Retour � la vie Mirage
Mon regard s'�l�ve vers le ciel noir,
Vers une �toile inaccessible,
Vers un bonheur impossible,
Une soif inextinguible.

J'avance dans un d�sert
O� chaque grain de sable
Porte un nom de phobie.

Je nage dans une mer de d�sirs
Et mon but coralien est trop lointain
Et mon souffle ne me suffit pas.

Juste un regard jet�,
Juste un coeur donn�,
Juste un sourire oubli�...

J'escalade une montagne de puret�,
Je m'�l�ve jusqu'aux cimes fra�ches,
Je glisse sur la glace de ton coeur
Et m'�crase du haut de mes sentiments.

J'attends la sonnerie salvatrice
Et les diamants silencieux s'�coulent
En filets sal�s
Dans un soupir...

Les �toile brille: elles est deux.
Deux �toiles qui m'attirent...
Mais quand je baisse les paupi�res,
Un jet froid m'arrose.

Je dois reprendre la garde autour d'une forteresse
Qui n'a pas besoin de gardien
Et qui n'abaisse son pont-levis
Qu'� sa propre guise.

Un puits aux parois de plastique
D�verse son d�go�t dans ma gorge.
Ce d�go�t qui est le mien,
Celui de ma vie et de l'ennui des autres.

Et l'astre s'�loigne, se rapproche,
S'opacifie, s'illumine...
Me br�lera-t-il les ailes
Ou glacera-t-il mon coeur?

Andre� Ranine (1993)
  Dans la glace du couloir o� je me tenais, il y avait une parcelle de verdure et de quelque chose de chaud. Tout pr�occup� que j'�tais par mes propres pens�es, je ne la per�us pas tout de suite. Pourtant, elle �tait l�. Je jetai un regard discret. Quelque chose semblait l'attirer vers un point, puis un autre, comme une girouette sous un vent changeant. Et moi, j'�tais attir� par elle. Plus je la regardais, et plus je voulais voler vers elle, sans savoir ce que c'�tait. Mes yeux se port�rent dessus une deuxi�me fois. Peut-�tre �tait-ce une femme? Une v�rification s'imposait, car en ce lieu si froid, on pouvait vite attraper le mirage! Je regardai une troisi�me fois. A ce moment, elle s'en fut, attir�e qu'elle �tait par autre chose... encore une fois.

Andre� Ranine (1997)
Po�me Perdu
Sous le n�ant perc� de lumi�res,
Alors que la petite mort descend,
Dans les tunnels sombres et vides
Visit�s par les vers m�caniques grondants,
Sous le flot blanc qui �claire
Tout ce monde ind�cent,
Dans les galeries aux vitres limpides,
Aux passants esth�tes d�ambulants,
Sur les toits de la ville,
Sur les murs des cit�s.
O� que j'aille, je t'aimerai toujours.

Pissant sur les pierres ancestrales,
Sur les arbres centenaires,
Entrant dans une spirale,
Devenant milliardaire;
A l'approche du crime,
Violant le sac d'une petite vieille,
Tout cel� pour la frime,
Peut-�tre m�me pas pour l'oseille.
Quoi que je fasse, je t'aimerai toujours.

Toi, tra�n�e au regard protecteur,
Forteresse aux murailles offensives;
Je ne trouve aucun mot pour te dire
Tout ce que je ressens, toute l'ire,
Quand � l'aube froide, maladive,
Tu te plantes dans mon coeur.
Quoi que je dise, je t'aimerai toujours.

Andre� Ranine (1997)
Je suis le veuf, l'inconsol�, le prince d'Aquitaine � la tour abolie,
Le noble en haillons, l'�minence grise, le vautour;
Celui qui est aux po�mes ce que la maladie est au corps.
Je suis celui qui passe, parfois celui qui reste.
Gare � ceux qui m'approchent!
Car le soleil ne se couche jamais sur ma haine.
J'ai presque tout perdu et n'ai plus rien � gagner.
Vos sourires sont laids
Et les lais me font rire.
Que meure mon pays, je n'en ai cure.
Que meurent mes parents, je m'en fous.
Que cr�ve mon �me: elle est d�j� ici.
Les lambeaux de mes yeux, je les d�poserai � vos pieds
Lorsqu'ils seront lav�s de toute innocence:
Maintenant.

Andre� Ranine (1997)
Quand le soleil se noie
  En ce jour funeste, �clabouss� des rayons insolents de la b�te boule jaune, je me suis pench� sur ta peau de p�che. Les miroirs de ton �me m'ont mis � genoux et, malgr� tous mes efforts, je ne puis me remettre debout.Je suis le nageur �ternel; celui qui croise sur toutes les eaux. Mon crawl m'a men� vers des mers impures desquelles la brasse m'a longuement tir�. Mon coeur m'a fait chavirer. Et de temps � autre, la houle refait surface. Des vagues de bonheur inaccessible me submergent et me font miroiter monts et merveilles, d�mons et soleils. Il me regarde de son haut, de sa splendeur journali�re; Il me juge et me toise; je suis son serviteur aveugl�. Je n'aime ni ne prie: Je ne sais que souffrir.

Andre� Ranine (1997)
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