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compagnon de voyage |
Récits de France aux Canaries | |
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Las palmas, son supermarché, ses shipchandlers... | |
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OCTOBRE 2001
SEPTEMBRE 2001
AOÛT 2001 Les rias de la Galice
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Voilà maintenant 9 jours que nous avons quitté Madère pour Las Palmas Gran Canaria. 9 jours dont deux et demi de navigation et plus spécialement 36 heures « à fond les manettes » (au bon plein force 6à 7 avec rafales pour les marins). Sinon les 24 premières heures c’était plutôt baignade lecture pêche etc. car on oscillait entre le zéro pointé de vent et force 1, voire 2 sur un malentendu. Moi, je l’ai trouvé pas mal du tout cette traversée, pas très confort par moment mais on filait vite malgré tous les ris de pris et la trinquette mise à la place du yankee (en clair pour les normalement terriens : On avait réduit la surface de voile quasiment au maximum). En plus, au tout début du parcours Julien a pêché 2 bonites : Oh joie ! Oh merveille des merveilles !! Ils n’ont pas traîné longtemps avant d’être engloutis par les deux goinfres que nous sommes. Ça faisait un peu beaucoup à manger mais il fallait pas gâcher !! Quoi qu’il en soit j’espère que ça va mordre de nouveau comme cela, c’était excellent.
Depuis qu’on est arrivé c’est la course effrénée pour se préparer pour la traversée jusqu’au Cap Vert, mais surtout celle qui nous mènera jusqu’à Tobago. Car ici est notre dernière chance de trouver à peu près tout ce qu’on souhaite en approvisionnement. Après ce sera trop tard. Vous auriez du nous voir avec jules au Carrefour du coin traînant nos trois caddies pleins à craquer et notre liste sans fin. On a passé l’après midi à sillonner les rayons de conserves et autres gâteaux. Tu parles de tourisme… Heureusement qu’ils livrent…
La veille c’était atelier moteur ou « Cécile apprend 2-3 trucs sur un moteur » : Et que je change le filtre à huile, à gasoil (ça pue !), et que je vidange tout ce qu’il est possible de vidanger (pouah ! c’est toujours aussi dégueulasse cette histoire). Le jour encore d’avant c’était le grand nettoyage avec grande lessive (ça je connais…) Toutes ces activités n’offrent certes pas beaucoup d’occasion pour les photos mais on se rattrapera. D’ici demain on devrait être grosso modo prêt pour le départ mais je crois que la météo n’est pas encore très favorable. On attendra donc au mouillage avec un peu de jambon dans une main et de jerez dans l’autre…et ça devrait pas trop mal se passer !
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| Scènes de la vie ordinaire à Funchal | ||
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L'île de Madère n'est pas bien riche en petites criques abritées. Partout des falaises abruptes bordent le littoral, il n'y a pas de plages. Aussi le port de Funchal, la capitale, est-il l'unique point de rendez vous d'à peu près tout ce qui passe dans l'atlantique Nord en direction du sud. Or la marina ne dispose que de 15 places pour les visiteurs ; tout le monde sur ancre dans l'avant-port donc, et c'est parti pour les joies du mouillage. Il faut d'abord jeter l'ancre au bon endroit : pas trop loin de la marina car il faut aller à terre plusieurs fois par jour en dinghy. Pas trop près non plus à cause des musiciens des andes qui jouent 'el condor pasa' toute la journée aux touristes. Pas trop loin des bateaux des potes rapport au retour des apéros. Pas trop près non plus car il faut garder son intimité, malgré certaines apparences -qui en ce qui me concerne ne sont pas les cheveux longs- nous ne sommes pas une bande de