Récits du Cap Vert à la Guadeloupe

Accès aux récits précédents     Accès aux récits suivants

    retour accueil
De la nav. rien que de la nav.

JANVIER 2002

Nord toute !!

Bonjour les Caraïbes 

 

DÉCEMBRE 2001

2000 milles sur les mers

Échos de la cambuse

 

NOVEMBRE 2001

Cap vert

900 milles jusqu'au Cap Vert


 

Avec Jules on a un peu délaissé l’écriture ces derniers temps. C’est pas qu’on n’en a plus le goût mais c’est plutôt que depuis que nous avons réussi à quitter Trinidad, notre  rythme de croisière ressemble plutôt à celui d’un voyage organisé « au pas de charge » qu’à de doux  vagabondages d’île en île.

Nous avons rdv avec ma chère sœur le 08 février à Pointe-à-Pitre.

Nous savions que notre temps était compté pour remonter de Trinidad jusqu’au lieu de rencontre  (430 milles), mais nous voulions tout de même profiter un peu des Grenadines. Vous avez sûrement vu les photos : Ça ne se loupe pas, les Grenadines.

Résultat des courses : on est à la bourre (c’était prévu) et ce qu’on a fait depuis les Tobago cayes, c’est plus du convoyage que de la promenade. Pour les voileux : On a fait que du près et jusqu’à présent on n'avait jamais en dessous de 25-30 nœuds dans la figure, sans compter les charmant petits grains, qui vous booste le tout à plus de 40 nœuds, histoire de vous aérer les sinus.

Bien entendu, avec les conditions de vent qu’il y a eu, certains mouillages n’étaient pas terribles. Par exemple, à Bequia (Grenadine de St Vincent), on a du remouiller 3 fois (la nuit bien sûr….) parce qu’on dérapait. Dire que je me suis demandée en arrivant dans la baie pourquoi il  y avait autant de bateaux sur corps morts!!.

Ou encore mieux,  le lendemain à St Vincent, dans la baie de Petit Bordel (ça ne s’invente pas !) , on a mis plus d’une heure et demi à faire un mouillage avec amarre accrochée au cocotier. C’était super pittoresque sauf que ça a tenu 4 heures, et quand la nuit est tombée, une bonne vieille rafale a tout envoyé valdinguer et il a fallu qu’on se casse rapidos pour ne pas aller emboutir les barques des pêcheurs. C'était chaud, croyez moi !

Oh, une petite navigation de nuit jusqu’à Rodney bay, Ste Lucie (50 milles), même un poil fatigués, ça ne fait pas de mal. L’ennuyeux, c’est qu’en cours de route, le génois (notre voile d’avant) a littéralement explosé. Et Filao, sans voile d’avant, c’est pas vraiment ça…

Mais bon, on se débrouille, et on avance. On saute d’île en île, et même si on trouve dommage de ne pas pouvoir s’arrêter pour visiter, on sait qu’il y en a encore beaucoup à voir au nord. Cela ne nous empêche pas d’admirer les paysages, et à l’occasion, de faire un petit tour à terre.

De temps en temps, on recroise des bateaux et équipages rencontrés de l’autre coté de l’Atlantique. L’autre jour par exemple,  en longeant les côtes de la Dominique,  nous avons croisé « sly fox », l’australien qui partageait le même mouillage que nous à Santa Luzia (Cap Vert).Et, à chaque fois, même si on ne se connaît pas vraiment, cela ne nous empêche pas de nous faire de grand signes, montrant ainsi que nous nous reconnaissons et que chacun se souvient de l’autre.

Et, c’est tout bête, mais ça fait plaisir.

En tout cas, ce petit rythme soutenu de  navigation de fortune  arrive à sa fin. Plus qu’une 20aine de milles jusqu’à Pointe à Pitre et là, nous pourrons nous préparer à recevoir comme il se doit nos 5 ( !!) hôtes. A 7 sur Filao, ça va être sportif ! Et comme dirait Jules, « En route pour de nouvelles aventures !! » 

 

 



Bonjour les Caraïbes.



Les Caraïbes : soleil, chaleur, corail, vent frais, petites criques, végétation luxuriante, fruits à profusion, c'est tellement classique qu'on oublierait presque d'en parler. Alors voilà, c'est dit, ces petites îles sont des petits paradis qui méritent bien leur réputation. Depuis ce fameux atterrissage du 23 décembre à Tobago, beaucoup d'eau a coulé sous la carène. Bien sûr, Noël sans la famille ce n'est pas pareil; mais on a pensé à tout le monde en sirotant un Chambolle-Musigny dans Man of War bay, en ouvrant religieusement le coq au vin de M. Camus, boucher à Tigy. Après un long repos d'une semaine, cap au Sud Ouest sur Port of Spain, Trinidad, et son carnaval.

