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| 25TH HOUR |
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| Cast: Edward Norton, Philip Seymour Hoffman, Barry Pepper, Rosario Dawson, Anna Paquin, Brian Cox |
| Année:
2002 |
| Studio: Touchstone |
| Longueur: 119 minutes |
| Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants |
25th Hour (La 25ème Heure en v.f.) a reçu une bonne partie de sa publicité comme étant le premier film incorporant la réalité des attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York. Cela surprend guère, lorsque l'on prend en considération qu'au contrôle du film se trouve Spike Lee, un réalisateur afro-américain qui a bâti sa réputation comme un artiste dénonçant les problèmes sociaux que nombreux essayent d'éviter.
Le plus grand mérite revenant à Lee n'est pas le fait en tant que tel d'oser parler du 11 septembre au même moment où d'autres productions majeures font des pieds et des mains pour éviter que l'on voit - ou même que l'on pense - au World Trade Center (Spider-Man et Serendipity, par exemple). L'accomplissement du cinéaste réside dans le fait qu'il parvient en fait à servir le propos de son film en y faisant référence. Comment? L'action se déroulant à New York (et ce autant dans le scénario que dans le livre sur lequel il s'inspire, tous deux écrits par David Benioff) suit la dernière journée de liberté de Monty Brogan, un vendeur d'héroïne condamné à sept ans de prison. La vie de Monty, tout comme la grosse pomme, vit une période de crise, où elle doit apprendre à faire son deuil et à passer à une étape plus dure. Le protagoniste tente de profiter de ses 24 dernières heures pour dire adieu à ses proches: son père James (Brian Cox), ses amis d'enfance Jake (Philip Seymour Hoffman) et Frank (Barry Pepper) et sa copine Naturelle (Rosario Dawson), qu'il suspecte de l'avoir vendu à la police. Monty doit donc apprendre à quitter pour longtemps non seulement ceux qui l'aiment, mais également la ville dans laquelle il a grandi.
À cet égard, une séquence de 25th Hour en a marqué plusieurs comme un nouveau mini-moment classique du cinéma contemporain. Se trouvant seul dans la salle de bain d'un restaurant, Monty, seul face à un miroir, commence à injurier tous les groupes raciaux et sociaux de New York. Spike Lee accompagne les paroles par un montage esthétique de tout ce qui constitue cette mégalopole: les Koréens du marché du coin, les brokers de Wall Street, les latinos de Bensonhurst, les noirs d'Uptown, etc. Après avoir verbalement "emmerdé" tout ce monde, Monty s'arrête une seconde, puis se regarde, avant de s'inclure à la liste. Le monologue s'avère à la fois brillant par son écriture, sa représentation visuelle, sa narration, et surtout par son importance. Lee y refait judicieusement référence à la fin avec un impact surprenant.
Deux thèmes principaux du film ressortent dans ces quatre brillantes minutes: la responsabilité que l'on doit chacun prendre, et la notion de ce que représente le fait d'être Américain, ou plus particulièrement New Yorkais. Monty a beau blâmer le monde entier autour de lui, il demeure en bout de ligne celui qui décide de ses actions. Il doit les assumer. Ce ne sont pas des années de bonheur qui l'attendent, mais il les méritent. Et tout cet entourage dont il se plaint constitue simultanément, à un égard, tout ce qu'il y a de beau en Amérique. 25th Hour met sur scène un héros aux décisions morales pour le moins douteuses, et qui mérite autant notre affection que notre désaprobation. Cela est merveilleusement traduit dans la performance d'Edward Norton, sa meilleure depuis Fight Club. Il joue avec la même intensité et le même charisme qui l'a caractérisé avant le tournant du siècle.
Si Norton transporte le film, il n'est pas seul. Les acteurs l'épaulant forment ensemble une distribution de soutien remarquable. Si Rosario Dawson et Brian Cox ajoutent une profondeur inespérée et surprenante à leur rôle, Barry Pepper retient quant à lui carrément toute l'attention. Dès sa première apparition - une scène remarquable où il joue les jeunes Gordon Gekko - il s'empare de son rôle et le pousse jusqu'au maximum avec un charisme exceptionnel. En un sens, malgré sa dureté, Frank s'avère être le personnage le plus honnête du film. Et Pepper emmène toute cette complexité et cette franchise sans honte d'un homme en voulant à son meilleur ami pour ce qu'il a fait et s'en voulant simultanément à lui-même pour ne pas être intervenu avant. Ceux voyant le film dans sa version originale anglaise pourront apprécier que Pepper, un acteur canadien, maîtrise à perfection l'accent de Brooklyn. La force de sa performance se combine à celle de Norton, et leurs deux longues scènes ensemble constituent de la pure dynamite. La première dans un club de nuit, la seconde le lendemain matin où Monty demande à Frank de lui "rendre un service".
Au fur et à mesure que l'on se rapproche de cette fameuse 25ème heure, on sent l'existence de Monty se refermer petit à petit sur lui. Puis, dans une séquence finale des plus puissantes émotivement, le film nous arrache littéralement le coeur en nous montrant vraiment à quel point nos choix sont importants. 25th Hour fait mal comme aucun film depuis Requiem For A Dream; on en sort dérangé, mais pour toutes les bonnes raisons. --RJ
Cote: A
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