babas cool vivant en communauté. Et puis, copains ou pas le vent tourne toute la journée, les bateaux avec accrochés à leur ancre, chacun ayant sa manière et son rayon d'évitement. En fait lorsqu'un nouveau arrive, c'est ho là là pourvu qu'il ne se mette pas à côté on va se le ramasser en pleine nuit, zut il se rapproche de nous , le regarde surtout pas ... tout en faisant un grand sourire au barreur. Lui pense : t'as pas envie que je me mette là mais je m'en tape parce qu'il faut bien que je me mette quelque part, avec un grand sourire aussi. Pour finir, l'ancre il ne faut pas la mettre dans les cailloux, ni sur une épave, pas trop près du quai des paquebots transatlantiques parce que çà réveille la nuit la vague d'étrave du Queen Elizabeth !! Après de savantes observations la 'pioche' est jetée dans un endroit bien meilleur que tous les autres bien sûr, et on verra bien si on se paye un autre bateau ou pas, si on dérape ou pas. En général çà se passe bien et en plus c'est gratoche. Alors peut commencer la vie à Madère. Yves le canadien solitaire veut aller jusqu'à Capetown sur son bateau de 7m, 'Petit délire'. Ce matin il a invité le petit groupe de Porto Santo à goûter son fameux 'gruillot' au petit dej' : la bouillie d'avoine au sirop d'érable qui le nourrit depuis 3 mois. Jean-Luc le belge de 'Merlin' n'a mangé jusqu'ici que de la mortadelle et des pâtes pour maintenir sa ligne et il craque : il a acheté 8 entrecôtes et demande à venir les griller à bord de Filao le bateau qui a un barbecue et quelqu'un dessus qui s'y entend en barbecues. Il en aura la larme à l'oeil. Des fois il pleut toute la journée comme dimanche dernier, et oui c'est l'automne ici aussi. Votre serviteur en a profité pour confectionner un gâteau aux châtaignes et là les annexes commencent à rappliquer autour de notre maison flottante ; gros succès le gâteau aux marrons qu'on avait ramassé en rando. Il paraît que là haut il y a aussi des cèpes que personne ne ramasse... Ah, là haut. lorsque les nuages veulent bien dégager les sommets de l'île la vue est extraordinaire. Je ne m'étendrai pas sur les randonnées (jeter le pied en avant, déroulé de la cheville, poser le talon, changement d'appui et projection en avant, on marche quoi) mais le paysage est grandiose. Avec Cécile on s'en est fait une de 2 jours avec nuit sous la tente et les doigts croisés en pensant aux 7 tonnes du bateau accrochées aux 25 kg de l'ancre. Mais bon RAS. Et puis les bananeraies, les fruits tropicaux, le climat idéal ...si je puis me permettre on commence à Madériser et comme il n'y a pas que la bouffe et la marche dans la vie on regarde les prévisions météo pour la prochaine traversée : Madère-Canaries, 285 milles, a priori du gâteau avec les vents qui poussent du nord. On vous racontera, et en route vers de nouvelles aventures !
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| Que c'est bon de retrouver l'eau... | ||
| Le mouillage est rouleur, on dort donc pas
terrible mais on est tellement content d'avoir retrouvé notre liberté
et le mouvement continu habituel du bateau...vous pouvez pas vous
imaginer le plaisir qu'on a eu à naviguer de nouveau après 1 mois de
chantier. En plus, les 40 milles qui nous séparaient de Porto Santo à
Funchal on les a fait au portant, sous 25 à 30 nœuds de vent et Filao
nous a offert en surf des pointes à 10 nœuds. C'est simple, pour la
première fois depuis bien longtemps, le pilote est resté dans sa
boite. Nous sommes arrivé hier en fin d'après midi retrouvant au mouillage tous nos amis partis il y a presque 10 jours de cela. Nous, on a encore tout à découvrir. Alors pas le temps de se lancer dans la prose, on a du retard à rattraper. A bientôt, après la visite...