Sur la route de Port of Spain nous nous autorisons un petit mouillage pour ne pas avoir à passer de nuit les terribles 'bocas del dragon'. Là bas les eaux de l'Atlantique mêlées à celles -vertes- de l'Orénoque rejoignent la mer des Antilles par un passage étroit entre Trinidad et le Venezuela ; autant dire que çà pousse fort au niveau du courant. L'ancre est donc jetée dans 'La Vache Bay', côte nord de Trinidad en attendant le lendemain. Si un jour vous avez pensé à un voyage au long cours, assis sur la chaise de bureau d'un fabricant d'aliments pour animaux domestiques, l'image qui en ressort est à peu près celle qui s'offre alors à nos yeux : une baie large, calme, bordée de montagnes couvertes de jungle qui tombent à pic dans la mer. Dans le ciel des frégates à peine dérangées viennent tournoyer vers cet intrus rouge, quant aux escadrilles de pélicans, elles passent en silence. "C'est ce que Christophe Colomb a du voir en arrivant, la musique de Vangelis à fond sur la sono de sa caravelle, ou encore ceux-là qui remontaient l'Amazone à la recherche de l'Eldorado, ils n'ont pas du voir paysage aussi grand !" Ancre, baignade, thon vidé, barbecue, bière, coucher de soleil : les manoeuvres sont rôdées et tout s'enchaîne à merveille. Jusqu'à ce qu'arrive cette fichue barque de pêcheurs. 

"How are you tonight ?

- Having a great time. What about you ?

- We are not so happy"

- ???  

Bon, pour résumer, ils ont perdu tout ce qu'ils possédaient, ce qui les fait vivre : leur filet de pêche. Déchiré par notre ancre. Une réparation de 1400 FRF pourrait nous éviter de gros ennuis. La nuit est noire, le thon est cuit, et notre solitude est devenue pesante maintenant. Il faut décider ; avons-nous ruiné ces pêcheurs ? est-ce du pipeau ? nous pensons que oui, car j'avais plongé pour vérifier que l'ancre tenait bon et il n'y avait pas de filet de pêche. C'est donc NO, NO WAY, NO MONEY. Le ton monte, on veut bien les aider d'un petit billet, mais çà chauffe. Le thon est carbonisé maintenant. Ils repartent dans l'obscurité en promettant de revenir bientôt. Ce qu'ils font, en demandant une dernière fois réparation. NO WAY. Tout à coup l'un démarre le hors-bord, l'autre sort son couteau, la barque fonce sur nous. Ils éventrent l'annexe et repartent aussitôt. Çà n'arrive qu'à nous français ce genre d'histoire. Et c'est sûr car les bateaux américains qui croisent dans les parages ont tous une arme à bord. Qu'est-ce qu'on fait ? une irrépressible envie de foutre le camp nous tenaille, mais pour aller où ? dans la baie d'à côté? en mer ? dans les bocas ? pas mieux. On restera donc jusqu'au petit matin en veillant sur le pont, attentifs à tous les bruits (et il y en a un paquet). A 5h, l'ancre est relevée en un temps record, on SE CASSE ! toutes voiles dehors en se retournant de temps en temps quand même. Le port n'est plus loin.

Epilogue : 15 jours après, à la faveur d'une discussion de ponton, un couple de français nous confiera que l'histoire de 'La Vache Bay' est fréquente ici, et que bien souvent les plaisanciers paient. Nous on s'en tire pas mal avec un billet de 20 $US, qui en plus était faux. Bienvenue à Trinidad !

Trinidad c'est l'Amérique, Miami quoi. Air conditionné, baskets, Kentucky Fried Chicken, peanut butter et shopping Mall. Au pied du bateau, Internet. Des gens hyper dévoués, il y a même un ponton réservé aux annexes devant le supermarché ! La classe quoi. Ouaip, ben moi Trinidad j'aime pas tant que çà. Passe que les Antillais fassent des petits compliments à Cécile mais là ils sont lourds. Malheureusement dans ces conditions pas de rassemblements de foule envisageables, pas de Carnaval. Déjà qu'elle se fait harceler dans l'enceinte de la marina, j'imagine dans un stade à 2h du matin rempli de gens cuits au rhum... un petit refrain trinitéen me vient à l'esprit : 

If you want to be happy

And live a king's life

Never make a pretty 

Woman your wife

C'est pas faux...à Trinidad.

20 jours ont passé, le bateau est nickel, nous sommes tout beaux tout propres, la deuxième moitié du voyage peut commencer ! et oui, çà passe, maintenant on remonte vers le Nord et on retourne vers l'Est. Une petite navigation de 80 milles jusqu'à la Grenade ? pas de quoi en faire un plat. Et pourtant, jeunes blanc-becs que nous sommes, le plat a été en fait très copieux. 

