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Dans cette page: L'élargissement de l'Union européenne 1.Introduction 2.Les accords d'association 3. Les criteres d'adhésion 4. Stratégie de pré-adhésion 5. L'Agenda 2000 6. Le Conseil européen de Luxembourg |
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L'élargissement vers les pays de l'Europe centrale et orientale
(PECO), Chypre, Malte et la Turquie s'insere dans ce nouveau
contexte et il représente donc un dessein historique pour l'Union
européenne.
Il constitue également une chance. En effet, l'extension de l'Union,
au moins dans une premiere étape, a plus de 100 millions de
nouveaux citoyens, favorisera les échanges, l'activité économique
et donnera un nouvel élan au développement et a l'intégration de
l'économie européenne dans son ensemble. L'adhésion de
nouveaux États membres augmentera le poids et l'influence de
l'Union sur la scene internationale.
Dans tous les cas, la question de l'élargissement dominera la
politique européenne des prochaines années. Les pays de
l'Europe centrale et orientale, de meme que Chypre, Malte et la
Turquie, se trouvent en principe sur la meme ligne de départ en
condition d'égalité. Toutefois, les réalités économiques et
politiques de ces pays sont souvent tres différentes. Cela met
l'Union européenne devant des défis institutionnels et politiques
sans précédent.
Alors que la premiere vague d'adhésion pourrait augmenter de
plus d'un quart la population européenne pour qu'elle atteigne
pres de 500 millions, son PIB total n'augmenterait au maximum
que de 5%. Malgré les énormes efforts entrepris par ces pays,
leur intégration dans les structures et programmes existants sera
une tâche tres délicate.
La légitimité des demandes d'adhésion des PECO a été énoncée
au Conseil européen de Copenhague en 1993. Depuis lors,
l'Union européenne s'est engagée dans un des projets les plus
ambitieux de toute son histoire. En 1997, le Conseil européen
d'Amsterdam s'est prononcé pour l'ouverture des négociations
d'adhésion en 1998. Le Conseil européen de Luxembourg a
accepté la candidature de dix pays candidats. Les négociations
ont commencé en 1998 avec une premiere vague de six pays :
Chypre, l'Estonie, la Hongrie, la Pologne, la République tcheque
et la Slovénie. Cinq pays devraient suivre dans une seconde
vague : la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovaquie et la
Roumanie. Entre-temps, Malte a réactivé sa candidature
(septembre 1998) et le Conseil européen de Cardiff a relancé la
stratégie européenne de préparation a l'adhésion pour la Turquie.
En mars 1999, le Conseil européen de Berlin s'est accordé sur la
création des instruments financiers de pré-adhésion. En décembre
1999, le Conseil européen d'Helsinki a réaffirmé l'importance du
processus de l'élargissement, par rapport auquel les 13 pays
candidats (Turquie incluse) sont sur un pied d'égalité. Il a
également décidé d'organiser, en février 2000, des conférences
intergouvernementales bilatérales en vue d'entamer des
négociations avec la Roumanie, la Slovaquie, la Lettonie, la
Lituanie, la Bulgarie et Malte sur les conditions d'adhésion a
l'Union européenne, ainsi que sur les adaptations qui seront
apportées aux traités en conséquence. Le Conseil européen a
également annoncé l'adoption de mesures appropriées pour que la
Conférence intergouvernementale pour la révision des traités soit
officiellement convoquée en février 2000.
2. Les accords d'association (accords européens)
Dix des pays de l'Europe centrale et orientale (a l'exception de
l'Albanie et des États issus de l'ex-Yougoslavie, sauf la Slovénie)
entretiennent avec l'Union européenne d'importants échanges
commerciaux que la signature d'accords d'association (aussi
appelés accords européens) a fortement dynamisés.
Les accords européens constituent le cadre juridique de
l'association entre les pays candidats et l'Union européenne. Ils
traitent des relations politiques et économiques entre les
partenaires et ont comme objectif de créer un cadre approprié
pour l'intégration progressive des pays candidats dans la
Communauté. Les accords européens ont été conclus avec la
Bulgarie, la République tcheque, la Hongrie, la Pologne, la
Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l'Estonie, la Lettonie et la
Lituanie.
Ces accords, visant a établir une zone de libre-échange a
l'horizon 2002, prévoient la libéralisation des échanges de
produits industriels et la coopération économique dans un grand
nombre de domaines. Ils permettent de discuter des progres de la
préparation a l'adhésion, au niveau ministériel, au sein des
conseils d'association. Les accords d'association couvrant la
plupart des domaines liés a l'acquis communautaire, ils sont
utilisés pour aider les pays candidats a établir leur programme
national de reprise de l'acquis et a intégrer les regles juridiques
communautaires avant leur adhésion.