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| Chantier 33°16° ou l'école de la patience | ||
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« Julien, tu crois qu'elle va arriver aujourd'hui cette foutue pièce ? » « … » « Parce que ça fait plus d’une semaine qu’on devrait l’avoir et moi je pète les plombs » « … » « Quel nul ce patron, aucune parole et incompétent avec ça, tu crois qu’il le fait exprès ? » « … » « j’aimerais tant me casser d’ici… » « Moi aussi » Pourtant, jusqu’à il y a une semaine, on ne s’ennuyait pas ici. Moi je croyais bêtement qu'un chantier naval c'était comme chez Renault minute : Tu poses ton bateau, il s'en occupe et tu repasses le chercher une fois réparé. Pas du Tout!!! Grosse erreur de la naïve française!!! Ici, c'est bien plus pédagogique : Tu poses ton bateau, tu vas fouiller dans l'atelier pour voir si il y aurait des outils qui pourraient te servir et tu te dé-mer-des!! Demandez donc à Julien comment c’est rigolo d’enlever les lingots de plomb pris dans la résine au fond du bateau alors qu’il n’y a pas un souffle d’air et qu’à l’intérieur on approche les 39°.Où quand on casse 3 fois de suite un outil à force d' essayer de dévisser ce fichu axe de dérive (avec dérive qui fait 140 kg, j'était en dessous...)qui est tout collé par du sikaflex (les bricoleurs connaîtront les merveilleuses vertus de ce produit , pour les autres c’est entre le ciment et la colle et c’est une vraie cochonnerie quasi impossible à enlever). Mais bon, pendant bien 10 jours, on avait des trucs à démonter et à remonter, de la peinture à faire, des investigations du coté du droit maritime à effectuer, mais là…on attend une fichue pièce. Oh, elle ne vient pas de bien loin, elle vient de Funchal, sur l’île d’à côté. Seulement…..seulement il y a toujours un truc pas possible qui fait que la pièce n’arrive pas jusqu’à nous. J’en suis presque à imaginer que ce soir on va nous annoncer que notre pièce à été kidnappée par les extra terrestres ou à un truc dans ce genre…soupir… Car à force de traîner par ici on a rencontré pas mal de monde. Il y a par exemple le québécois Yves qui voyage avec un petit bateau sans moteur et qui est venu des Açores avec à ses trousses Félix le cyclone. Il y a aussi Marie et Jacques qui sont partis depuis 2 ans sur leur bateau fait entièrement à Sandillon, c.a.d. à quelques 15 km de Tigy notre ancien lieu d’habitation. Il y a aussi Robert et Simone, nos voisins de chantier qui sont là depuis plus de 2 mois et qui se sont fait rentrer dedans par la copie du Santa Maria . On en rencontre des occasions d’apéros, de repas chez les uns ou chez les autres et de causeries sans fin sur ce qui nous unit tous : la grande croisière…Ce qui est sûr c’est que lorsqu’on veut aller d’un point à un autre de la marina il vaut mieux s’y prendre tôt car on croise tellement de monde et tout le monde est tellement bavard… Madère au contraire à l’air si vert …je vous raconterai. En attendant, l’heure du Ferry approche et peut être qu’avec un peu de chance la pièce tant attendue sera dedans. Suite au prochain épisode
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| Voir Porto Santo et...écoper | ||
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Nous voila depuis bientôt une semaine sur
l'archipel de Madère, plus exactement à Porto Santo, petit bout de
cailloux (10 km sur 4) jouxtant l'île principale de Madère. La
traversée : d'une facilité quasi déconcertante. C'est vrai que cette
fois ci les cartes météo on les avait bien décortiquées avant
de partir. En fait, le plus dur a été d'attendre que le vent veuille bien revenir
car pendant quelques jour nous désespérions de détecter sur les
cartes le moindre souffle de vent entre Lisbonne et Madère.