Ah quelle raclée mes amis, quelle leçon encore une fois ! L'alizé qui dans l'Atlantique nous poussait fermement mais gentiment, on l'a cette fois-ci dans la tronche ! parfois des grains passent qui accélèrent le tout jusqu'à 40 noeuds et déversent des piscines de pluie sur le bateau (on voit pas à trois mètres). Ajoutez à cela le trafic de cargos, les plateformes pétrolières (mais qu'est-ce que c'est que ces sapins de noël qui ne bougent pas ?) et le courant qui change la route sans préavis dans tous les sens. On peut aussi ajouter que nous sommes décidément des bleus à entreprendre de nuit 100 milles au plus près du vent, un poil fatigués, trop fainéants pour réduire la voilure et incapables de le faire une fois le vent devenu trop fort. Après une nuit de barre épuisante, Grenade se profile dans le petit matin... sous notre vent. Au moins on aura pas raté l'île, ce qui peut bien arriver dans ces navigations au près dans de vrais fleuves de courant. Vigie sur le balcon avant, Cécile à la barre, le bateau se faufile dans 3m d'eau entre les pâtés de corail heureusement signalés par des petites bouées. Et c'est là que -VLAM- le dernier grain nous cueille, entourant le bateau d'un rideau opaque comme cela se fait dans les services d'urgence des hôpitaux américains. Arrière toute ! on se tire de la barrière de corail ! Les grains sont aussi violents que courts dans le coin. La 2è tentative fut la bonne et nous mena dans une baie tellement calme et belle que tout fut oublié en un instant. Voilà Grenade, l'île aux épices où la muscade tombe littéralement du ciel. Puis si tout va bien ce sera Carriacou, les Grenadines, la Guadeloupe et les Saintes avec Anne W et sa tribu. Allez, en route vers de nouvelles aventures !

 

 

 



Joyeux Noël à Tobago


Je n’ai pas écrit de journal pour la traversée. Je n’avais envie d’aucune contrainte. Je voulais être au premier rang pour vivre et sentir cette première transatlantique. Sentir…Il y a quelques verbes comme cela qui reviennent très régulièrement lorsqu’on navigue en haute mer

comme   sentir…sentir le jeu de la mer avec le bateau, le jeu du vent avec les voiles, comme…contempler…contempler le ciel, la mer, les nuages, le soleil, les étoiles, les oiseaux, les bulles d’écumes laissées dans le sillage,

comme…écouter…écouter le mouvement de l’eau sur la carène, les « glougloutis » ou les grondements de l’eau à l’arrière du bateau..

En écrivant cela, je crois que j’ai répondu à tous ceux qui nous demandent :  « mais qu’est ce que vous faites, vous ne vous ennuyez pas sur le bateau ? ».

Non, on ne s’ennuie pas.

 

Et puis, la traversée a été beaucoup plus rapide que je ne l’imaginais. A peine 15 jours pour 2117 milles (soyons précis !), et on a du ralentir sur la fin pour ne pas arriver de nuit.

Quelques temps avant de nous lancer dans la traversée, nous avions croisé des voiliers qui essayaient de trouver le moment idéal pour partir en appelant avec leur radio BLU d’autres bateaux encalminés au milieu de l’atlantique. Mais nous, on n'avait rien de tout cela et on est parti « au hasard », en se disant que cela mettrait le temps qu’il faudrait…

On aurait voulu faire mieux qu’on n'aurait pas pu : Environ 5 beaufort (et parfois 4 ou 6) de vent plein arrière toute la traversée. La mer ? Presque toujours agitée, parfois forte. Avant et après nous les bateaux ont eu des calmes voire du vent dans le nez…ça s’appelle la chance du débutant je crois…

 

Bien sûr dès le premier soir nous avons repris notre désormais bien connu rythme des quarts. Et, les nuits se succédant mon organisme a pris le pli. Je me réveillais même toute seule parfois. Puis, allongée dans le cockpit, je retrouvais ce ciel et ces constellations devenues familières et rassurantes. Je m’amusais à les inventorier au cas ou une étoile se soit fait la belle : D’abord côte à cote Saturne et Aldebaran (constellation du taureau), puis les Pléiades, puis encore Orion l’immanquable. Sans oublier Cassiopée, Jupiter si brillante ou Le grand Chien avec Sirius…Et toutes les nuits, j’en découvrais de nouvelles.

Pour le deuxième et dernier quart j’avais beaucoup de chance car je pouvais admirer tous les matins le jour se lever, le ciel et la mer changer doucement de couleur et le soleil apparaître enfin. Je crois que je n’avais jamais pris le temps de contempler un lever de jour dans son entier. Là, je l’admirais tous les matins pendant 3 heures. Et je me disais que pour un écrivain, ce devait être un excellent entraînement que de décrire chacun de ces levers du jour.

 

Et puis certaines nuits, Piou – Piou venait me voir. Qui était donc Piou – Piou ?(Désolée pour le nom ridicule mais j’avoue que c’est comme cela que je l’appelais). C’était un petit Pétrel Tempête qui n’a pas hésité à faire plus de 2000 milles pour nous tenir compagnie.  Et lorsqu’on voit la taille de l’oiseau ( grand comme un merle), on ne peut être qu’impressionné. Je me demande toujours comment ils font ces petits oiseaux pour se reposer car jamais il n’est venu atterrir sur notre bateau. Et puis, quand on a vu comment les dorades et les thons gloutonnent les poissons volants on se dit qu’un petit pétrel posé sur l’eau risque sa vie à chaque seconde…

Son jeu c’était de venir voler à la même vitesse que le bateau, juste au-dessus du cockpit et de plus en plus près.

