THE MISSING
Cast: Cate Blanchett, Tommy Lee Jones, Evan Rachel Wood, Aaron Eckhart
Année: 2003
Studio: Columbia
Longueur: 132 minutes
Classé 13 ans+

Après avoir finalement remporté il y a deux ans l'Oscar qu'il convoitait depuis longtemps, le réalisateur Ron Howard a choisi The Missing (Les Disparues en v.f.) comme premier projet après A Beautiful Mind). Faisant à nouveau équipe avec son partenaire de toujours, le producteur Brian Grazer, Howard s'est plongé dans un genre qu'il a toujours adoré mais qu'il n'a jamais essayé par lui-même: le western. Pour tout ce que cela peut comporter de bon et de mauvais, il essaye de demeurer le plus fidèle à ce type de film, tournant de façon élégante une histoire assez ordinaire.

Cate Blanchett joue une femme célibataire, mère de deux enfants au Nouveau-Mexique en 1885. Elle doit renouer les liens envenimés avec son père (Tommy Lee Jones) lorsque sa fille aînée (Evan Rachel Wood, remarquable plus tôt cet automne dans Thirteen) est kidnappée par une bandes d'Indiens. On se doute évidemment un peu de la direction que va prendre le récit: l'aventure improbable servant à la réconciliation des deux protagonistes principaux.

The Missing travaille - et fonctionne - à trois niveaux: comme western d'abord, mais aussi comme drame et comme suspense. Bien qu'aucun des trois genres soit exploité de façon vraiment mémorable ici, le film est généralement efficace. La performance de Blanchett commande l'attention et mérite d'être reconnue comme plus que solide. L'actrice britannique, vue à la tête de Veronica Guerin il y a à peine un mois, ne fait que devenir de plus en plus populaire, sans se noyer dans de mauvaises productions commerciales. The Missing lui permet d'exploiter son talent dans un film hollywoodien. Jones est également bon, et la jeune Wood conclut une année 2003 foudroyante, qui va immanquablement la propulser au rang des jeunes actrices les plus en demande.

Heureusement que Ron Howard, par contre, est un cinéaste talentueux et établi, car The Missing n'est pas dans les faits à la base une très grande oeuvre. Le scénario, basé sur un roman de Thomas Edison, est trop simple, très peu original et par moments mal structuré. À cet égard, on tente d'intégrer des personnages secondaires (comme un photographe) à certaines scènes additionnelles, pour ensuite les laisser tomber, et on comprend mal pourquoi. Cela ralentit le film, et l'allonge beaucoup trop (à 2h20, un montage plus serré aurait énormément aidé). Cela étant dit, le film fonctionne quand même à sa base car il bénéficie d'un réalisateur passionné par son medium et confiant de son matériel.

Le compositeur James Horner, un collaborateur proche de Howard, signe ici la trame sonore (tout comme celle, superbe, de A Beautiful Mind), et chaque fois qu'elle se fait entendre, le film se voit automatiquement injecté une dose d'atmosphère. Il en est de même pour la photographie soignée de Salvatore Totino (Any Given Sunday, Changing Lanes), qui nous fait croire dès la première minute que l'on se trouve réellement au Nouveau-Mexique au XIXème siècle, et qui nous offre certaines scènes d'une beauté digne de mention (notamment une séquence de poursuite à cheval dans le désert blanc).

Je m'attendais à beaucoup de The Missing, compte tenu à la fois du talent impliqué et des bandes-annonces prometteuses. Le film risque de décevoir à coup sûr quiconque s'attendant à un produit de la qualité des meilleurs films de Howard, mais se situe néanmoins dans ses efforts satisfaisants (on est loin d'Ed TV ici!). Les westerns ne font plus monnaie courante, alors lorsqu'il y en a un bon jouant dans nos salles, on peut lui donner une chance. --RJ

 

Cote: B

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