Le
malentendu
Je n'aime pas le téléphone.On n'y va
jamais au bout de sa pensée avec l'interlocuteur que l'on a au bout
du fil.Et puis il supprime les mimiques et autres manifestations physiques
qui servent de complément au langage.Il peut aussi générer
des malentendus.
C'est sur la base d'un de ces malentendus que je
me suis rendu naguère d'Alger en Kabylie pour l'enterrement de mon
grand père.
Tout le long de la route , j'ai passé et
repassé dans ma tête les moments que j'avais partagés
avec lui .
Au moment de grimper la côte poudreuse qui
mène chez moi et à la façon dont les vieilles femmes
venaient à ma rencontre, j'ai éprouvé un sentiment
de bizarrerie .Elles ne déboulaient pas vers moi larmoyantes pour
m'étouffer dans leurs bras. Elles avaient plutôt l'air étonné
de me voir là.
Je ne fus pas long à comprendre que la mort
avait fauché quelqu'un d'autre que mon grand père que j'ai
été heureux d'ailleurs de trouver bien vivant à sa
place habituelle.
Je vous étonnerai peut -être en vous
disant que le malaise général que j'ai éprouvé
ce jour là - en dépit du bonheur d'avoir gardé mon
grand père- est à peu près le même que celui
que j'ai eu ces jours ci , à l'annonce du nouveau gouvernement.
Ils sont tous là !
Kaci ABDMEZIEM
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