Friedrich Nietzsche, La Volonté de puissance

IV

L'idéal aristocratique

438.

Type. - La vraie bonté, la noblesse, la grandeur d'âme qui jaillissent de l'abondance: qui ne donnent point pour prendre, - qui ne veulent point se relever par le bien qu'elles font; - la prodigalité comme type de la vraie bonté, la richesse de personnalité comme condition première.

439.

La purification du goût ne peut être que la conséquence d'un renforcement du type. Notre société d'aujourd'hui ne fait que représenter la culture; l'homme cultivé fait défaut. Il nous manque le grand homme synthétique, chez qui les forces dissemblables sont assujetties sous un même joug, afin de viser à un but unique. Ce que nous possédons, c'est l'homme multiple, le chaos le plus intéressant qu'il y ait peut-être jamais eu; mais ce n'est point là le chaos qui précède la création du monde, c'est le chaos qui suit: l'homme faible et multiple. - Goethe est la plus belle expression de ce type - (il n'est nullement un Olympien !).

440.

Je voudrais que l'on commençât par s'estimer soi-même: tout le reste découle de là. Il est vrai qu'ainsi on cesse d'exister pour les autres: car c'est la dernière chose qu'ils vous pardonnent. " Comment ? Un homme qui s'estime lui-même ? "
C'est bien autre chose que le penchant aveugle à s'aimer soi-même: rien n'est plus commun dans l'amour des sexes, comme dans le double appelé " moi ", que le mépris de ce que l'on aime: le fatalisme dans l'amour...

441.

Note marginale à une niaiserie anglaise. - " Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas que l'on te fasse. " C'est cela qui passe pour être la sagesse, la raison, le fond de la morale, - pour être la " règle dorée ". John Stuart Mill y croit ! (Et quel autre parmi les Anglais n'y croirait pas ?)... Mais le précepte ne résiste pas à la moindre discussion. Le calcul: " Ne fais pas ce que tu ne veux pas que l'on te fasse ", interdit certaines actions à cause de leurs conséquences nuisibles; on est guidé par l'arrière-pensée qu'une action trouve toujours sa récompense. Que serait-ce si quelqu'un disait avec le " Principe " à la main: " C'est justement ces actions-là qu'il faut faire, pour que d'autres personnes ne nous devancent pas, - pour mettre les autres hors d'état de nous les faire ? " - Songeons, d'autre part, au Corse à qui son honneur commande la vendetta. Lui aussi ne désire par recevoir une balle de fusil, mais la perspective d'un mauvais coup, la probabilité d'une balle ne l'empêchent pas de satisfaire à son honneur... Dans toutes nos actions convenables, ne sommes-nous pas, avec intention, indifférents à ce qui peut en advenir pour nous ? Éviter une action qui puisse avoir pour nous des conséquences nuisibles, ce serait s'interdire d'une façon générale toutes les actions convenables...
Le précepte est par contre sans prix parce qu'il laisse deviner un type humain: c'est l'instinct de troupeau qui s'y formule, - on est des égaux, on se traite en égaux: ce que tu me fais je te le fais. - On croit donc véritablement à une équivalence d'actions qui évidemment ne se présente pas dans tous les rapports réels. Il est impossible que toute action puisse être rendue: entre vrais " individus " il n'y a pas d'actions similaires, il n'y a, par conséquent, pas non plus de " représailles "... Bien loin de moi l'idée de croire, lorsque je fais quelque chose, qu'un autre homme puisse faire la même chose: ce que je fais m'appartient, à moi... On ne peut rien me rendre, on commettrait toujours, à mon égard, une " autre " action.

442.