Au bout de 24 heures de route, tout était parfait : le vent qui nous propulsait régulièrement grand largue à quelques 5 nœuds, le temps, enfin chaud et sec, et le bleu profond de l'eau, couleur que je n'avais jusque là pas encore rencontrée malgré mes quelques promenades dans d'autres océans. Il y avait même des bancs de thons qui venaient à proximité de l'étrave rendant jules complètement fou !! Mais bon rien ne se passe jamais comme on le prévoit et même si la météo a tenu ses promesses c'est Filao qui a commencé à présenter quelques inquiétants signes de faiblesse. C'est donc au bout de 24 heures de voyage quasi idéal que nous nous sommes retrouvés avec une voie d'eau provenant apparemment de l'axe de dérive. J'en vois déjà certains se rejouer les scènes du Titanic : chez nous, rien de tout cela fort heureusement. Juste entre 5 et 10 litres d'eau à écoper toutes les heures, une petite occupation supplémentaire, le genre de truc qui vous laisse toujours une arrière pensée.... Et nous voilà Jules et moi transformés en Shadock de la mer pour 3 jours encore. Je peux vous dire que je n'étais pas fâchée de voir les îles se profiler à l'horizon. Aujourd'hui, Filao est au sec(et nous avec!) sur un petit chantier naval répondant au doux nom de 33° 16°. Julien devient un spécialiste en boiserie (il a tout déshabillé mon pauvre bateau!) et moi j'apprends tout sur les différents types de résine, les subtilités des soudures aluminium et surtout, sur la conception même d'un dériveur. Notre voyage est donc pour l'instant en stand by, en attendant que Filao soit réparé. Inutile de vous dire que ce petit incident technique n'était pas du tout envisagé ni par nous, ni par l'expert qui s'était chargé de donner son avis sur Filao. Pour l'instant mystère et boule de gomme sur le pourquoi, mais sherlock est sur le coup, suite au prochaine épisode. En tout cas, l'atmosphère du port a radicalement changé par rapport aux ports précédents. Ici, il ne reste que ceux qui feront la traversée de l'atlantique. Les gens sont plus ouverts et à part quelques anglais un peu hautains de l'ARC (rallye des Canaries-Antilles), l'ambiance est sympa et détendue. Pour l'instant donc, nous ne nous sommes pas trop plongés dans la découverte des îles. Un nouveau type d'aventure a commence et même si je trouve ce stage "chantier naval" très instructif, j'espère que nous pourrons reprendre rapidement notre voyage. A suivre....
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| Qu'avez-vous vu du Portugal ? | ||
| Qu'avons-nous vu du Portugal ? rien. Ou
presque. c'est vrai, depuis 15 jours Filao flotte dans une brume
persistante. Ce n'est pas qu'il y ait du brouillard tous les jours, mais
seulement les jours où l'on décide de faire de la route, PAF le brouillard
tombe. Au début on croit que le vent va le chasser et qu'au large çà
passera. Mais non, il reste là et on voit à 20m devant, 20 sur les
côtés et c'est tout. Bénis soient dans ces conditions le GPS et le
radar qui l'un nous guide juste sur l'entrée du port (oh le port !)
l'autre nous donne la route des cargos, et remplace avantageusement la
télé avec un seul programme : la côte à gauche, et des gros points
qui tournent autour d'un petit point.
Côté vie au port, il y a le choix : un ponton au fond du port de commerce avec vue imprenable sur les tankers, ou alors un ponton au fond du port de pêche et alors là, bonjour l'odeur ! au moins c'est du 100% typique portugais. En parlant de sardines... comment ne pas parler de tous ces poissons 'assados a brasa' dégustés avec un vin qui, "à défaut de finesse ne manque pas de caractère" (Le guide du routard). Une merveille. Le meilleur bacalhau à Viana do Castelo et les meilleures sardines à Peniche bien sûr. La ville où il faut aller : Porto. Et ce n'est pas que à cause des caves de porto. C'est une grande ville au charme un peu vieillot, romantique sans être trop touristique. Capitale culturelle de l'Europe cette année, nous y avons écouté un concert de Fado de la reine du genre -comme il se doit- Beatriz da Conceicao. Un tour en train à Coimbra sans ses étudiants, les rues de Peniche et de Sao Martinho do Porto, les terribles îles Berlengas et leurs geôles Salazaristes complètent le tableau. Le cabo Carvoeiro est doublé, un dernier arrêt vers Lisbonne et c'est parti pour 550 miles vers Madère. Espérons que les poissons vont se mettre à mordre à l'hameçon car jusqu'ici la pêche, c'est la misère. Par temps de brume çà ne mord pas, pas vrai ? en tout cas le premier qui mordra va se retrouver rôti aux petits oignons avec du persil dans les ouïes et arrosé de sauce au champagne : il va pas comprendre ce qui lui arrive !!!! Allez, en route pour de nouvelles aventures.