Il y avait aussi d’autres oiseaux qui nous suivaient quelques jours comme des fous bruns et de bassan venant montrer leur virtuosité, des phaétons braillard avec leur longue queue blanche,  et d’autres puffins ou pétrels venus en couple nous saluer. Je remercie au passage Elizabeth car dès que je voyais un oiseau, j’allais vite regarder dans le guide des oiseaux de mer qu’elle nous a offert. Et c’est bien de savoir qui nous rend visite !

En revanche, hormis les poissons volant par milliers, pas de trace de dauphins. La nuit, j’écoutais, attentive à chaque bruit, espérant entendre leurs appels aigus si caractéristiques. Rien. Pas un dauphin en 2 semaines. Bizarre…

 

Pourtant il y en avait des choses dans la mer !. Julien vous l’a déjà raconté. Le matin, au lever du soleil, j’avais pris l’habitude de mettre les lignes. Je ne pensais pas que je me passionnerais autant pour la pêche à la traîne mais il faut avouer que je me surprenais à guetter derrière le bateau pour voir s’il n’y avait pas une dorade ou un thon (j’aime pas trop les thazards) que Jules accommoderait avec tout son talent de chef cuistot. Et puis quels monstres ! Bien sûr, ceux qui me connaissent savent déjà que j’espérais tous les matins que le poisson ne mordrait pas avant la fin de mon quart (Jules m’avait dit de ne pas le réveiller, de laisser pendre la bestiole le long du bateau et qu’elle finirait bien par mourir…Glurps !) Mais je crois que si un jour je devais achever un monstre pareil, je prendrais mon courage à 2 mains (ou plutôt le crochet de boucher dans une et le couteau dans l’autre) et j’essaierais de le faire. Je suis maintenant psychologiquement prête. Pour vous dire le chemin parcouru ! En fait, il faudrait que je mette un truc au point pour que le poisson souffre moins car c’est quand même pas très poétique lorsque jules remonte un poisson de 10-15 kg !

 

Avec la fin d’après midi arrivait  le moment sacré de l’apéro, seul moment où on se relâche un petit peu. Car en fait, comme le bateau ne s’arrête jamais, on reste tout le temps sur le qui-vive. Et c’est ça qui est fatigant à la longue. Je m’en suis rendu compte lorsqu’on a jeté l’ancre à Tobago. 

 

D’autres évènements pendant la traversée ? Pas grand chose à part ce jour où un cargo est venu nous voir et nous a salués d’un long coup de sirène. Impressionnant au milieu de l’atlantique !

Ah si ! J’oubliais…on a bien failli avoir un problème d’importance car  une vache à eau s’est percée au milieu du trajet et par de subtils jeux de connections la seconde s’est déversée entièrement au fond du bateau. 200 litres de perdu ! Heureusement nous avions acheté plusieurs bidons d’eau douce ce qui a amplement suffit pour la boisson. Ouf ! Mais ça énerve pas mal sur le moment... 

 

Et c’est ainsi que la veille du réveillon de Noël on a vu poindre Tobago et plein de nouveaux oiseaux comme des Frégates et des Pélicans (ça remplace un peu les mouettes ici). On était vraiment contents car on s’imaginait sincèrement que Noël se passerait sur l’eau. Fêter simultanément Noël et la transat  avec du Champagne et une bonne bouteille de Chambolle…quel luxe et quel plaisir ! Bien sûr on s’est dit que c’était dommage car si on avait su, on aurait dit tout de suite à Samia et Arnaud de venir…mais on ne peut jamais savoir…

On était tout fatigué et tout heureux, de nouvelles aventures caribéennes nous attendaient. Beau cadeau de Noël non ? 

 

  



Transatlantique : échos de la cambuse.



Ou un récit de notre traversée de l'Atlantique Nord vu depuis la cambuse du bateau. Oh le coin cuisine n'est certes pas aussi prestigieux que la table à carte où se passe la navigation, mais c'est quand même un rôle central que celui de cuisinier. Les plus grands artistes ne l'ont-t-ils pas loué, tel Steven Seagall dans le fameux "Piège en haute mer", qui déclame son non moins fameux : "I'm the cook" ? On voit par là combien la place de cuisinier, que j'occupe modestement à bord de Filao, est une place d'importance.

 

Recette pour une cuisine réussie en navigation hauturière : 

 

Des approvisionnement frais irréprochables (on verra pourquoi)

Une attention de tous les instants (pour traquer la marchandise avariée)

Une volonté de fer (pour descendre en bas alors que même dehors sur le pont on a l'estomac retourné)

Une imagination débordante (pour faire un truc qui se mange avec pas grand chose)

Un équipage qui a faim.

