THE YARDS
Cast: Mark Wahlberg, Joaquin Phoenix, Charlize Theron, James Caan, Ellen Burstyn, Faye Dunaway
Année: 2000
Studio: Miramax
Longueur: 115 minutes
Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants

#10 - Top 10 de 2000

Certains films se servent d'un médium divers pour faire passer leur message. Par exemple, American History X utilisait le racisme pour démontrer que la haine ne menait à rien, alors que He Got Game en faisait autant avec le basketball afin de prouver l'importance de la famille. D'autres utilisent une histoire de "couverture" pour en raconter une deuxième plus profonde et plus importante. The Yards (Trahison en v.f.) fait partie de la seconde catégorie. Et au sommet de cette dernière. Le film de James Gray nous plonge dans un quartier modeste de New York où Leo Handler (Mark Wahlberg) revient tout juste chez lui après quatre ans en prison pour vol de voiture. Dès le lendemain de son de retour, après avoir été fêté par son meilleur ami Willie (Joaquin Phoenix) et la petite-amie de ce dernier, Erica (Charlize Theron), qui s'avère également à être la cousine de Leo, il tente de trouver du boulot chez son oncle Frank (James Caan) où travaille déjà Willie. Et Leo n'a pas même une journée d'expérience lorsqu'il réalise que Willie et Frank s'occupent d'une organisation clandestine des métros de la ville, et le soir même survient le pire lorsqu'un garde est tué et un policier blessé, et le tout tombe sur le dos du pauvre Leo. Ce dernier se retrouve donc vite en cavale et confronté à tout un dilemme: protéger ses proches tout en devant disparaître de la carte ou s'assurer de survivre en faisant emprisonner ceux qu'il aime.

The Yards fonctionne déjà fort bien comme dame policier, mais le film constitue beaucoup plus qu'un simple thriller; c'est davantage une tragédie familiale. Et diablement réussite. La base de l'histoire n'a en apparence rien de bien nouveau: un homme innocent tentant de se sortir de l'eau chaude. Mais ce même script est bien plus nuancé que cela, bien plus profond. Et Gray sait parfaitement comment le communiquer à l'écran, bénéficiant de l'une des meilleurs distributions d'acteurs de l'année.

Mark Wahlberg, si charismatique dans Three Kings et The Perfect Storm dans la dernière année, ne se contente pas de jouer le héros-prototype. Leo n'est pas un génie du mal, ou un homme de mauvaise volonté, mais plutôt un pauvre gars qui sait lui-même qu'il n'a pas satisfait aux attentes de sa mère (Ellen Burstyn, dans l'un des meilleurs rôles de sa brillante carrière). Les scènes impliquant ces deux personnages se font d'ailleurs émouvantes. Le bon vieux James Caan montre encore une fois comment son métier lui semble facile, ne faisant pas de Frank un homme foncièrement méchant. Oui, il est corrompu, mais il n'a pas inventé cette corruption, et elle constitue la seule façon de rester au sommet dans le bussiness dont il fait partie. Et le fait de devoir éliminer son propre neveu n'a rien d'évident pour lui, ce n'est pas comme se débarasser d'un simple voilloux minable. Charlize Theron, possédant le personnage féminin le plus important du récit, sort finalement de sa coquille pour afficher le véritable talent d'actrice qui dort en elle.

Mais je dois, une fois de plus, lever encore plus particulièrement mon chapeau à Joaquin Phoenix, sans aucun doute l'acteur le plus versatile de l'année, et l'un des plus beaux talents futurs de Hollywood. Phoenix ne constitue plus seulement un "espoir" comme il y a deux ans; il possède véritablement le talent d'un grand acteur, et il l'expose pour la troisième fois de l'année, après ses prestations tout aussi irréprochables dans Gladiator et Quills. Son Willie est probablement le personnage que j'ai le plus adoré parce qu'il est le plus nuancé et le mieux incarné. Tout comme Frank, Willie ne veut pas tuer son ami, mais il se trouve à une étape ou il est question de sa propre survie. Et lorsque les choses tournent mal et que la panique et les larmes envahissent son visage, on comprend au moins deux choses: à quel point il n'a jamais rien eu de sa vie et ferait n'importe quoi pour conserver ce qu'il a si dûrement acquis, et surtout comment Joaquin Phoenix a une carrière brillante devant lui s'il continue sur la même lancée.

The Yards ne peut pas se comparer à The Godfather ou Goodfellas en tant que chef d'oeuvre cinématographique portant sur les grosses familles criminelles démentelées, mais comme saga familiale réelle, riche et touchante, ça demeure un film de la plus grande qualité même si l'on ne s'en aperçoit pas nécessairement sur le coup tellement les deux heures coulent facilement. --RJ

 

Cote: A-

Retour

 

Hosted by www.Geocities.ws

1