Au
voleur !
Il vous est arrivé,
certainement, une fois au moins dans votre vie,
de faire ce cauchemar terrible où vous poursuivez,
sans espoir de le rattrapper, cet individu qui vous
a volé.
Vous pressentez
confusément que ce qui vous a été dérobé
est quelque chose d'infiniment précieux
sans pouvoir pour autant définir clairement
la nature exacte de l'objet .
L'effort douloureux
de mémoire que vous faites vous cloue
la nuque contre l'oreiller, votre coeur
descendu de deux crans au dessous de vos
côtes bat la chamade dans le creux
de votre ventre et vos pieds, envahis de fourmis
rouges, s'agitent désespérément
dans leurs bandelettes sans parvenir à
glisser un orteil hors du sarcophage .
Cependant vous
courez ! Vous courez à en perdre haleine , à
en perdre la raison .
Puis arrive ce moment
fatidique de tension extrême où un
corbeau décharné, venu on ne sait d'où,
prend place sur votre nombril, vous fixe
de son oeil rond et vous conseille
de vous réveiller.
Vous voici instantanément
sur votre séant. Assis en tailleur parmi le fatras
de vos draps, vous finissez de haleter, recrachant
un à un, les morceaux amers de votre
cauchemar et bénissant le Ciel d'avoir mis
fin à votre calvaire.
Ces sensations
désagréables, je suis sûr que
vous les reconnaissez.
Ne sont-elles pas celles là
mêmes que vous éprouviez tout récemment,
lorsque , parvenu au sommet sublime d'Azrou Ned
-D'Hor, vous contempliez, en&nbbsp; contrebas, tout ce
brouillard tchernobylien, corrupteur d'idéaux, qui s'engouffrait,
inexorablement, dans les vallées profondes du pays
.
Allons, mon ami , allons!
Tends voir vers moi ton cou que je puisse
ajuster sur ta tête ce grand seau d'eau glacée
qui t'éclaircira les idées et te rendra - qui sait?-
un peu de ton optimisme.
Kaci ABDMEZIEM
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