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| TEARS OF THE SUN |
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| Cast: Bruce Willis, Monica Belluci, Cole Hauser, Paul Francis, Johnny Messner, Malick Bowens, Tom Skerritt |
| Année:
2003 |
| Studio: Columbia |
| Longueur: 121 minutes |
| Classé 13 ans+ - Violence |
Quelque part entre Platoon, Three Kings et Black Hawk Down se trouve Tears of the Sun (Les Larmes du Soleil en v.f.). Portant sur une intervention américaine au Nigéria (menée par Bruce Willis) qui passe du secours d'une infirmière (Monica Belluci) à celui d'une trentaine de civils africains, le film, en dépit d'essayer, n'arrive pas près de ces autres productions.
Tears of the Sun a été réalisé par Antoine Fuqua, le jeune réalisateur afro-américain qui a fait l'excellent Training Day en 2001 (qui a valu un Oscar bien mérité à Denzel Washington). Fuqua, après passé un bref séjour dans la médiocrité au début de sa carrière (avec The Replacement Killers et Bait) a littéralement subi une éclosion avec Training Day, qui a révélé son talent indéniable pour construire habilement et distinctivement un film policier. Il applique un style par moments semblables dans Tears of the Sun, mais cela ne mène pas vraiment à quelque chose de spécial.
On se doit de mentionner que le cinéaste n'avait pas un matériel très riche à se mettre sous la dent en premier lieu. Le scénario, écrit par Alex Lasker et Patrick Cirillo, met une situation simple en place et semble croire que c'est suffisant pour durer deux heures, sans rien ajouter. Aucun personnage n'est vraiment développé, pas même le héro, tout de même joué avec un charisme et une fougue irréprochables par Willis. Les relations humaines le sont presque encore moins. Que doit-on retirer au juste du lien entre Willis et Belluci? Entre les soldats et les civils? Qu'ils ont appris à les voir comme des êtres humains et qu'ils ont réalisé l'importance de les sauver? Three Kings explorait une piste semblable, et le faisait avec infiniment plus de profondeur et d'émotion. L'arc que suivait le personnage de Mark Wahlberg dans ce film était à la fois renversant, touchant et extrêmement moral, passant du jeune soldat occidental insoucient et gâté venu uniquement pour voler de l'or passant à un homme déchiré et déterminé à aider les pauvres gens autour de lui.
Il n'y a rien de tel dans Tears of the Sun. On pourrait toujours énoncer que le personnage de Willis évolue - et c'est en partie vrai - mais on n'a si peu pour nous rattacher à lui que ça ne nous affecte pas vraiment. Le mérite revient alors à l'acteur pour nous garder accroché à son visage et au réalisateur pour ne pas perdre son audience en plein milieu. Plusieurs séquences s'avèrent en effet très bien faites. Une, survenant relativement tôt dans le film, retient mon attention: la nuit, les fugitifs doivent garder un silence absolu alors que des guerillos rôdent tout juste à leurs côtés. La scène est brillamment tournée et montée de façon à garder le niveau de suspense élevé et à nous faire sentir à chaque instant le danger imminent.
À défaut de nous faire pleurer pour les protagonistes principaux à l'écran, Fuqua réussit à toucher une corde sensible avec facilité en nous montrant de façon parfois crue et toujours intense quelques unes des brutalités et des horreurs commises dans ces endroits. Il insère à plusieurs endroits dans son récit des images dures à regarder par leur réalisme - d'autant plus lorsque l'on imagine que ça ne représente qu'une portion insignifiante de tout ce qui peut se dérouler là-bas. Tears of the Sun résonne donc indéniablement avec nous au niveau humain en nous faisant regarder au-delà de cette fiction, de ce divertissement, ce qui est probablement une bonne chose, puisqu'il n'y a pas grand chose auquel se connecter à ce niveau-là. --RJ
Cote: B
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