PPI Tomate


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(Lycopersicum esculentum)

 A Lubumbashi

Principales techniques culturales et exigences

 

Les ravageurs animaux et les maladies

Les insectes   Les champignons Les bactéries Les nématodes
 

Les methodes de lutte

Le tableau Matériel végétal En pépinière Au niveau du champ
 
Au niveau du champ

Jachères nues ou cultivées

q       La jachère nue permet le repos du sol et la diminution de son potentiel infectieux en nématodes ou maladie telle que l’alternariose et la bactériose qui se conservent sur les débris de culture. Pour être valable, il faut qu’elle soit vraiment libre de toute plante et demande donc un travail d’entretien. Plus longue sera la durée de la jachère et plus efficace sera son application (5 ans au moins pour un effet sensible sur Meloidogyne).

q         La jachère cultivée permet l’introduction dans la rotation de plantes pièges ou d’engrais vert qui ont un effet sur les ravageurs du sol. Par exemple, une jachère cultivée en arachide (plante piège) ou en céréales non attractives pour les nématodes à galles permet de diminuer la population de Meloidogyne dans le sol. Une jachère de 45 jours cultivée en tagètes permettrait de réduire la population des nématodes à galles (il faut 4 kg/ha de semences de tagètes pour un écartement de 25 cm entre les rangs).

Engrais vert

q       Un hybride fourrager Sorgho X Sudan Grass, en engrais vert coupé régulièrement, laissé sur place et enfoui après 4-5 mois, assainit considérablement le sol de la bactérie Ralstonia solanacearum.

q       Une culture de maïs retournée dans le sol favorise le développement de moisissures saprophytes qui vont diminuer le potentiel infectieux des maladies phytoparasites.

q       Crotalaria et Lespedeza sont deux légumineuses qui utilisées en engrais vert permettent de diminuer l’infestation par les nématodes.

Rotation des cultures

La tomate ne devrait être cultivée sur le même terrain que tous les 2 à 6 ans.

q       On évitera les précédents appartenant à la famille des solanacées (tomate, piment, poivron …) ou pouvant héberger des nématodes à galles (tomate, gombo, haricot, carotte, cucurbitacées…).

Eviter le voisinage de plantes sensibles aux mêmes ennemis

q       La culture ne doit pas être installée à proximité d’une culture de tomate afin d’éviter que des ennemis qui pourraient si trouver ne se déplacent sur la pépinière. 

q       Il faudra également à veiller à ce que la culture ne se trouve pas à proximité d’une culture portant des ennemis tels que puceron, mouche blanche, mineuse des feuilles, alternariose, mildiou, leveillula.

Submersion prolongée du terrain

q       La submersion prolongée du sol, avant la mise en place de la culture, entraîne une réduction sensible de plusieurs parasites (Meloidogyne, Ralstonia solanacearum). Elle doit être appliquée là où c’est possible (par exemple dans les rizières). C’est le cas des bas-fonds inondés naturellement pendant plusieurs mois pendant la saison des pluies.

Apport de matière organique bien décomposée

La matière organique abondant freine le développement des nématodes à galles il est donc important d’en apporter beaucoup dans le sol.

En cas de faible disponibilité de matière organique bien décomposée, il est fortement conseillé de l’appliquer en localisé plutôt qu’en plein. L’application peut se faire par exemple en bande, en sillon, ou de préférence dans des petits trous de plantation. Dans le cas d’un sol très infesté par les nématodes, il est préférable de ne pas mélanger la matière organique au sol (surtout si la quantité disponible est faible) mais de repiquer directement dans un trou de plantation contenant cette matière organique bien décomposée.

q       Du fumier bien décomposé ou du compost bien préparé peut être utilisé.

q       Les tourteaux d’oléagineux (arachide, ricin, pourghère, …) ont une bonne efficacité contre les nématodes à galles (environ 20 t/ha de préférence en application localisée en mélange avec le sol). Afin d’assurer une bonne efficacité de ces tourteaux, l’apport en eau doit être régulier et constant.

q       L’apport de 4 t/ha de fumier de poulet permettrait un effet dépressif sur les populations de nématodes.

q       Une bonne décomposition de la matière organique assure une disponibilité en éléments minéraux et maintient une équilibre microbien du sol en faveur des antagonistes naturels des maladies fongiques, bactériennes et nématodes du sol.

Texture du sol (terrains argileux , sableux)

q       Un sol très lourd (argileux) favorise un excès d’humidité provoquant le développement de maladies et réduisant la résistance des plantes. Par contre, il diminue le développement des nématodes en limitant leur déplacement. Certains sols riches en argiles de type « smectites » sont défavorables au flétrissement bactérien s’ils subissent des périodes de sécheresse.

q       Un sol sableux est par contre très favorable aux nématodes mais également au flétrissement bactérien.

q       Les sols alluvionaux sont favorables au flétrissement bactérien.

Bon drainage

q       Un bon drainage permet d’éviter un sol asphyxiant qui affaiblit la plante et la rend plus sensible aux maladies.

q       Une culture sur billon permet de diminuer l’incidence du flétrissement bactérien et des nématodes.