Depuis 1964, un accord d'association entre la Turquie et l'Union
européenne est en vigueur. La pierre angulaire de cet accord est
l'établissement en trois phases de l'union douaniere. Le passage a
la troisieme phase a été décidé en mars 1995 par le Conseil
d'association CE-Turquie.
Depuis 1973, Chypre a des relations stables avec l'Union
européenne sur base d'un accord d'association qui prévoit la
réalisation d'une union douaniere en deux étapes sur une période
de 10 ans. La phase finale de la réalisation de l'union douaniere
est entrée en vigueur le 1er janvier 1998.
L'accord d'association entre Malte et la Communauté européenne
a été signé le 5 décembre 1970 (et il est entré en vigueur le 1er
avril 1971). Cet accord prévoyait la réalisation d'une union
douaniere en deux étapes pendant une période de dix ans. La
deuxieme étape n'a jamais débuté. En fait, les différents
gouvernements qui se sont succédés au pouvoir n'ont pas voulu
donner suite a l'instauration effective d'une union douaniere.
3. Les criteres d'adhésion
- Conseil européen de Copenhague
(juin 1993)
La décision de principe concernant la perspective de
l'élargissement de l'Union aux pays associés d'Europe centrale et
orientale a été prise par le Conseil européen de Copenhague. Ce
Conseil européen a également défini les criteres auxquels les
pays candidats devront satisfaire avant leur adhésion.
Ces criteres concernent :
la présence d'institutions stables garantissant la démocratie,
la primauté du droit, les droits de l'homme, le respect des
minorités et leur protection (critere politique);
l'existence d'une économie de marché viable ainsi que la
capacité de faire face a la pression concurrentielle et aux
forces du marché a l'intérieur de l'Union européenne (critere
économique);
la capacité du pays candidat a en assumer les obligations, et
notamment de souscrire aux objectifs de l'Union politique,
économique et monétaire (critere de la reprise de l'acquis
communautaire).
4. Stratégie de pré-adhésion
- Conseil européen d'Essen
(décembre 1994)
Le Conseil européen d'Essen a entamé une stratégie de
pré-adhésion ayant pour objet de rapprocher davantage les pays
ayant signé un accord d'association avec l'Union européenne.
Cette stratégie de pré-adhésion repose sur :
les accords européens (ou accords d'association);
le livre blanc (publié en mai 1995), qui désigne les mesures
clés dans chaque secteur du marché intérieur et a défini des
priorités dans le rapprochement des législations;
le dialogue structuré sur le plan institutionnel;
le programme PHARE, désigné comme le principal
instrument financier de soutien aux stratégies de
pré-adhésion.
Également considéré comme un élément essentiel de la stratégie
de pré-adhésion, le programme de coopération transfrontaliere
encourage la coopération entre États, régions et groupes d'intéret
le long des frontieres de l'Union européenne et des pays d'Europe
centrale.
Le 16 juillet 1997, la Commission européenne a publié " Agenda
2000 ", un document en trois parties qui évoque :
l'avenir des principales politiques communautaires;
les perspectives financieres de l'Union pour les années 2000
a 2006;
l'élargissement de l'Union européenne.
En ce qui concerne l'élargissement de l'Union européenne,
l'Agenda 2000 contient les avis de la Commission sur les
demandes d'adhésion de la Bulgarie, de la République tcheque,
de l'Estonie, de la Hongrie, de la Lettonie, de la Lituanie, de la
Pologne, de la Roumanie, de la Slovaquie et de la Slovénie. Ces
avis ont été élaborés sur la base des criteres d'adhésion de
Copenhague. Une premiere vague d'élargissement comprenant
cinq pays est proposée. La Commission suggere d'ouvrir des
négociations dans un premier temps avec l'Estonie, la Hongrie, la
Pologne, la République tcheque et la Slovénie. Les négociations
avec Chypre seront ouvertes six mois apres la fin de la
Conférence intergouvernementale. La situation des autres pays
sera réexaminée chaque année.
Le critere politique: le premier critere d'adhésion, qui concerne,
entre autres, le respect de la démocratie et des droits de l'homme,
semble etre respecté dans tous les pays, a l'exception de la
Slovaquie au motif que "l'État de droit et la démocratie n'y sont
pas suffisamment enracinés" et que "la protection des minorités y
paraît insuffisante", ce qui vaut a cette derniere d'etre écartée de
la premiere vague.
Le critere économique : ce critere a été probablement le plus
déterminant. Les cinq pays retenus peuvent etre en fait considérés
comme des "économies de marché viables", la Slovaquie étant
tres proche de cet état. Toutefois, le second volet de ce critere
économique - la capacité a faire face a la pression
concurrentielle et aux forces du marché a l'intérieur de l'Union -
introduit une nouvelle sélection ou la République tcheque et la
Slovénie ont effectué le plus de progres. Quant a la Hongrie et a
la Pologne, elles paraissent intensifier leurs efforts de
restructuration alors que l'Estonie est encore légerement en retrait
de ce deuxieme groupe. La Commission observe enfin que les
quatre pays non retenus dans la premiere vague de négociation
pour des motifs économiques ont récemment accompli de grands
progres qui pourraient leur permettre de rattraper le niveau des
autres pays candidats " au cours de la prochaine décennie".