 

Tous ces ingrédients ne sont bien sûr jamais réunis, mais il suffit d'un peu pour transformer une morne journée dans l'Atlantique en fête du palais ! et la bouffe, après tout c'est le moral de l'équipage.

 

Premier matin, gueule enfarinée, pas encore amariné, première surprise : la moitié du stock d'oranges, (probablement de la variété Marie-Antoinette), a blanchi en une nuit, a pourri, est couverte de moisissures. La mer est forte et les oranges ont apparemment morflé. Je relis Moitessier : "Les oranges se sont conservées fraîches deux mois sans problèmes au cours de la traversée. Pour les pamplemousses, trois mois emballés individuellement dans du papier journal"... moi, çà fait UN jour, çà commence très très bien. Le bout de régime de bananes vertes, c'est super mais c'est vert ...jusqu'au jour où tout le régime mûrit d'un coup et là c'est banane matin, midi et soir. Quant aux tomates qu'on avait passé une journée à trouver sur l'île de Brava, Cap Vert, les coups de gîte les ont fait s'écraser mollement sur le mur de la cuisine. Çà n'a l'air de rien mais le frais est sacré à bord : il faut voir avec quelles précautions le cuisinier retourne ses oeufs quotidiennement, tâte ses tomates (je les connais chacune par leur petit nom), traque sans merci la moindre tache. Et il est parfois assez décourageant de voir la décrépitude inéluctable qui sévit, accélérée par les 30° qu'il fait dans la cabine. Dans ces conditions une course contre le temps est engagée, une alternative s'impose alors; faut-il manger le frais au risque de rapidement ne plus en avoir assez, ou peut-on se satisfaire d'un peu de pourri ? (le problème n'est pas sans rappeler la question du pain dans bien des familles : faut-il oui ou non manger le pain rassis avant le pain frais ?). 

 

Dans ce que je n'hésiterai pas à qualifier de drame quotidien, entrent donc en scène les forces de la corruption alimentaire, le bonheur simple d'une petite salade réussie, l'angoisse d'avoir assez jusqu'au bout, et la lutte acharnée contre les casseroles qui s'envolent, les poêles qui glissent du réchaud et viennent se déverser sur le plancher à la faveur d'un coup de gîte, et enfin l'estomac qui toujours se révolte. Pour résumer la situation : si un aliment est OK, on attend, s'il donne des signes de faiblesse on le mange. 

 

Par bonheur en mer, il y a du poisson frais ! Et croyez moi ce n'est pas de la sole-portion. Plutôt de la dorade 12-portions. Ceux qui ont le bon goût de se faire prendre le matin finiront en carpaccio à midi. Deux pavés le soir et voilà 4 portions de faites. Comme de toutes les façons il y aura encore du poisson frais le lendemain, le reste est séché dans les haubans : de cette manière un grand filet de 90 cm devient un petit machin racorni de 30cm, qui servira à quoi me direz-vous ? je ne sais pas mais c'est un truc que font les marins donc...on sèche. Nous on s'en fout on a du frais tous les jours. 

 

Le séchage, blague à part, est un excellent moyen de lutter contre la corruption des aliments. D'ailleurs Filao s'est transformé en séchoir flottant avec, de gauche à droite sur le portique arrière : des filets de dorade frais, des bananes qui sèchent, le jambon de Las Palmas qui continue de sécher sous le regard amoureux du cuistot, des filets de dorade presque secs, et des fromages de chèvre de Santo Antao qui sont dehors parce qu'ils commencent à sentir grave... Le séchage peut malheureusement parfois devenir une obsession. Commentaire désormais célèbre du cuisinier après une nuit de veille passablement agitée : "Si les cochons nageaient, on pourrait se faire encore plus de jambons!" 

Bon, de toutes les façons le tout fut expédié en 15 petits jours, ce qui ne nous a donné le temps ni de manquer de rien, ni de nous ennuyer avec des boites de conserve. Et ce qui est plutôt un bon signe, Cécile a pris quelques kilos donc ce fut globalement une réussite. Allez, moi j'ai un repas du nouvel an à préparer je vous quitte et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures !

 



Le Cap Vert, Julien et ses poissons...

 

 

 


Cécile m'avait tout d'abord commandé un récit sur notre première île du Cap Vert, San Nicolau, là où nous avons débarqué il y a 3 semaines en provenance des Canaries : il fallait un récit par île, chacune étant si différente de l'autre. Puis constatant l'indigence des connexions internet et la tropicalisation avancée de l'équipage, nous avons décidé que ce petit texte englobera São Nicolau, São Vicente, Santo Antão, Santa Luzia et Fogo. Mais je le dis tout net : un livre ne suffirait pas pour raconter tout ce que nous avons vu et vécu au Cap Vert.

