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Ma MarcheJe me suis, en quelque sorte, repu des angoisses du temps et de la poisse des jours et là-dessus, sans me brosser les dents et sans me nettoyer l'esprit, j'ai dormi d'un sommeil agité, la cervelle pleine, comme une outre, d'idées mauvaises. C'est pourquoi, ce matin, je me suis réveillé la langue pâteuse, l'oeil morne, l'âme abstentionniste. Un "à quoi bon " fantastique s'est alors installé dans mon crâne suivi d'un point d'interrogation strident que trois comprimés d'aspirine n'ont pas réussi à réduire. Sentant mon mal s'aggraver, j'ai décidé alors d'user de ma botte secrète qui me permet toujours, sans coup férir, de prendre l'avantage. Je me suis donc mis en marche, tout seul, sans objectif précis. Personne devant . Personne derrière. J'en ai profité pour rameuter dans ma tête des tambourins et des flûtes et j'ai fait la fête. Demain, à la première heure, j'irai chez le marchand de journaux. Il me tarde, en effet, de savoir sous quels titres et de quelle manière on aura couvert ma marche tardive. Ma marche solitaire et sans slogan. Kaci ABDMEZIEM
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