Contre John Stuart Mill. - Je déteste cette vulgarité qui dit: " Ce qui plaît aux uns convient aux autres "; " Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux pas, etc. "; qui veut fonder tous les rapports humains sur une réciprocité des services rendus, en sorte que chaque action apparaît comme une espèce de payement en retour d'un bienfait. Ici les conditions premières manquent de noblesse, dans le sens le plus strict; ici, l'on prévoit que, de moi à toi, il y a équivalence dans la valeur des actes; ici la valeur personnelle d'une action est simplement annulée (ce que rien ne peut compenser ni acquitter). - La " réciprocité " est quelque chose de profondément vulgaire; c'est justement cette circonstance qu'une chose que je fais ne peut et ne doit pas être faite par un autre, qu'il ne peut pas y avoir d'équivalence - (sauf dans la sphère choisie des " égaux ", inter pares), - que, dans un sens plus profond, on ne rend jamais rien, parce que l'on est soi-même quelque chose qui n'arrive qu'une seule fois et qui n'agit qu'une fois dans le même sens, - c'est cette conviction fondamentale qui renferme la cause de l'isolement aristocratique, loin de la foule, car la foule croit à l'" égalité ", et, par conséquent, à la compensation et à la " réciprocité ".

443.

" Suivre son sentiment ? " - On cède à un sentiment généreux, mettant sa vie en danger sous l'impulsion d'un moment; mais ceci est de peu de valeur et ne représente pas même un acte caractéristique... Dans leur capacité d'agir ainsi tous les hommes sont égaux - et quant à la décision qui est nécessaire, le criminel, le bandit et le Corse surpassent certainement un honnête homme.
Le degré supérieur serait atteint si l'on surmontait en soi-même cette poussée, pour ne point exécuter l'acte héroïque à la suite d'impulsions, - mais froidement, d'une façon raisonnable, sans qu'il y ait un débordement tempétueux de sentiments de plaisir... Il en est de même de la compassion: il faudrait habituellement la passer tout d'abord au crible de la raison; autrement elle serait aussi dangereuse que tout autre sentiment...
L'obéissance aveugle à une passion, qu'elle soit généreuse et pitoyable ou hostile, cela importe peu, c'est toujours la cause des plus grandes calamités.
La grandeur du caractère ne consiste pas à ne point avoir ces passions, - il faut au contraire les posséder au plus haut degré: mais les tenir en laisse... et, cela encore, sans que cette contrainte occasionne une joie particulière, mais simplement...

444.

Guerre à la conception efféminée de la " noblesse " ! - On ne saurait se passer d'une dose de brutalité en plus, tout aussi peu que d'un certain voisinage avec le crime. Il ne faut pas y chercher non plus le " contentement de soi "; il faut être aventureux, même vis-à-vis de soi-même, audacieux, destructeur. - Rien du bavardage onctueux des belles âmes. - Je veux faire place pour un idéal plus robuste.

445.

Je veux aussi de nouveau rendre l'ascétisme plus naturel: au lieu de l'intention de négation, l'intention de renforcement; une gymnastique de la volonté; l'introduction du jeûne et des privations quelles qu'elles soient, même sur le domaine spirituel; une casuistique de l'action par rapport à l'opinion que nous nous faisons de nos forces; l'essai d'aventures et de dangers volontaires. (Les Dîners chez Maguy ne réunissaient que des gourmets intellectuels affligés de mauvais estomacs.) - On devrait aussi inventer des examens pour la force de la parole donnée.

446.

