TROY
Cast: Brad Pitt, Eric Bana, Orlando Bloom, Diane Kruger, Brian Cox, Peter O'Toole, Brendan Gleeson, Sean Bean, Rose Byrne
Année: 2004
Studio: Warner Bros.
Longueur: 162 minutes
Classé 13 ans+

Troy (Troie en v.f.) figure parmi les productions les plus attendues de 2004, ne serait-ce que pour son ambition: rendre une vision moderne de l'oeuvre de Homère, et ce en faisant ommission des Dieux Grecs. Le scénario de David Benioff (25th Hour) choisit de mêler le héros Achilles (incarné par un Brad Pitt bronzé et musclé à souhait) au conte du cheval de Troie. Ainsi, dans Troy, la reine de Sparte, Hélène (Diane Kruger), abandonne son roi, Melenaus (Brendan Gleeson), pour le prince Paris (Orlando Bloom), de Troie. En furie, Melenaus fait appel à son frère Agamemnon (Brian Cox), qui y voit l'opportunité d'asservir sa soif de guerre, et d'étendre l'empire grec. Il décide, avec 40 000 soldats (dont le rebel Achilles) d'attaquer Troie, qui compte sur une bien mince protection, assurée en bonne partie par le prince Hector (Eric Bana), frère de Paris.

La confrontation entre les deux armées se serait sans aucun doute avérée plus impressionnante si elle ne nous avait pas été présentée moins de 6 mois après The Lord of the Rings: The Return of the King. En fait, il se fait bien difficile de ne pas comparer les scènes d'action en regardant Troy aux batailles du Gouffre de Helm dans The Two Towers et des Champs du Pelennor dans The Return of the King. Et, à peu près à tout point de vue, les accomplissements de Peter Jackson écrasent ceux du réalisateur Wolfgang Petersen. Pour être juste, il faut reconnaître qu'à peu près n'importe quelle oeuvre, peu importe sa qualité, s'avère pâle en comparaison avec The Lord of the Rings. Cela étant dit, Troy est dans les faits une épique commandant respect et méritant intérêt. Si Petersen n'a pas tout à fait le génie visionnaire de Jackson, il demeure néanmoins en parfait contrôle d'un projet énorme aux nombreux personnages et innombrables attentions techniques. Maintenir un film captivant pour la majorité de sa longue durée de près de trois heures lorsque la majorité de l'audience sait comment il va se terminer peut déjà être vu comme un exploit.

Le large cast est rempli de visages connus, ou de visages qui le seront bientôt. Brad Pitt, qui aurait pu participé uniquement pour regagner le titre du "Sexiest Man Alive", constitue un choix judicieux pour camper Achilles, plus fort et plus craint que tous, et pourtant possédant une certaine éthique dissimulée derrière son égoïsme et sa recherche de gloire. Même si Pitt se trouve loin d'être à son meilleur - c'est son premier film majeur depuis Ocean's Eleven, il est néanmoins agréable à voir jouer. Le tandem d'Eric Bana et d'Orlando Bloom a tout de fois le dessus. L'Australien et l'Anglais avaient déjà brièvement partagé la vedette dans Black Hawk Down il y a trois ans alors qu'ils étaient tous deux de parfaits inconnus, et il est extrêmement intéressant de les voir réunis à nouveau pour camper brillamment deux personnages complexes. L'émotion du film se puise vraiment chez eux - la relation entre un grand frère responsable devant, à la fois avec honneur et résignation, défendre son petit frère insouciant qu'il aime. Bloom a d'ailleurs un moment honnête et touchant lorsque Paris, se trouvant au sol sur le point de mourir au combat, s'accroche à la jambe d'Hector. Le moment a plus de valeur que les centaines de soldats les entourant ajoutés par ordinateur.

Malheureusement, le film passe trop de temps à développer une autre relation - celle là amoureuse entre Achilles et une esclave nommée Bresis (Rose Byrne) - qui ne prend jamais vraiment son envol et qui a davantage l'air d'avoir été collée de force au récit. De plus, on donne à Peter O'Toole un personnage assez stupide en le roi Priam. À deux reprises, chacun de ses fils, Hector et Paris, lui donnent un conseil qui aurait pu sauver Troie; les deux fois, le père leur tourne le dos, et toute sa cité en écope par la suite. On comprend alors mal la réplique d'Achilles à ce dernier lorsqu'il lui dit: "Vous êtes un meilleur roi que celui pour lequel je me bas". Malgré tout, tant que les trois têtes d'affiche - Pitt, Bana et Bloom - se font donner la place qui leur revient, Troy navigue en eau généralement sûre. Si je crois toujours qu'inclure les Dieux aurait constitué une plus sage et plus intriguante décision, je respecte grandement la volonté de Warner Bros. d'avoir injecté autant d'argent dans un projet majeur pour une fois intelligent visant un peu plus loin que les stupidités habituelles de l'été. Ce n'est ni The Lord of the Rings, ni Gladiator, mais Troy demeure une claire réussite à grande échelle. --RJ

 

Cote: B+

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