La reprise de l'acquis communautaire et son application : ce
troisieme critere introduit la distinction la plus sévere entre les
pays :
la Bulgarie et la Roumanie "ne devraient pas etre en mesure
de satisfaire aux obligations de l'acquis communautaire a
moyen terme";
les trois États baltes et la Slovénie "ne pourront etre en
mesure de reprendre l'essentiel de l'acquis a moyen terme
qu'a condition d'accomplir des efforts considérables";
la Hongrie, la Pologne, la République tcheque et la
Slovaquie "devraient etre en mesure de reprendre l'essentiel
de l'acquis communautaire a moyen terme" sous réserve de
progres dans des secteurs précis.
Chaque pays candidat se verra doter d'une fiche individuelle
("carte routiere") reprenant les avancées accomplies dans le
cadre de la reprise de cet acquis communautaire, lui-meme sujet
a évolution.
L'Agenda 2000 prévoit également le cadre financier de soutien du
processus de pré-adhésion des pays candidats. L'aide de
pré-adhésion qui sera accordée aux pays candidats d'Europe
centrale et orientale, a compter de l'an 2000, comportera trois
grands chapitres et devrait s'élever a 21 milliards d'euros pour la
période 2000-2006 :
programme PHARE : 10, 5 milliards d'écus (1,5 milliard
d'euros par an). A compter de 1997, il est axé sur les deux
priorités essentielles liées a la reprise de l'acquis
communautaire que sont la capacité institutionnelle et
administrative des pays candidats (30% du budget) et le
financement des investissements (70%) dans les domaines
ou il est indispensable d'éviter au maximum des périodes de
transition apres l'adhésion;
une aide au développement agricole de 3,5 milliards d'euros
(500 millions d'euros par an);
une aide structurelle d'un montant de 7 milliards d'euros (1
milliard d'euros par an) dont l'objectif premier est d'aider
les pays candidats a se rapprocher des normes
communautaires en matiere d'infrastructures, notamment
dans les domaines des transports et de l'environnement. Elle
permettra en outre de familiariser ces pays avec les
modalités de mise en oeuvre des actions structurelles.
9. Le Conseil européen de Luxembourg (décembre 1997)
Le Conseil de Luxembourg en décembre 1997 a entériné l'analyse
de la Commission dans le document Agenda 2000. Les
négociations débuteront avec cinq pays (l'Estonie, la Hongrie, la
Pologne, la République tcheque et la Slovénie) auxquels s'ajoute
Chypre. Avec les cinq autres pays de l'Europe centrale et
orientale, les négociations devraient commencer des qu'ils auront
accompli les progres nécessaires en s'appuyant sur les
partenariats pour l'adhésion. L'approche est double : d'une part,
les négociations seront fondées sur le principe que l'acquis sera
appliqué des l'adhésion et, d'autre part, la stratégie de
pré-adhésion renforcée encouragera tous les pays candidats a
s'aligner le plus tôt possible sur l'acquis de l'Union, dans le
meilleur des cas avant l'adhésion.
Par ailleurs, 100 millions d'euros sont prévus en faveur des cinq
candidats de la deuxieme vague (la Bulgarie, la Lettonie, la
Lituanie, la Roumanie et la Slovaquie) en vue de financer des
projets leur permettant de "rattraper le retard dans l'application
des réformes économiques".
14. Le Conseil européen de Berlin (mars 1999)
Le Conseil européen de Berlin a trouvé un accord global sur
l'Agenda 2000. En ce qui concerne l'élargissement, cet accord
porte, entre autres, sur la création de deux instruments spécifiques
de pré-adhésion: l'instrument structurel de pré-adhésion ( ISPA )
et l'instrument agricole de pré-adhésion ( SAPARD ). Le Conseil
européen a également établi le cadre financier relatif a ces
instruments et décidé le doublement de l'aide de pré-adhésion a
partir de l'an 2000. Cet accord a été concrétisé par l'adoption, en
juin 1999, des reglements établissant les deux instruments cités,
ainsi que du reglement portant sur la coordination générale de
l'aide de pré-adhésion.
Le Conseil européen de Berlin a également confirmé le
programme Phare rénové en tant qu'instrument principal
d'intervention, axé sur deux priorités essentielles liées a la
reprise de l'acquis communautaire, a savoir l' "institution
building" (c'est-a-dire le renforcement de la capacité
administrative et institutionnelle des pays candidats) et le
financement des investissements a raison de 30% et 70%
respectivement de son budget pour les pays candidats, a
l'exception des investissements financés par les instruments
structurel et agricole de pré-adhésion.