Et pour commencer le plus important ; hier matin, à environ 10 milles de Fogo, je prends le dernier quart à 7h du matin après une nuit de navigation tranquille. Malgré un esprit passablement embrumé, je jette à tout  hasard une ligne de traîne équipée de ce petit poulpe rose en plastique que j'ai amoureusement monté en leurre hier après midi. Rapidement la ligne est oubliée, comme d'habitude. Il faut dire que nous sommes en contemplation devant les 2800m du volcan de Fogo qui se dresse devant nous dans le lever de soleil. Au moment des préparatifs d'approche, je relève la ligne qui sur le moment me semble prise dans quelque chose, une épave, un rocher, un tronc d'arbre, la tension étant telle que j'ai comme une baramine de 100m de long entre les mains. Mon esprit se désembrumant bien vite, sachant qu'il n'y a pas d'épave, de rocher ou de tronc d'arbre derrière Filao je scrute l'horizon et aperçois au loin un poisson qui saute au-dessus de la surface en déployant sa longue crête dorsale majestueusement : ça y est, c'est un monstre marin et il est bien accroché à l'hameçon. 

Avec calme, malgré la ligne qui me scie les mains : 

"Cécile, pourrais-tu m'apporter une paire de gants s'il te plait ?

Cécile, pourrais-tu sortir le fusil et l'armer pour moi s'il te plait ?

Cécile, pourrais-tu m'apporter le croc de boucher qui est dans la cabine bâbord et éviter de regarder s'il te plait ? (elle aime pas qu'on fasse du mal aux animaux, sauf si c'est pour les manger bien sûr)

Bon, ce ne fut pas très poétique mais le poisson fut remonté assez vite, une dorade coryphène de 1,5m de long, 50 livres et une gueule deux fois comme ma tête. L'arrivée au port se fit modestement, bien sûr. je distillai bientôt quelques bons conseils de vieux pêcheur aux équipages venus voir la bête et repartant tous avec des pavés de dorade de 3 kg. Ah qu'ils sont loin les fichus maquereaux et qu'est ce qu'on a pu manger comme poisson ! 

Il n'y a pas que du gros au Cap Vert. Il y a du vent. Christophe et Delphine peuvent en  témoigner, on a l'impression que quelqu'un a allumé son sèche-cheveux géant et fait monter les vitesses petit à petit. Ça souffle ! parfois, il branche le sèche-cheveux sur du 1000 volts et là çà décoiffe velu, si j'ose dire. Dans les ports, il n'y a ni pontons, ni arrivée d'eau, ni gasoil, pas plus d'électricité et dans les villes peu ou pas de fruits ni de légumes : que de la bière et du riz. Selon un refrain désormais connu, on se démerde ! pour aller chercher un robinet, jerricans à la main. On se lave à l'eau de mer, économisons la moindre goutte d'eau. 

A terre c'est un peu l'Afrique, en tous cas assez éloigné du Royal Yacht Club de Las Palmas si vous voyez ce que je veux dire. Dès qu'on a jeté l'ancre des bandes de gamins se précipitent à la nage jusqu'au bateau en criant "stilo, stilo" (ils veulent des stylos). Nous on n'a pas beaucoup de stylos, on n'a que des paquets de M&M's à donner. Apparemment les M&M's ça le fait aussi bien, il faut ensuite trouver un gamin qui sera pour la journée le 'gardien' de l'annexe; grosse bataille pour savoir qui sera le gardien. Enfin viennent les autorités portuaires. C'est soit "ah ben il y a personne donc bienvenue au CapVert" soit une succession de papiers très officiels et formulaires remplis au son des tampons qui claquent, quelques escudos de 'taxe de séjour' et c'est gagné. 

Plus à l'intérieur des terres une nature à couper le souffle nous attend, peut-être le voit-on sur les photos. Dans les profondes vallées à peine moins désertiques que les montagnes on découvre des villages d'Astérix, ou alors du moyen âge. Pas de courant, des coqs qui chantent, des gamins partout. Courageusement nous arpentons les chemins de montagne en sueur, chaussés de nos tecnica, cachés sous de grands chapeaux et des lunettes de glacier en tenues de trekkers. Parfois nous nous faisons doubler par des mamas en tongs qui ne suent pas, coiffées elles de bidons de 20 litres d'eau. 

Voilà, on est au Cap Vert encore pour 10 jours et c'est génial. On y resterait bien six mois de plus mais c'est une autre histoire ; de l'autre côté de la mer une petite île des Caraïbes appelée Tobago nous attend, et la traversée est proche.  En route vers de nouvelles aventures !

 



Extraits d'impressions prises au gré de la traversée


Première nuit 2H du matin :

 

Et voilà ! Les Canaries c’est fini. Pas de regret. Quand on a longé la côte de Gran Canaria en partant, ça ne nous a pas paru spécialement attrayant.

De toute façon il était temps. Dans le port on devait être à peu prêt le seul bateau à ne pas faire partie de l’ARC (Atlantic Rallye for Cruisers). Ils sont 250 à prendre le départ et, pour leur faire de la place, le capitaine du port met tous les autres dehors. Alors, nous, on s’est planqué entre un  énorme monocoque et un Catamaran américain flambant neuf et ils nous ont oubliés ! …Ou perdu de vu plutôt tellement Filao paraissait minuscule !