Je ne vois pas comment quelqu'un pourrait réparer ce qu'il a perdu en ne se mettant pas à bonne école en temps voulu. Voilà un homme qui ne se connaît pas; il traverse la vie sans avoir appris à marcher; le relâchement des muscles se laisse deviner à chaque pas. Il se peut quelquefois que la vie soit assez pitoyable, pour faire rattraper à dure école le temps perdu: ce sera peut-être une longue maladie qui, pendant des années, nécessitera une extrême force de volonté, avec le contentement de joies minimes; ou bien une misère subite qui compromet, avec l'homme, la femme et les enfants, et force à une activité qui rend l'énergie aux fibres relâchées et fait regagner son opiniâtreté à la volonté de vivre... Une discipline sévère restera ce qu'il y a de plus désirable, une discipline au bon moment, c'est-à-dire l'âge où l'on est fier de voir exiger beaucoup de soi-même. Car c'est là ce qui distingue la dure école, en tant que bonne école, de toutes les autres; il faut exiger beaucoup; il faut exiger avec sévérité; la valeur, la perfection, même dans la valeur, sont exigées comme choses normales; il faut que la louange soit rare et que l'indulgence fasse défaut; il faut que le blâme soit sévère, restreint au fait, sans égard au talent, à l'origine. Une pareille école est nécessaire à tous les points de vue: pour le corps tout comme pour l'esprit; il serait néfaste de vouloir séparer ici ! La même discipline rend capable le militaire et le savant, et, si l'on y regarde de plus près, il n'existe pas de bon savant, qui n'ait en lui les instincts du bon soldat... Savoir commander, et aussi savoir obéir fièrement; être posté à sa place, dans son rang, mais capable aussi, à tout moment, de conduire; préférer le danger aux aises; ne pas peser sur une balance d'épicier ce qui est permis et ce qui est défendu; être l'ennemi de ce qui est mesquin, rusé, parasitaire, plus que de ce qui est mal... Qu'apprend-on à une dure école ? Commander et obéir.

447.

Aux hommes qui me regardent en quelque chose, je souhaite la souffrance, l'abandon, la maladie, les mauvais traitements, l'avilissement, - je souhaite que le profond mépris de soi, les tortures de la méfiance à son propre égard, les misères du vaincu ne leur demeurent point inconnus: je ne les prends pas en pitié, parce que je leur souhaite la seule chose qui puisse montrer aujourd'hui si quelqu'un a de la valeur ou non, - à savoir: de tenir bon...

448.

J'aime les malheureux qui ont honte de leur malheur, qui ne déversent pas sur la rue leurs vases pleins de misère; qui gardent au fond de leur coeur et sur la langue assez de bon goût pour se dire: " Il faut garder en honneur sa misère, il faut la cacher... "

449.

Les moyens grâce à quoi une espèce plus forte se conserve: S'arroger un droit à des actes exceptionnels; comme tentatives de victoires sur soi-même et de liberté.
Se placer dans des situations où il n'est pas permis de ne pas être barbare.
Se procurer par toute espèce d'ascétisme une prépondérance et une certitude par rapport à sa propre force de volonté.
Ne point se communiquer; le silence; se méfier de la gentillesse.
Apprendre à obéir de façon à ce que l'obéissance soit une preuve de la souveraineté de l'individu. Pousser jusqu'à sa subtilité la plus extrême la casuistique du point d'honneur.
Ne jamais conclure: " Ce qui plaît aux uns convient aux autres ", - mais le contraire !
Considérer comme prérogative le droit aux représailles, le concéder comme une distinction particulière.
Ne pas ambitionner les vertus des autres.

450.

Qu'est-ce qui est noble ? - Il faut avoir sans cesse à se représenter soi-même. Il faut chercher des situations où l'on a, sans cesse, besoin d'attitudes. Il faut laisser le bonheur au grand nombre, je veux dire le bonheur considéré comme paix de l'âme, comme vertu, confort, épicerie anglo-angélique à la Spencer. Il faut chercher instinctivement pour soi de lourdes responsabilités. Il faut chercher à se faire partout des ennemis, même de soi-même. Il faut s'opposer au grand nombre, non par des paroles, mais par des actes.

451.

Le point d'honneur: reposant sur la croyance en la " bonne société ", aux qualités essentiellement chevaleresques, à l'obligation de se présenter sans cesse soi-même. Il est nécessaire que l'on n'attache pas d'importance à sa propre vie; que l'on tienne absolument aux manières respectueuses chez tous ceux avec qui l'on est en contact (du moins chez ceux qui ne font pas partie de " nous "); que l'on ne soit ni familier, ni bonasse, ni joyeux, ni humble, autrement qu'inter pares; il faut toujours se représenter soi-même...

452.

