La
partie inachevée de ping-foot (*)
L'autre jour, tu ne m'en voudras pas,
je l'espère, j'ai cassé beaucoup de sucre sur ton dos, comme
on dit. Cela remonte à quand, déjà?
Ah oui! C'était juste après les Evénements
que tu sais et qui t'ont porté là où tu es.
Un ami commun que j'ai perdu de vue depuis, a cru
utile de te faire reluire les bottes que tu ne portes plus quitte à
mentir pour faire bien, pour se sentir à l'aise dans une peau dont,
contrairement à toi, il avait la chance-ou la malchance de disposer
encore.
Remettant les pendules à l'heure, j'ai rétorqué,
que pour ce que je savais de toi, tu étais plutôt un flemmard,
jamais levé avant midi. J'ai dit aussi que tu étais susceptible
comme pas un et rancunier comme un teigneux.
Je lui ai décrit, d'ailleurs, avec force
détails, le match de ping-foot où je t'avais battu à
plate couture et la manière équivoque dont tu as quitté
la table de jeu, traînant comme une queue basse derrière toi,
jetant de droite et de gauche, des coups d'oeil suspicieux, grommelant,
à voix basse, des choses sûrement pas bonnes à entendre
et enfin te grattant la tête d'un doigt dubitatif.
Je sais, Sid-Ali, que tu ne rêves que d'une
chose depuis que tu es entré dans l'Eternité: prendre sur
moi ta revanche.
Attends moi donc et tu verras. Je te promets que
te donnerai, dans ce Monde où tu m'as devancé, la même
verte raclée que je t'ai donnée dans l'Autre où tu
m'as laissé.
Au fait, à quelle heure, flemmard, t'es-tu
réveillé aujourd'hui?
Kaci ABDMEZIEM
(* )Ce texte est dédié à Sid -Ali Benmechiche
, premier journaliste victime des sanglants événements d'Octobre
1988
Kaci ABDMEZIEM
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