Le
SCOOP
J’ai beau y réfléchir,
je ne comprends pas pourquoi la politique occupe tant
de place dans nos journaux. Je pense , en
toute sincérité, que c’est faire un honneur
immérité à ceux qui la
pratiquent si l’on considère l’état
dans lequel ils ont mis le monde
et les perspectives sinistres qu’ils lui
proposent.
Rien ne me déçoit davantage,
je vous l’avoue, que cette agitation jubilatoire que
je surprends chez ce confrère qui
apprête son micro pour s’en aller recueillir
l’haleine fétide d’un gouvernant en
mal de gloire, d’un opposant en quête
d’alibis ou encore de vieilles stars aigries de l’Histoire
en proie à d’abominables ruminations.
Ce ne sont pas ces bonnes gens, croyez-moi, qui
iront, comme Socrate, jadis, à Athènes, avaler un bol
de ciguë pour défendre un bout de vérité
.
Il est vrai, maintenant, que notre destin
de journalistes, est de humer le vent et d’aller aux
nouvelles. Mais qu’est ce qui nous empêche d’aller chercher
de beaux scoops ailleurs ? Pourquoi n’irions nous, par exemple, confirmer
cette rumeur qui colporte partout que, juste avant les
vacances d’hiver, une souris bleue, cartable au dos, a été
vue par des témoins, trottinant de bon matin, sur le chemin
des écoliers.
Kaci ABDMEZIEM
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