Sur
un mode anodin
Cette terrible maladie commence
toujours sur un mode anodin.Confortablement installé devant votre
meida , vous vous saisissez d'une fourchette et, ainsi paré, vous
vous faites fort de venir à bout de votre bol de chorba.Voilà
pour le début.
Par la suite les choses
se compliquent un peu. Vous sortez avec l'intention d'acheter votre journal
et vous rentrez chez vous avec un kilogramme de kiwis.
Jusqu'ici ,vous arrivez à gérer la
situation , à cacher à votre entourage ces petites anomalies
qui font que , toutes les fois que vous décidez d'une chose
, vous vous retrouvez , par une espèce de sombre fatalité
, en
train d'en accomplir une autre.
Viennent , après , les confusions de lieux
qui vous mettent dans l'incapacité de vous orienter dans le quartier
qui vous a vu naître, si bien que , parti chez votre pharmacien ,
vous n'êtes pas sûr de pouvoir rentrer chez vous si vous n'avez
pas pris la précaution de semer des cailloux blancs comme dans l'histoire
du Petit Poucet.
En fin de parcours , vous en êtes à
confondre les époques.Vous entamez alors une régression inéluctable
dans le temps si bien qu'un beau matin on vous surprend , malgré
vos cheveux blancs , à réclamer votre biberon.
Voilà, sommairement décrite , la maladie
d'Alzeimer qui frappe quelquefois l'être humain quand
le surprend la vieillesse , cette triste chose.
Il existe une forme politique de cette maladie.
Elle touche exclusivement les dirigeants du monde. Nous la voyons d’ailleurs
à l’œuvre dans plusieurs pays de notre belle planète
sur l’état de laquelle je vous invite , si le cœur vous en
dit , à improviser un discours à l’attention de la
communauté des Hommes.
Kaci ABDMEZIEM
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