilà inquiet
Qui s'accroche aux roses
Et défend sa cause
Un peu ennuyé
Va faire plongeon
Dans la mer bleutée !
Vas-y , gros dadais !
Nous nous reverrons
Un parfum très fort
S'exhale soudain
Et la nuit se tord
Parmi les jasmins....
Kaci Abdmeziem
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Amakwar
Oukraghd el koumcha eg githrane
Ssnasslaghd aggour i genni
Anda theddidh thiziri
Am thettef afouss dheg verdhane
Radhlaghd edd hev i yirrij
Seffsikhth dheg fouss amm eddhfel
Thetchour eth sebbalth nel fal
Youfrar ghef yiriss yiriss yittij
Veddleghd avvridh i thassifth
S'aaddaghtsid adhrar adhrar
Theksedhd ssegs sevaa izourar
Thedded ou kidhssen thesfifth
Tsouneffket i yi thsoura
Rouhegh noudhaghd el djenneth
Ismim youra dhil fetta
Yourezz s sslessla n'taffath
Ezzigh oudhmiw ghel qevla
Atsough... 'arqagh dhi th sourets
A ya 'assas net tsouqebbetts
Adh a keddjagh lewssyya
Oueklaghk 'ass aff ou gerrouj
As am assa adsaqsigh
Ma ourgagh tharguith eb beqrouj
Goullagh si thnafa our doukigh...
Kaci ABDMEZIEM
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Le Voleur
J'ai dérobé une poignée d'étoiles
Déboulonné la lune , là-bas , rivée au
ciel
Où que tu portes tes pas , le clair de nuit ,
Par les chemins , te prendra la main
A la braise ardente j'ai emprunté de l'or
Que j'ai fondu , comme neige ,dans la paume de ma main
Oh! La jarre est grosse de bons présages
Qui font valser le soleil sur ses bords
J'ai dévié le cours de la rivière
Lui faisant grimper les montagnes
Tu en as puisé sept colliers
Ainsi qu'un cordon de laine tressé
Il m'a été fait don de clefs
J'ai pu donc fouiller les jardins d'Eden
Ton nom , gravé sur de l'argent
Y est scellé par des rayons de lumière
J'ai orienté ma face vers la Qibla
Traîtresse est ma mémoire ! j'ai failli tronquer un verset!
O ,Saint Gardien de la Qobba
Je te fais garant de mon gage
Veille, je t'en conjure , sur ce qui est mon trésor
Un jour pareil à celui-ci , je reviendrai le quérir
S'il s'avère -à Dieu ne plaise- que j'aurai fait un rêve
d'enfant
Je jure que de ce rêve , je n'entends point m'éveiller.
Kaci ABDMEZIEM
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Thaqaracht nedheb
udiy taqarect nedheb
ramlayts secuitt ebedfel
zerâne ditadart awal
ennan waqila yesleb
ma lahlakiw tsiselbi
tsikchi yethe tsunefk
ur bghigh hed ayi dhaoui
elharz our yessefk
oussagh defir etzemurt
alimi ithâda echetwa
ittij yebdhed sethsura
temagh thafat ghaf etmurt
Iruh yewwut ghar teburt
nek ukides dhathmathen
enanas egmak youdhen
wehan soufous gher thzemurt
ma lahlakiw tsiselbi
tsikchi yethe tsunefk
ur bghigh hed ayi dhaoui
el djaoui our yessefk
yebded iselmed felli
yennayi seqsagh fellak
dhi tadart es lemâani
enand thoudhendh yir lehlak
mouqlaghth emmlih ar oudmiss
ennigh agma thuoumnetten
ouâhdaghk sthafath ed yessis
ma tesîdh dacou youghen
ma lahlakiw tsiselbi
tsikchi yethe tsunefk
ur bghigh hed ayi dhaoui
thagmats our tessefk
yennak achou kikhoussen
eh dhar aqlagh garanegh
ma dawal id shad'fen
af yiriw agma ourouminagh
thoulid ghar yimiw thidets
ennigh semhes essliyi
sennaya a massa oudights
ennouigh atsetef ithri
ma dayagui tsiselbi
tsikchi ye the tsounefk
bghigh adh nesbagh thiziri
roh agma weklaghk
roh ma yeqbel igueni
riyid ess lakhbar
errwah ats rouh thi selbi
ats yaoui we ghebbar
Kaci ABDMEZIEM
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Le piège en or
J’ai tendu un piège en or
Que j’ai enfoui sous une poignée de neige
La rumeur fit le tour du village
Elle disait : ce bonhomme est fou !
Ma foi , s’il est question de folie
C’est qu’on m’en aura fait don
Mon vœu n’est pas qu’on me soigne
Le benjoin ne fait pas l’affaire
J’ai fait le guet , tapi derrière l’olivier
Patienté là jusqu’à la fin de l’hiver
Le Soleil s’en vint alors , flanqué d’un trousseau de
clefs
Et la lumière partit à l’assaut du pays
Il s’en fut heurter ma porte
-Lui et moi sommes comme frères-
On lui fit savoir que j’allais très mal
En pointant du doigt l’olivier
Ma foi , si c’est de folie qu’il s’agit
Quelqu’un m’en aura fait don
Mon vœu n’est pas qu’on me soigne
L’amulette ne fait pas l’affaire
Venu vers moi , il me salue
Puis me dit : j’ai demandé après toi
Au village , par allusions ,
On m’a laissé entendre
que tu souffrais d’une méchante maladie
L’ayant bien dévisagé ,
Frère, lui dis-je , tu les as donc crus !
