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| SIGNS |
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| Cast: Mel Gibson, Joaquin Phoenix, Rory Culkin, Abigail Breslin, Cherry Jones |
| Année:
2002 |
| Studio: Touchstone |
| Longueur: 106 minutes |
| Classé Général |
Le jeune auteur-réalisateur prodige M. Night Shyamalan parvient à concocter succès après succès en utilisant la même recette, sans que les gens ne s'en aperçoivent vraiment. Il nous raconte des histoires profondément humaines sous le couvert de contes d'épouvante. The Sixth Sense, Unbreakable, et maintenant Signs (Signes en v.f.) ont tous en commun l'utilisation du surnaturel appliqué dans la vie de gens ordinaires dont le récit est à la fois très personnel et universel. Une autre touche personnelle de Shyamalan réside dans son don pour la suggestion, et la peur qu'elle entraîne chez l'audience. Shyamalan, contrairement à tant (trop) de réalisateurs de nos jours, favorise toujours l'anticipation, ce qui est diablement plus terrifiant que de voir des cadavres ensanglantés. Et ses méthodes font mouche du début à la fin de Signs.
Shyamalan change toutefois un peu d'horizon ici, passant du monde des morts et des dons extraordinaires à celui des extra-terrestres. La famille Hess habite sur une ferme de Pennslyvannie et tente de surmonter le deuil de la mort de la mère. Graham (Mel Gibson) a abandonné sa vie de pasteur après la tragédie, et élève ses enfants, Morgan et Bo (Rory Culkin et Abigail Breslin) de façon plutôt cloîtrée, avec l'aide de son frère Merril (Joaquin Phoenix). La situation familiale ne se voit pas aidée par l'apparition d'étranges et énormes aroglyphes dans leurs champs. Ne sachant trop que penser sur le coup, ils en viennent à constater l'ampleur de la situation, qui pourrait fort possiblement être dûe à la venue menaçante de visiteurs d'ailleurs...
Et, à partir de ce simple synopsis, Shyamalan va puiser dans tout ce qu'il y a d'exploitable, et construit une oeuvre complète. Si The Sixth Sense et Unbreakable (spécialement le premier) étaient des films spéciaux, ils n'atteignaient pas le niveau de maturité dont Signs fait preuve. La magie de Signs se trouve dans la façon dont Shyamalan se sert des petites choses pour provoquer de gros moments. Il confirme ici son talent audio-visuel remarquable, en se servant toujours du son et de l'image pour accentuer les actions, les situations et les émotions. Il emploie pour la grande majorité des scènes de longs plans minutieusement conçus qui, sans montage, nous accrochent et nous hypnotisent en quelque sorte. Peut-être encore plus impressionnant est la trame sonore du film. Mise à part la musique tout simplement magistrale de James Newton Howard, le son nous envoûte littéralement. Shyamalan nous fait tendre l'oreille dans des moments de silence absolu, et nous fait nous interroger lorsque se font entendre certains effets sonores subtils.
Mais ce qui rend Signs si divertissant n'est pas seulement la technique audacieuse et astucieuse de Shyamalan pour nous faire peur, mais plutôt tout autant la gamme d'émotions par laquelle il nous fait passer, et ce toujours avec succès. Si The Sixth Sense et Unbreakable se faisaient pratiquement dénués d'humour, Signs, sans constituer une comédie, lance plusieurs blagues de bonne nature, et chacune est à la fois judicieusement placée et fort amusante. Le meilleur exemple de bon "timing" comique survient sans doute lorsque l'on aperçoit Graham retourner chez lui après un épisode plutôt terrifiant pour trouver son fils, sa fille et son frère... je ne brûlerai pas la mèche. Et dans tout ce plaisir, Shyamalan ne perd jamais de vue le côté humain de ce qu'il décrit. Ses personnages nous sont vite sympathiques et attachants, car on peut s'identifier à ce qu'ils vivent. Mel Gibson, un acteur vétéran toujours fiable même si l'on a parfois tendance à l'oublier, transporte le film sur ses épaules comme une vraie star sait le faire. À ses côtés, Joaquin Phoenix, que l'on n'avait pas vu depuis son trio mémorable de brillantes performances dans Gladiator, Quills et The Yards en 2000, apporte un soutien solide. La petite Abigail Breslin est tout simplement à croquer, alors que Rory Culkin (le petit frère de Macauley), qui jouait le fils dans You Can Count on Me, nous donne raison d'espérer à un successeur à Haley Joel Osment dans le domaine des enfants doués pour le métier de comédien. Le quatuor qui forme cette famille excelle, et nous fait sentir tous les sentiments ressentis. Il y a une scène, vers la fin, où la famille partage un "dernier repas", puis une autre où Graham décrit à ses deux enfants leur naissance; rares ont été les moments plus émouvants que ces derniers au cinéma en 2002.
Signs est le produit d'un vrai cinéaste authentique, parvenant à construire des histoires en chair et en os nous faisant rire, frémir et pleurer. --RJ
Cote: A
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