Qu'est-ce que la chasteté chez l'homme ? Que son goût sexuel soit demeuré noble; qu'il n'aime, in eroticis, ni la brutalité, ni la mièvrerie, ni la ruse.

453.

Le belliqueux et les paisibles. - Es-tu l'homme qui porte en lui les instincts du guerrier ? Si c'est vraiment le cas, il reste encore à résoudre une seconde question: es-tu, par instinct, un guerrier qui attaque, ou bien un guerrier qui se défend ? Tout le reste de l'humanité, tout ce qui n'est pas d'instinct belliqueux, veut la paix, la concorde, la " liberté ", les " droits égaux ": - ce ne sont là que des mots et des degrés pour une seule et même chose. Il faut alors aller où l'on n'a pas besoin de se défendre, - de pareils hommes deviennent mécontents d'eux-mêmes lorsqu'ils sont forcés de se livrer à la résistance: ils veulent créer des conditions où il n'y aura plus aucune espèce de guerre. Ils préfèrent encore se soumettre, obéir, se subordonner que de faire la guerre, - c'est ce que conseille, par exemple, l'instinct chrétien. - Chez les guerriers de naissance il y a quelque chose comme de l'armement dans le caractère, dans le choix des conditions, dans la formation de toutes les qualités: I'" arme " est le mieux développée dans le premier type, la défense dans le second.
De quels secours auront besoin les désarmés et ceux qui sont sans défense, pour pouvoir continuer à subsister - pour pouvoir vaincre, eux aussi ?...

454.

Un jeune garçon brave et vigoureux aura un regard ironique si on lui demande: " Veux-tu devenir vertueux ? " - mais il ouvrira les yeux tout grands si on lui demande: " Veux-tu devenir plus fort que tes camarades ? " -

***

Comment devient-on plus fort ? - Se décider lentement et tenir avec opiniâtreté à tout ce que l'on a décidé. Tout le reste s'ensuit.
Les natures subites et les natures variables: deux catégories chez les faibles. Ne pas se confondre avec eux: sentir la distance - à temps !
Gardez-vous des gens bonasses ! Leur fréquentation affaiblit. Toute fréquentation est bonne lorsque l'on y aiguise les armes que l'on a dans les instincts. Toute ingéniosité consiste à mettre à l'épreuve sa force de volonté... Voir ce qui distingue, et non pas dans le savoir, la finesse et l'esprit...
Il faut apprendre à temps à commander, tout aussi bien qu'à obéir. Il faut apprendre l'humilité, le tact dans l'humilité: c'est-à-dire qu'il faut distinguer et vénérer là où l'on est humble: et il faut distinguer et vénérer avec confiance...

***

De quoi pâtit-on le plus douloureusement ? De son humilité; de ne pas avoir écouté ses propres besoins; de se confondre avec d'autres; de se considérer petitement; du manque de subtilité pour suivre ce que conseille l'instinct. - On pâtit de ce manque de vénération à l'égard de soi-même par toutes sortes de dommages: santé, bien-être, fierté, sérénité, liberté, fermeté, courage. Plus tard, on ne se pardonne jamais ce manque d'égoïsme véritable: on s'en sert comme d'un argument, on doute de son véritable ego...

455.

Il n'y a pas du tout d'actions " désintéressées ". Les actions, où l'individu est infidèle à ses propres instincts et choisit à son désavantage, sont des indices de décadence (un grand nombre de ceux que l'on appelle " saints ", et des plus célèbres, ont été convaincus d'être des décadents, à cause de leur manque d'" égoïsme " - ).
Les actes d'amour, d'héroïsme, sont si peu " désintéressés " qu'ils sont justement la preuve d'un " moi " très fort et très riche: les " pauvres " ne sont pas à même d'abandonner... ils sont également incapables de la grande audace et de la joie de l'aventure qui font partie de l'" héroïsme ". Ce n'est pas de " se sacrifier " qui est le but, mais de réaliser des desseins dont les conséquences ne préoccupent ni votre impétuosité, ni votre confiance, et vous sont, à cause de cela, indifférentes...

