Le
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Alger, 27 janvier 2007 (bms)- Gens de Tizi , gens de Bougie
! Gens d'Oran , de Skikda ou d'Illizi ! Si un jour vous faites une descente
sur Alger , allez donc du côté du Champ de Manoeuvres et prenez
le bus de l'Etusa qui assure la desserte du Palais de la Culture. Ne vous
fiez pas aux indications lumineuses portées sur le front du trolley
bleu et blanc flambant neuf et vérifiez oralement auprès
de quelque attroupement de candidats au voyage qu'il s'agit bien de la
ligne vingt-sept .
Vous pouvez maintenant grimper.
Lorsque vous serez parvenu aux Annassers , cité
que vous reconnaitrez aisément à son style new-yorkais ,
vous voudrez bien saluer , de ma part , les travailleurs chinois qui auront
bientôt terminé la construction de la bâtisse officielle
dont on leur a confié les travaux et qui passeront , tout de suite
après , au nivellement du terrain qui servira d'assiette au futur
Musée National de Cire qui immortalisera les personnages de l'affaire
khalifa.
Il ne vous reste plus que deux ou trois tournants
, sur une pente raide à souhait , pour atteindre le Palais , le
Taj Mahal algérois.
Vous y êtes !ou du moins vous êtes dans
le parking du Palais.Je vous conseille vivement de vous dégourdir
les jambes et d'y perdre un peu de temps pour pouvoir affirmer par la suite
que vous avez visité le Taj.
Vous serez bien avisé , d'ailleurs , de prendre
avec vous une poignée de gravier que vous aurez ramassé sur
le site. Une fois de retour dans votre village , donnez le à sentir
aux incrédules : ils y reconnaîtont , sans aucun doute possible
, le parfum de notre culture.
Mais voici que je m'égare ! Changeons de
direction!
Je vous invite donc plutôt , gens de Tizi
, de Bougie , d'Oran , de Skikda ou d'Illizi à m'accompagner dans
ce charmant bureau où je dois m'acquitter de ma facture d'eau.
Nous sommes jeudi 11 janvier. Il est 9H 30.
Il y a déjà du monde.Et , déjà
, apparemment , il y a problème.
Le préposé au guichet n'encaisse pas.
Un billet de mille dinars en main , il donne une
leçon à un abonné . Il lui explique que son billet
, rutilant comme une goutte de mercure au soleil , est un faux. Il lui
donne la bonne recette pour distinguer le vrai du faux.
-Chouf , ya khô ! Tu prends le nombre 27.
-Pourquoi 27 ?
-C'est comme ça , ya khô! Tu vois ce billet? Il y a deux
numérotations, l'une à droite , l'autre à gauche.Tu
prends le Un que tu vois là sur la numérotation de gauche
, tu ajoutes Sept , regarde la numérotation de droite , qu'est ce
que tu vois ? Un Huit! Le billet est correct , car Sept plus Un font bien
Huit.
Et le caissier, pris d'un délire pédagogique
, se fait montrer d'autres billets , réexplique les vertus du nombre
magique , exulte , monte en chaire , devient pourpre et majestueux.
Mais ce n'est pas tout d'expliquer. Il faut maintenant
encaisser.
Encaisser ? Vérifier un à un les billets
?Allons donc !Aujourd'hui c'est jour de gloire.Coupons l'électricité
, fermons le guichet et renvoyons tout à Samedi , 2 yennayer 2957
!!
Kaci ABDMEZIEM
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