Le bon côté de l’ARC, c’est qu’ils s’ennuient en attendant de prendre le départ, alors, ils organisent des bringues…et j’ai encore mal à la tête aujourd’hui…

Mais revenons un peu à cette nouvelle traversée. Pour l’instant le vent c’est pas exactement ce que je pourrais appeler les alizés. Le ciel est couvert, donc pas une seule étoile à regarder, on a une brise légèrement SW et il se met même à pleuvoir. Je vous jure ! …. Heureusement, un banc de Dauphins me tient compagnie en venant jouer dans l’étrave. Avec ça et un petit cargo, je ne risque plus de m’assoupir…

 

Même nuit un peu plus tard

 

Le grand rythme des Quarts et reparti. Pour ceux qui ne connaissent pas bien le bateau, le quart consiste à veiller pendant que l’autre dort. Car bien évidemment, pas question le soir d’aller tranquillement se coucher en se disant qu’on reprendra la navigation le lendemain.

Et c’est ainsi que pour me maintenir éveillée, je griffonne tout ce qui me passe par la tête.

Donc pour les quarts, avec Julien, on essaie de tenir 3 heures chacun son tour. Parfois lorsque la mer est vraiment agitée, on réduit les quarts d’une heure.

Chacun a ses petites manies. Moi, pendant le quart, ma vie est rythmée par tranche de 10 mn. Ainsi, si je bouquine, somnole, écrit, regarde les étoiles j’ai l’esprit libre car je sais que ma montre me rappellera à l’ordre pour mon tour d’inspection. Pourquoi 10 mn ? Principalement pour les cargos car ils vont vite…et quand on commence à les voir (environ à 8 - 10 milles si la visibilité est bonne) c’est bien d’avoir le temps de faire tranquillement une manœuvre s’il y a besoin.

Le reste du tour d’inspection consiste à vérifier que le pilote automatique ne se dévisse pas, que nous faisons toujours « bonne route ». Pour ce qui est du vent, s’il change, c’est le bateau qui nous prévient, pas besoin d’alarme.

Sur ce bateau, comme je suis la « couche tôt », c’est jules qui commence la veille. Moi, je me suis trouvée un petit coin dans le carré et je délaisse la cabine arrière car je trouve qu’il y a trop de bruits «étranges » ou plus exactement que je n’arrive pas à identifier.

Tiens on dirait encore un cargo. Décidément, il n’y a que moi qui y ai droit sur ce bateau !

 

Deuxième nuit. 9H00 du matin, après la bataille

 

Manœuvres de toutes sorte cette nuit : On tangonne, on détangonne, on enlève la GV (grand voile), on la remet pour finir…sans un souffle d’air.

Gros sommeil. Cette nuit les quarts c’était pas de la tarte. J’avais pas vraiment le goût à faire de la prose ou à philosopher.

Le vent semble vouloir revenir ce matin. En plus, j’ai pu  passer un peu de temps avec Jules, C’est sympa. Parce que cela peut paraître bizarre mais on ne se voit pas beaucoup.

C’est pas tout ça mais je suis crevée alors Dodo !

 

Troisième nuit :

 

Imaginez-vous plein vent arrière, les 2 voiles d’avant tangonnées, une douce brise qui vous caresse le visage, un clair de lune comme tout romantique en rêve et une température d’environ 25°C : Voilà, vous y êtes, c’est la veille sous les 25° de latitude nord (enfin j’espère !).

Je pensais que cela allait être une nuit à jouer au jeu des constellations mais la lune est trop claire à l’heure de mon quart et il y a quelques nuages par-ci par-là qui jouent à cache-cache avec les étoiles.

Cette journée aura été particulièrement agréable : j’ai bouquiné toute l’après midi vautrée dans une voile d’avant à me faire chauffer par les rayons du soleil. Ensuite, petit apéro avec Jules en fin d’après midi (ben oui, le soleil se couche tôt et les quarts commencent aussi plus tôt alors on décale !), carbonara du Chef Cuistot (Ah ! les carbo c’est toujours un peu un plat de fête car si on peut en manger pendant la navigation ça veut dire qu’on est amariné !!) et en dessert les moultes manœuvres du soir : Et qu’on évite un Cargo…non…2…et puis zut en voilà un 3ème ! C’est une vraie autoroute ici non d’une pipe !

Une dernière petite manœuvre pour essayer d’en avoir le moins possible à faire pendant la nuit (du genre, pas de Ciseau à 2 H du mat…) et c’est parti pour les quarts.

 

 

Quatrième nuit

 

Mot d’ordre, pétole ! Pour l’instant on peut pas dire qu’on soit violenté par les alizés. Pas de vent la journée ok mais la nuit c’est fatiguant pour les nerfs. On est crevé, on se dit que l’autre essaie désespérément de dormir et les voiles battent, et la baume tape. Ca fait un boucan pas possible.  La petite consolation c’est que plein de dauphins sont venus me tenir compagnie. Je pense qu’ils auraient bien aimé jouer avec la vague d’étrave mais puisqu’on avançait pas….