456.

Les formations typiques du moi: ou les huit questions cardinales. Savoir:
1) Si l'on veut être plus multiple ou plus simple.
2) Si l'on veut devenir plus heureux ou plus indifférent à l'égard du bonheur et du malheur.
3) Si l'on veut devenir plus satisfait de soi, ou plus exigeant et plus inexorable.
4) Si l'on veut se mettre à céder, à devenir plus humain, ou plus " inhumain ".
5) Si l'on veut devenir plus sage ou plus tranchant.
6) Si l'on veut atteindre un but ou éviter tous les buts (comme fait par exemple le philosophe qui flaire dans chaque but une frontière, une retraite, une prison, une bêtise... ).
7) Si l'on veut être estimé davantage, ou craint davantage; ou plus méprisé.
8) Si l'on veut devenir tyran, ou séducteur, ou berger ou bête de troupeau.

457.

Points de vue pour mes valeurs: si c'est l'abondance qui agit, ou le désir ?... si l'on reste spectateur, ou si l'on met la main à la pâte - si l'on regarde ailleurs, ou si l'on s'éloigne ?... si c'est la force accumulée qui agit, " spontanément ", ou seulement par réaction, pour obéir à une incitation ? si c'est simplement, par pénurie d'éléments, ou à cause de la domination accablante sur des éléments nombreux, en sorte que la force prend ceux-ci à son service lorsqu'elle en a besoin ?... si l'on est soi-même un problème ou une solution ?... si l'on est parfait dans la petitesse de la tâche, ou imparfait devant ce qu'un but a d'extraordinaire ?, si l'on est vrai, ou si l'on n'est qu'un comédien, si l'on est vrai en tant que comédien, ou si l'on n'est que l'imitation d'un comédien, si l'on est " représentant ", ou si l'on est soi-même ce qui est représenté - ? si on est une " personnalité ", ou bien seulement un rendez-vous de personnes... si l'on est malade par maladie, ou par excès de santé ? si l'on précède, comme berger ou comme " exception " (une troisième espèce serait celle du fuyard) ? si l'on a besoin de dignité, ou s'il faut se donner pour "polichinelle", si l'on cherche la résistance ou si on l'évite ? si l'on est imparfait parce que l'on est venu " trop tôt " ou " trop tard " ? si par nature on est affirmateur ou négateur, ou bien un plumage de paon fait de choses multicolores ? si l'on est assez fier pour ne pas avoir honte, même de sa vanité ? si l'on est encore capable d'un remords ( - l'espèce devient de plus en plus rare: autrefois la conscience avait trop de choses à mordre: il semble que maintenant elle n'a plus assez de dents pour cela) ? si l'on est encore capable d'un " devoir " ( - il y en a qui perdraient toute leur joie de vivre si on leur prenait leur devoir, - surtout la gent féminine, née pour servir...).

458.

Rien que des questions de force: comment faire valoir sa personnalité en opposition avec ce qui conserve la société et ses préjugés ? - jusqu'à quel point faut-il déchaîner ces qualités redoutables qui font sombrer le plus grand nombre ? - Jusqu'à quel point faut-il aller au-devant de la vérité et prendre à coeur ce qu'elle a de problématique ? Et jusqu'à quel point aller au-devant de la souffrance, du mépris de soi, de la compassion, de la maladie, du vice, avec des doutes, au sujet de la question et nous arriverons à nous en rendre maître ? ( - ce qui ne nous fait pas périr nous rend plus forts... ) - enfin jusqu'à quel point donner raison à part soi à la règle, à ce qui est commun, mesquin, probe à la nature moyenne, sans, pour cela, tomber dans la vulgarité ?... La preuve de caractère la plus forte, c'est de ne pas se laisser ruiner par les séductions du bien. Le bien considéré comme luxe, comme raffinement, comme vice...

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11/3/1996 by Serge ZAJAC - [email protected]


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