Plantes piège en rotation

q       Les plantes pièges seront plantées avant la culture et éliminées avec les parasites piégés. Vis-à-vis des nématodes à galles, le cycle de la culture peut être complet (arachide).

Eviter les terrains à fortes rosées et/ou mal ventilés

q       Dans les zones à forte rosée, les risques de maladies comme l’alternariose ou le mildiou sont plus importants et l’application de fongicides sera nécessaire. Il faut compenser cette situation par un écartement plus grand pour favoriser l’aération de la culture.

q       Un terrain bien ventilé permettra de sécher plus rapidement les feuille des plantes après une pluie ou un arrosage. L’alternariose et le mildiou ne trouveront pas les conditions idéales pour leur développement.

Solarisation

Les nématodes à galles, alternaria et Pseudomonas se conservent dans le sol. On peut réduire ces ennemis par la chaleur obtenue par solarisation. Les nématodes à galles sont détruits à 50 °C pendant une heure ou 44 °C pendant 4 heures.

q       La solarisation consiste en un réchauffement du sol sous des films plastiques transparents (polyéthylène de 25-30 µm) ou noirs à la chaleur du soleil. Elle est efficace contre la majorité des nématodes, champignons et bactéries pathogènes.

q       Son efficacité et sa rentabilité dépendent de nombreux facteurs tels que : l’humidité ; la durée et l’intensité de la lumière solaire ; la température de l’air ; l’épaisseur et la conductivité du film plastique ; la couleur du sol ; la préparation du sol et l’homogénéité de la surface ; le coût des films plastiques…

Brise-vent excessifs

q       Ils augmentent l’humidité ambiante et favorisent les maladies foliaires, dans le cas où leur perméabilité est inférieure à 50 %. C’est également un refuge pour certains ravageurs animaux.

q       La mouche mineuse des feuilles se développe mieux dans une atmosphère sans vent.

q       Bemisia tabaci se développe mieux dans un biotope humide et abrité.

Cultures non sensibles en association

q       L’association peut également permettre d’entraver la progression de certains ennemis (Pseudomonas, Meloidogyne) de plante à plante. Pour lutter contre la propagation de Pseudomonas, alterner des lignes de haricot ou de maïs aux lignes de tomate, permet d’éviter le contact racinaire entre plantes de tomate.

q       Des plants de tagète ou œillet d’Inde associées permettent de contrôler les nématodes à galles. Diverses espèces de tagètes (Tagetes patula, Tagetes minuta, …)  sont nématicides. Parmi ces espèces des différences d’efficacité existent entre les cultivars. En Inde il est conseillé d’intercaler une ligne de tagète tous les 2 mètres. Une association au taux de 1 plant de tagète pour 3 plants de tomate serait également efficace.

Mode de repiquage

q       La plantation se fera de préférence avec des plants en motte qui assurent une meilleure reprise et un développement plus rapide en début de culture. Ce type de plantation permet également de retarder les attaques de nématodes et de ne pas causer de blessures aux racines qui sont des portes d’entrée pour les bactéries et champignons phytopathogènes.

q       Les plants à racines nues doivent être repiqués en évitant de recourber les racines. Ceci procurera à la plante une reprise plus rapide.

Densité de plantation adaptée

q       Beaucoup de maladies foliaires sont favorisées par une ambiance humide. Dans le cas des faibles densités de plantation, la culture sera mieux aérée et donc moins sujette aux attaques de ces maladies.

q       Le gain attendu d’un plus grand nombre de plantes à l’unité de surface est le plus souvent absent à cause d’une plus grande concurrence entre les plantes pour l’espace et les éléments minéraux du sol. Le passage dans la parcelle est plus difficile. Les pratiques culturales sont plus lourdes à appliquer. Le risque de ravageurs et de leur dispersion est plus grand.

Culture sous toiture contre la pluie

q       Une culture protégée des pluies sera moins sujette aux attaques de bactéries et de certains champignons. Par contre l’absence d’eau de pluie favorisera Leveillula taurica, les mouches blanches et les pucerons.

q       Une culture protégée des pluies permettra également d’éviter les dégâts mécaniques des fortes pluies et de mieux gérer l’apport en eau.

q       Différents type d’abris peuvent être réalisés avec des matériaux locaux. L’abris le plus efficace sera constitué par un toit à simple pente en direction de la pluie et de faible largeur (3-5 m). Des abris à double pente présentant un décalage au sommet peuvent être également réalisés. L’eau qui ruisselle des toits sera récupérée par des gouttières et conduite dans une réserve destinée à l’arrosage.

Fumure équilibrée

Une fumure azotée équilibrée sans excès permet de réduire l’effet de Ralstonia solanacearum.

Propreté des outils

Les outils peuvent transporter des maladies par les restes de terre ou de débris végétaux qui y sont attachés. Les outils sont les houes, les râteaux, les plantoirs…, mais aussi les chaussures, les couteaux de tailles, les sécateurs, les brouettes... . Il faut veiller à nettoyer chaque jour le matériel de travail qui a été utilisé.

