THE SALTON SEA
Cast: Val Kilmer, Doug Hutchison, Vincent D'Onofrio, Peter Sarsgaard, Deborah Kara Unger, Luis Guzman
Année: 2002
Studio: Warner Bros.
Longueur: 103 minutes
Classé 13 ans+

Après des années passées tête plongée dans la médiocrité, The Salton Sea (La Mer de Salton en v.f.) offre enfin à Val Kilmer une sorte d'opportunité de se repentir en livrant finalement une performance à la hauteur de son talent. Dans un rôle rappelant celui de Guy Pearce dans Memento, il incarne un homme à l'identité inconnue engagée dans une vendetta après avoir été témoin du meurtre de sa femme. Le scénario le plonge dans l'univers sous-terrain de la culture de la drogue où il croit pouvoir trouver réponse à ses questions et redonner un sens à son existence.

The Salton Sea fonctionne bien pour maintes raisons. Au coeur d'entre elles est Kilmer, dont l'égo semble avoir diminué, et qui peut ainsi laisser cours à son personnage, en l'habitant complètement. C'est une performance parfaitement bien calibrée, qui respire l'expérience et la confiance d'un acteur; rien n'est forcé dans son jeu, et il parvient à rendre sympathique un personnage dont on sait à la base que très peu de choses. Aux côtés de Kilmer, le réalisateur D.J. Caruso a bâti une solide distribution de soutien, dont ressort Vincent D'Onofrio dans le rôle d'un dealer tellement défoncé qu'il recrée l'assassination de John F. Kennedy avec des pigeons et des autos téléguidées dans sa cour. Peter Sarsgaard, un acteur dont la cote ne cesse de monter depuis qu'il aie été découvert en 1999 dans Boys Don't Cry, ajoute un côté émotif bienvenu au film, alors que Doug Hutchison (The Green Mile) et Anthony LaPaglia (Lantana) forment un duo aussi corrompu que répugnant de policiers.

Si les performances soutiennent le propos de The Salton Sea, le film peut compter sur d'autres virtues. Le jeune réalisateur Caruso et son directeur de la photographie fort talentueux Amir Mokri (Don't Say A Word) donnent un style distinct et vrai aux images, sans en faire un spectacle distrayant. Comme Darren Aronosfky et Matthew Libatique l'avaient fait dans Requiem For A Dream, Caruso et Mokri donnent une représentation très atmosphérique et saisissante de cet univers sombre et tordu comportant une certaine dose d'érotisme et d'attirance. Si l'atmosphère de The Salton Sea frappe tant, c'est que les cinéastes derrière cette production comprennent clairement comment tourner un film noir en 2002. Le scénario de Tony Gayton pousse peut-être par moments les limites de la crédibilité (dont à la fin), mais il a le courage d'essayer de faire renaître un genre que l'on voit peu de nos jours.

À la base, The Salton Sea suit plusieurs trames sans vraiment nous parler ou nous instruire sur grand chose. Le film ne peut avoir la puissance de Requiem For A Dream ou l'impact de Memento, mais pour ce qu'il cherche à accomplir, sa réussite s'avère difficilement contestable. The Salton Sea constitue un petite production d'un studio majeur; c'est à souhaiter que ce dernier sache lui donner la publicité qu'il peut se permettre - et que le film mérite. --RJ

 

Cote: B+

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