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| Lorsqu'on fête sa première année de voile | ||
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Me voilà sirotant un petit verre de douro pendant que Jules me prépare quelques « lulas » au barbecue en guise d’apéro et je me dis que cela fait un an que j’ai fait mon premier stage aux Glénan niveau 1 ( il n’existe pas de niveau zéro…) pour voir si l’idée de Jules de partir une année sur un bateau n’était pas complètement débile. Je me revois encore en fin de journée, la tête comme une pastèque avec 12 heures de navigation dans les pattes sans compter les briefing et débriefing qui n’en finissent jamais dans cette fichue association. Je me rappelle que je prenais même des notes avant d’aller me coucher tellement le vocabulaire était nouveau pour moi. Ça faisait bien rire julien. N’empêche que si je n’avais pas apprécié cette fameuse « semaine test » je ne serais pas ici. Enfin, tout ce préambule pour dire 2-3 vérité sur la voile. Tout d’abord ne jamais croire personne que soi en matière de météo. Le genre : « non mais t’inquiète pas, la dépression sur l’Espagne, c’est qu’une dépression thermique elle est toujours là y’a pas de problème. »Je peux vous dire qu’après la traversée du golfe dont vous connaissez les meilleurs moments je suis devenue une maniaque de la carte météo et de ses applications sur l’eau. Et aujourd’hui je me suis dis qu’il fallait aussi crier au monde l’ignoble escroquerie que sont les « alizés portugais ». C’est vrai, on les a eus une fois, et sinon avec jules on est devenu les spécialistes de la navigation dans le brouillard total. Et quand je dis brouillard total, je ne suis pas marseillaise : on ne voit pas a dix mètres depuis qu’on a passé la frontière (a titre anecdotique, julien a quand même réussi à me demander le plus sérieusement du monde un cap pour trouver la sortie du port de Leixoes….). Alors le premier qui ose encore me dire d’un air de connaisseur que le radar ça ne sert à rien, je lui ris au nez parce que c’est une des choses qu’on a le plus utilisé depuis el rio minho. Nos journées de navigation sur les côtes portugaises ont pris un autre rythme que celles de la galice. Pour commencer préparation de « nav » avec les Instructions Nautiques comme seule bible car une autre difficulté ici c’est de trouver des cartes de navigation : On en a 2 pour tout le Portugal au 350000ème alors pour les détails de la côte du genre cailloux on s’en passe…Ensuite il y en a un qui se met devant le radar pour éviter les gros bateaux du genre pétrolier ou vraquier (ils sont vraiment GROS qu’en on se croise dans le port je peux vous l’assurer !) et un sur le pont qui plisse ses petits yeux afin de repérer tout objet flottant laissé par un pêcheur portugais pouvant faire penser qu’il y a un casier en dessous. Mais peut être que ce petit jeu va s’arrêter dès demain car les cartes météos venues des lointaines ondes anglaises nous annoncent le retour du vent du nord ouest et qu’il risque même d’y avoir un peu d’air…juste de quoi se remettre en jambe avant notre nouvelle étape. En effet, Madère approche et même si je suis ravie de visiter le Portugal par la côte j’ai hâte d’entamer la traversée qui sera certainement beaucoup plus reposante que la précédente. En tout cas j’y veillerai ! Et puis, Madère n’évoque pour moi pour l’instant qu’une sauce accompagnant des mets lourds et délicieux que je mangeais chez Mamette ma grand-mère. Que de choses à découvrir ! … Entre la voile, les gens et les lieux, moi qui adore les nouveautés, je suis comblée !