Désherbage régulier

Il est important de désherber régulièrement la parcelle entière et les bordures sur environ 20 m.

q       Il est important de supprimer et détruire dans le champ et autour du champ toutes les solanacées qui peuvent abriter des ennemis spécifiques aux solanacées.

q       L’élimination des mauvaise herbes permettra également d’éviter les sources de contamination d’ennemis très polyphage tels que la mineuse des feuilles, les pucerons…

q       Il est très important de maintenir la propreté de la parcelle jusqu’à l’arrachage complet des plants cultivés.

Tuteurage

Le tuteurage permet par exemple de mettre les fruits de tomate à l’abri de maladies fongiques qui proviennent du sol (alternaria…), il permet également une meilleure aération de la culture.

Effeuillage

q       Par cette pratique, les parties basses sont mieux aérées et les conditions sont moins propices aux maladies fongiques du feuillage. Les feuilles coupées doivent être ensuite détruites en dehors du champ.

q       L’effeuillage des vielles feuilles permet également de réduire le potentiel de réinfestation à partir des organismes nuisibles se trouvant sur celles-ci et n’est pas préjudiciable au bon développement de la plante.

Irrigation régulière

Une irrigation régulière permet à la plante de mieux se défendre face à plusieurs ravageurs.

Irrigation matinale raisonnée

On peut éviter que l’alternariose et le mildiou ne trouvent les conditions idéales pour leur développement en arrosant de façon à laisser les feuilles mouillées le moins longtemps possible. Il faut éviter l’arrosage le soir car l’absence de soleil laissera les feuilles mouillées longtemps. Quand il y a de la rosée le matin, l’arrosage se fera quelques heures après disparition de la rosée ou très tôt le matin avant la levée du soleil.

Arroser au pied des plantes

En n’arrosant au pieds des plantes on peut éviter de mouiller les feuilles et empêcher que l’alternariose et le mildiou ne trouvent les conditions idéales pour leur développement.

Pas d’irrigation saturante

Elle est toujours à éviter, car l’humidité prolongée du sol asphyxie les racines et favorise les maladies et le déplacement des nématodes à galles d’une plante à l’autre.

Forte humidité du sol

Un sol maintenu trop humide en permanence favorise le développement de plusieurs maladies (champignons et bactéries) s’attaquant aux racines.

Elimination des plantes à symptômes

Pour certaines maladies les plantes à symptômes seront éliminées dès leur apparition. Cette mesure doit être appliquée surtout en début de culture car c’est à ce moment que la dispersion a toute son importance pour les plantes voisines non encore contaminées. Les plants arrachés ne seront pas laissés dans le champ, mais évacués et détruits.

Destruction des plantes fortement attaquées

Afin d’empêcher la diffusion des ennemis dans la culture, il faudra éliminer et détruire tous les plants présentant des fortes attaques.

Elimination des parties végétales atteintes

Dans certains cas, la suppression de la plante entière ne se justifie pas car les dégâts sont faibles. Il est alors conseillé de ne supprimer que les parties atteintes qui risquent de contaminer les organes sains.

Arrachage et destruction des plantes en fin de récolte

Il est conseillé d’arracher le plus tôt possible les plants arrivés en fin de récolte (brûler, enterrer en dehors de la parcelle ou composter de manière correcte). Par exemple au cours de chaque récolte il peut être demandé aux récolteurs d’arracher les plants qui ne seront plus productifs. C’est une mesure sanitaire élémentaire, même dans le cas où les maladies sont restés absentes mais qui est malheureusement très rarement appliquée. Les plants qui ne sont pas arrachés peuvent parfois survivre longtemps même sans irrigation et continuent à abriter des ennemis qui peuvent s’y multiplier et se propager sur les cultures voisines ou successives. D’autre part, les parties mortes (y compris les racines), sont des support de germes dormants qui ne se sont peut-être pas exprimés sur la saison finie mais qui sont bien présents comme contaminants futurs.

Collecte manuelle des ravageurs

Cette pratique est rentable quand les populations d’insectes sont limitées. Cette pratique peut être régulièrement pratiquée lors des autres travaux du champs.

Traitements des organes aériens

Les insecticides et fongicides ne seront utilisés que si les méthodes de lutte précédentes ne donnent pas satisfaction ou ne sont pas applicables dans le contexte local.

Si les conditions favorables pour les maladies ne peuvent être évitées les traitements fongiques sont souvent indispensables. Les traitements fongicides débutent généralement à l’apparition des premiers symptômes de maladies : contre alternaria et phythophtora on utilise généralement mancozèbe, manèbe et/ou cuivreet on répète les traitemesnt tous les 7 à 10 jours en conditions favorables à la maladie. Il est intéressant d’ajouter au fongicide un adjuvant adhésif qui permet au produit de mieux tenir sur les feuilles en cas de pluie. Contre leveillula le souffre est efficace.

Les insecticides seront appliqués au besoin contre pucerons, vers gris et chenilles des fruits.


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