DON'T SAY A WORD
Cast: Michael Douglas, Brittany Murphy, Sean Bean, Famke Janssen, Jennifer Esposito, Guy Torry, Oliver Platt
Année: 2001
Studio: 20th Century Fox
Longueur: 110 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

Les duels psychologiques au cinéma figurent sans le moindre dout parmi la liste des éléments les plus captivant du septième art. Je ne m'attendais pas de Don't Say A Word (Ne Dites Rien en v.f.) à une confrontation de la trempe Clarice Starling/Hannibal Lecter, mais certainement à plus que ce que les personnages de Michael Douglas et Brittany Murphy ont à nous offrir. Douglas a ici le rôle héroïque du docteur Nathan Conrad, un psychiatre qui se voit forcé d'aller interroger une patiente (Murphy) par des criminels ayant kidnappé sa petite fille. Ils veulent une combinaison de six chiffres que seule cette jeune femme tourmentée connait, et ils sont prêts à tuer pour. Nathan dispose de moins d'une journée pour la faire parler, et récupérer son enfant chéri.

Si je parlais de duel psychologique, c'est parce que c'est ce que la promotion de Don't Say A Word fait. Et, comme trop d'autres éléments dans le film, il ne s'avère pas du tout assez crédible. On nous présente une personne aux multiples blessures, autant physiques que psychologiques que morales, qui se montre de glace face à son entourage entier, n'ouvrant pas la bouche et ne bougeant pas. On apprend qu'elle a même assassiné un garde de son ancien asile! Entre Super Nathan et voilà qu'en moins de deux heures elle est changée radicalement, suit l'homme comme un père et demeure docile comme un chien bien dressé. Désolé, mais ça ne passe simplement pas. Personne n'a besoin d'un doctorat en psychologie pour savoir que l'esprit humain ne fonctionne pas ainsi. Le personnage de Murphy ne possède qu'une seule couche, et dès qu'elle se voit enlever (et ce, bien trop vite), c'est non seulement sa complexité qui s'envole, mais également sa crédibilité.

La même chose peut être dite de Don't Say A Word en général aussi. Il se dresse devant nous un bon suspense dirigé par une excellente réalisation de Gary Fedler, mais de lourdes faiblesses de vraisemblance viennent nous empêcher de pleinement profiter du divertissement. Fedler mène avec expertise plusieurs scènes-clées: la première rencontre entre Douglas et Murphy, l'attaque d'un des voyous de la femme de Nathan (Famke Janssen), et même la toute dernière qu'il réussit à rendre pratiquement touchante même si en réalité elle ne fait aucun sens. Mais bien trop de bourdes empêchent ce thriller de se hisser en-haut de la moyenne. À chaque fois qu'apparaît à l'écran la détective jouée par Jennifer Esposito, on anticipe de longues minutes pénibles d'une actrice actant avec un tel désespoir qu'elle en fait pratiquement pitié (si ce n'était pas de l'aggressivité excessive dont elle fait preuve dans son "over-acting"). Puis Super Nathan intervient à nouveau dans un combat final où fait preuve d'habiletés de combat inespérées. Et je n'avais pas vu depuis un bon bout de temps un tel abus de flashbacks, spécialement quand la majorité sont inutiles au développement de l'histoire.

Laissez votre jugement à l'entrée, et Don't Say A Word vous plaira car, malgré ses défauts, c'est un suspense toujours intéressant, intense et nous faisant bondir à quelques reprises. Douglas ne va pas puiser dans ses plus grandes capacités, mais il offre néanmoins une performance solide, comme le reste de la distribution. Brittany Murphy, le clône de Calista Flockhart d'Ally McBeal démontre ici un potentiel certain, qui n'attend qu'à être mis à profit davantage. Mais avec le matériel qu'offrait à la base Don't Say A Word, Fedler, Douglas et cie s'en sauvent avec un produit final un peu plus que passable. --RJ

 

Cote: B-

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