La frontière portugaise est là, il est temps de se retourner sur cette Galice espagnole que nous laissons derrière. Un pays bien rude dans tous ses aspects : ici le natif de Roscoff ou d'Ouessant serait dans son élément. Paysages arides et grandioses, désert humain, rias escarpées et météo à l'avenant. Heureusement des abris partout qui autorisent de petites étapes de jour, et permettent de se planquer quand çà chauffe. A ce sujet les progrès en prévision météorologique de l'équipage ont été fulgurants, Cécile Gillot-Pétré n'ayant pas sa pareille pour prédire la force du vent à venir sur l'échelle géostrophique isobares - latitude. Il faut dire que ce mois d'août, mais vous en savez sûrement quelque chose pour ceux qui sont au pays, l'anticyclone des Açores se prélasse ... bien loin des Açores. Au mouillage, on abandonne la Bretagne pour retrouver l'Espagne ; premières places au hit-parade de la racion de tapas : la navaja (couteau grillé), pulpo a la gallega (poulpe), pimiento del padron (poivrons frits) et cecina (un jambon de bœuf). On débarque dans de petits ports sans trace de touristes allemands en tongs. Lors d'une excursion à St Jacques de Compostelle en bus, nous avons quand même retrouvé la fameuse chaussure du touriste-pélerin nord-européen. Sans vouloir généraliser sur les espagnols rencontrés ici, on doit admettre qu'ils aiment plus le bruit que nous. Dans TOUS les ports des pétards (la Vierge est bien fêtée ici),des processions de bateaux bondés avec fanfares intégrées et des fusées à n'importe quelle heure du jour et de la nuit. Dans TOUS les ports une sono qui diffuse de la musique qui fait passer Julio Iglesias pour du Mozart. Pour clore le tout cette bonne idée des capitaineries de ports de mettre la VHF canal 16 sur haut-parleurs pour que les bateaux puissent profiter des messages de sécurité tels "hola Manuel, no has olvidado el chorizo ? Cambio. No te preocupes macho, lo tengo. Terminado" etc... Mais nous ne fréquentons plus tellement les marinas, juste pour l'eau, le gasoil et l'abri si nécessaire ; ah j'oubliais, pour se laver aussi, et coulons de plus en plus de jours paisibles à l'ancre dans de petites baies ou de petits ports. Il faut le dire, non pas une routine mais des habitudes se sont installées : réveil à 9h, petit déjeuner pantagruélique, navigation au portant, la crème solaire dans le dos de Cécile, mouillage, débarquement en annexe pour l'apéro puis repas à terre ou barbecue sur Filao. De baignades pas encore ou très peu -l'eau est gelée- de pêche point. C'est un peu décevant mais c'est soit rien au large soit du maquereau près de la côte : donc pas de pêche. Les plaisanciers croisés sur les pontons qui remontent vers le golfe de Gascogne ont droit à toute notre commisération vue la brochette de dépressions qui passent ce mois d'août. Nous, nous avons le temps et un boulevard devant nous avec le cap Finisterre bien derrière et les alizés devant. En route pour de nouvelles aventures !