Par la lumière et par ses filles ,
Je te jure que je ne souffre de rien !
Ma foi , si mon mal tient de la folie
C’est qu’on m’en aura fait don
Je ne tiens pas à être soigné
La fraternité ne fait pas l’affaire
Que te manque-t-il ? , reprit-il
Parle donc ! Nous sommes seuls !
Quant à cette histoire qu’ils ont inventée ,
Je jure , sur mon honneur,
n’y avoir accordé aucune foi !
La vérité, alors, se fit sur le bout de mes lèvres
Prête moi donc l’oreille, mon frère, écoute
ce qu’il en est :
J’ai , tantôt , tendu un piège
Dans l’espoir d’y prendre une étoile.
S’il s’agit d’une folie
Quelqu’un m’en aura fait don
Je veux m’allier au clair de lune
Va , mon frère , je te charge de plaider ma cause
Va , si le Ciel accède à ma demande
Porte moi la nouvelle
Ma folie s’ en ira d’elle-même
Comme poussière au grand vent….
Kaci ABDMEZIEM
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Printanière
Le soleil assouvit
Son désir dans la neige
Le printemps désagrège
La gelée dans mon lit
S’accouplent l’horizon
Et l’Innocence pure
En moi comme un murmure
Ponctue cette liaison
Un rayon de lumière
Palpitant de chaleur
Elargit dans mon cœur
Un profond estuaire
La veine accueille en elle
Un sang régénéré
L’azur à l’hirondelle
Cède un flanc épuré
Le soleil assouvit
Son désir dans la neige
Le printemps désagrège
La gelée dans mon lit…
Kaci ABDMEZIEM
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Désarroi
Enclave taciturne
Dans le désert des mots
Vacuité d'un sanglot
Dans la poisse diurne
Creuse réalité
Qui se refuse à l'âme
Comme un ventre de femme
Qu'on voudrait voir céder
Obsessions qu'on retient
Dans l'enceinte de craie
Où somnole un vieux chien
Aux urines sacrées
Angoisses qu'on étreint
Comme un noeud de vipères
Qui s'enroule et opère
Sa jonction dans les reins
Et ce rêve fugace
Que l'on veut retenir
Qui tourbillonne en place
Mais qu'on ne peut saisir......
Kaci ABDMEZIEM
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Impertinence
Après s’être hissé au sommet
de l’arbuste
L’Animal tout heureux, a redressé le buste
Et, pour avoir atteint du bananier le faîte
Il s’est cru, pour de bon, devenu grand prophète
Il se mit à prêcher du haut de son
perchoir,
S’arrêtant, par moments, afin de laisser
choir
Une écorce de fruit au bas du piédestal.
Son peuple émerveillé le trouva
sans égal.
Il demeura longtemps ainsi à haranguer
Tantôt violent , rageur ,tantôt mielleux
et gai
Et , de l’index pointé ,soulevant les
vivats
Il fit tant et si bien qu’il s’en
fut au trépas
Le peuple simiesque s’interrogea alors :
« De quoi donc est-il mort ?
-C’est d’un arrêt de cœur ,
Pour sûr , quel malheur !
C’est alors qu’un vieil âne
Eut cette idée de braire
-« Idiots ! C’est de bananes
Qu’il est mort , votre Saint ! »
On immola sans commentaire
Ce goujat , ce crétin ,
Qui ne pourra jamais plus paître
Ni faire du crottin….
Kaci ABDMEZIEM
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Nocturne
Dans l’évier ébréché
Tombe la goutte
La nuit égoutte
Son silencieux filet
Des chemins vicinaux
Frangés de rêves
D’images brèves
Allument leurs fanaux
Des barrières soyeuses
Lèvent leurs pans
Sur des antans
Prisonniers de berceuses
Et je m’en vais au gré
Des fantaisies
Des hérésies
D’un monde sans agrès
Kaci ABDMEZIEM
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EL DJAZAIR
Quand le soleil s’affale
Sur la tôle qui jouit
A l’heure du délit
Où la journée s’empale
Quand le goudron poisseux
Se fait double semelle
Que le crâne se fêle
Et sue de ses cheveux
Quand la nuque ruisselle
Des ses pores pressés
Et que l’œil se rebelle
Des tous ses cils dressés
Quand le jour se vertèbre
Et que le chalumeau
Ressoude les vertèbres
Et fait raidir le dos
Quand dans les vieux frigos
Sous le zinc et le cuivre
Se liquéfie le givre
Et tiédit le sirop
Lorsque la ville entière
Cède à la tentation
A l’envie meurtrière
De rompre ses tendons
C’est alors que lubrique,
Et calée sur le flanc,
El Djazair, l’Unique
Recompte ses amants…..
Kaci ABDMEZIEM
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Matin de kabylie
L'aurore balbutie
Dans son immense écrin
Le matin s'initie
A des jeux sybillins
Le genêt désendeuille
Les sentiers où le jour
Virginal se recueille
Sous un ciel de velours
Le mont se déshabille
Eclats de chasteté
Sa franche nudité
S'émeut puis s'éparpille
Et l'âme se déleste
Au seuil du nouveau jour
De tout un poids d'inceste
Pour renaître à l'Amour
Kaci ABDMEZIEM
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Saharienne
Le quartz s'est étiré
Dans le creux de la roche
Le ciel tout bleu accroche
Son médaillon cuivré
Le Hoggar qui s'allume
Impose sa stature
Titanesque séjour
Majestueuse enclume
Et les paillettes d'or
Dont ce pays regorge
Recréent l'idée de l'orge
Dans ce géant décor...
Kaci ABDMEZIEM
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