 

Cinquième jour

 

Le vent refait des caprices cet après midi, il est allé ailleurs voir s’il y était. Tant pis avec Jules on a joué  avec le sextant puis on a eu la visite de dauphins monstrueusement grands. Après recherche il semblerait que ce soit des globicéphales tropicaux.

 

Cinquième nuit : grève de l’écrivain

 

sixième nuit :

 

Si j’ai pas écrit grand chose c‘est parce qu’on avait à faire ici...le vent (le vrai) est enfin venu nous voir et on peut dire qu’on fait pas semblant d’avancer. Ça change de la première partie du voyage.

Sinon, quand je vous ai écrit qu’il ne fallait faire confiance à personne en matière de météo, je confirme. Comme depuis le début de la traversée je n’ai pas réussi à réceptionner des cartes météo, j’écoute religieusement RFI tous les midi. Et bien je ne vois pas pourquoi je m’obstine parce que pas un jour la météo annoncée n’a correspondu avec ce qu’on a eu. Ça laisse rêveur.

En fait, j’ai 2 théories : Soit, à météo France ils ont demandé à un pauvre stagiaire qui y comprend rien de s’occuper de notre zone et tous les jours il essaie de faire preuve d’imagination en inventant un prévision,

Soit les minettes qui sont chargées de lire la météo sur RFI, non contentes de tenter quotidiennement de battre les records de débit de parole, intervertissent les prévisions d’un jour à l’autre histoire de mettre un peu de fantaisie dans tout ça.

 

Septième nuit, un peu plus tard :

 

Grande nouveauté  des dernières 48 heures : les poissons volants. Cela faisait des années que j’en avais vu. C’est qu’ils sont vraiment trognons ceux là. Malheureusement on déplore déjà trois suicides par bateau dans la zone Cap vert. En fait, la nuit, ils ne voient pas le voilier et ils atterrissent « malgré  eux » dessus. Julien en a retrouvé 2 inanimés face au hublot de la cuisine. Et hier soir il y en a un qui a essayé de se faire inviter à dîner en atterrissant à coté de notre assiette. C’est assez surprenant !

 

Sinon, en apparté il faut que je vous confie quelque chose. Julien s’inquiète un peu car depuis le début de la traversée on n’a pas eu un seul poisson dans notre assiette…Le problème c’est qu’un jour ça a effectivement mordu mais ça devait être un monstre et ça a tout arraché. Je me suis dit qu’à la prochaine traversée j’allais acheter des poissons sur le marché et je lui accrocherait en douce…

Blague à part, c’est dommage car j’ai  un souvenir ému des bonites de l’autre jour. Ne desesperons pas, il existe bien dans cet océan un ou deux poissons qui aiment la couleur de nos poulpes en plastique sans pour autant les gloutonner en ravageant tout sur leur passage !

Pour être plus claire, et surtout pour ceux qui, comme moi, sont aussi familiers avec la pêche à la traîne qu’avec la chasse à l’orignal, j’explique : Pour pêcher, on met un long bout de ficelle derrière le bateau, au bout on accroche un hameçon et ici, il paraît que ce qui plaît aux dorades et aux thons ce sont les poulpes. Alors on a une petite collection de charmant petits poulpes de differentes les couleurs. Car, - et là, chaque pêcheur me donne une explication différente et non satisfaisante mais bon je fais très bien avec – les poulpes ont une couleur qui peut changer selon la saison et/ou chaque type de poisson a sa couleur préférée….

J’avoue que pour l’instant je n’ai pas spécialement approfondi le sujet. Tout spécialiste en la matière sera le bienvenu pour me fournir de meilleures explications.

 

Septième nuit :

 

Nuit fébrile, car dernière. On a tout de suite senti que le vent allait y mettre du sien et même un peu trop car on risquait d’arriver en pleine nuit, ce qui, dans des coins non balisés et avec des cartes aussi peu précises peu s’avérer dangereux. Alors on a réduit les quart à 2 heures chacun. Et puis, sagement, le vent a mollit offrant une arrivée sur São Nicolau magnifique, avec le lever du Soleil.

Et c’est à ce moment là que le miracle a eu lieu.

Vers les 6 heures du matin, lorsque je me suis levée, j’ai d’abord vu Julien tout sourire et non avec la tête de quelqu’un qui n’en peut plus de sommeil et qui aimerait rapidement aller au pieu. J’ai pas tout de suite compris. Mais quand je suis sortie dans le cockpit et que j’ai failli mettre les pieds dans un seau où gisait un poisson moche comme tout mais apparemment succulent, tout est devenu limpide. Ce sera la touche finale à une très agréable  traversée.

On est pas encore arrivé au mouillage et on prend notre temps. Il n’est que 9 H après tout et le paysage est si beau. Après 900 milles de mer, il est toujours bon de voir la terre !




1
Hosted by www.Geocities.ws

1