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| Le Golfe de Gascogne a tenu ses promesses | ||
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Salut ! nous voila a la Corogne en Galice ou nous nous reposons 15h par jour, nous tapons des tapas et des cervezas a profusion et nettoyons le bateau après un épisode épique dans le golfe de gascogne. Car l’étape a priori difficile du voyage a tenu toutes ses promesses. Voici le récit circonstancie d’une branlée mémorable. Nous partîmes le lundi 31 juillet au soir, gonflés a bloc, enfin débarrasses de la 205 Peugeot qui nous retenait a La Rochelle et impatients de mettre les voiles pour une traversée de 320 miles cap au SW. Le pertuis breton passe, les chalutiers finement évites au radar, une situation météo anticyclonique de NE pour 4 jour, la première nuit, la première journée sont idylliques. Petite prime, des bancs de dauphins commencent a venir jouer avec Filao. Le golfe de Gascogne est vraiment une rigolade : 123 miles en 24h. Je me risque a cuisiner –et manger- des carbonara ce que on le verra je regretterai par la suite amèrement. La nuit suivante nous amène de nouveaux fax météo qui font état d’une dépression thermique proche, certes qui était annoncée, mais qui décidément a une influence marquée et nous laisse au matin toujours avec du NE (ce qui tombe bien on va au SW) force 6 établi qui nous pousse en de longs surfs sur la grande houle du golfe qui s’est levée : c’est assez impressionnant. Ici, bien que le pilote auto n’arrive plus trop a barrer dans les surfs on se dit que si ça continue on va se retrouver a La Corogne en ½ journée. Tant mieux parce que les quarts se font plus courts et le régime alimentaire jusqu’ici assez normal commence a devenir n'importe quoi : le pétale de corn flakes mangé un par un étant à peu près tout ce qui passe encore. Lorsque la nuit tombe, un truc nuageux énorme et noir se présente devant nous. Le vent passe subitement SW et forcit a 7 : en plein dans la gueule. Fatigués par 24h de barre dans les surfs, nous prenons la fuite au NW avec 3 ris et commence une nuit ponctuée des sommeils de 2h/2h chacun. Ici j’arrive a manger une banane entière ( !!!) que malheureusement je propulserai 6 heures plus tard dans l’évier. Au petit matin nous avons perdu une trentaine de miles, mais le vent se remet au NE, toujours aussi fort. Re-surfs, mais de courte durée, car nous sommes dans la matinée cueillis par un front chaud totalement imprévu qui nous balance du Sud a 35 nœuds et nous renvoie a l’est, au fond du Golfe. C’était parti pour 24 h de force 8 au près pour ne pas perdre trop de distance, dans une mer démontée en essayant de dormir 1h et de barrer ensuite 1h : le bonheur. Petite victoire, j’arrive a me coucher avec une grosse boule de pain dans la bouche qui sera avalée et digérée ! Après le front froid la carte météo nous annonce immédiatement un front chaud qui en fin de journée me fera voir l’aiguille de l’anémomètre marquer force 9 ; celui qui barre est en gros pendu a la barre, sangle au bateau, et celui qui dort est allonge sur le mur de la cabine qui est a la gîte. Ce bon Filao monte sur les vagues, saute, puis va s’écraser en bas avant de recommencer. Puis tout a coup le vent mollit, le ciel se dégage, il tourne au NE et s’arrête. Nous avions réussi a nous maintenir a 50 miles en zigzagant dans le N de La Corogne que nous rejoignons alors tranquillement au moteur. C’est la fête, on arrive a manger 2 tranches de jambon et de la purée. L’arrivée dans la ria est superbe, dans le couchant, avec les dauphins qui nous accompagnent jusqu'à l'entrée du port. On jette l’ancre et…. par terre dodo. On est vendredi soir et ces 4 jours laisseront des souvenirs inoubliables, heureusement pas de casse ni sur nous ni sur le bateau qui a tenu comme un tank qu’il est. Pas mal de leçons a retenir, notamment sur la météo au large, mais que les ‘alizes portugais’ puis les vrais alizes vont nous paraître doux !!! Nous sommes bien content de reprendre la navigation côtière avec des petites navigations a la journée, la Galice est une région magnifique. La Corogne est en fiesta du mois d’août. Je crois que nous allons trainer dans ce coin car c’est vraiment superbe ce Finisterre espagnol. Il y a même une sierra do Courel a visiter ! Allez, en route pour de nouvelles aventures.
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