MATCHSTICK MEN
Cast: Nicolas Cage, Sam Rockwell, Alison Lohman, Bruce Altman, Bruce McGill
Année: 2003
Studio: Warner Bros.
Longueur: 116 minutes
Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants

Si l’automne semblait déjà extrêmement promettant sur papier au cinéma, Matchstick Men (Les Moins que Rien en v.f.) vient annoncer dès les premières semaines que nos espoirs sont entièrement justifiés. Une rare et précieuse comédie signée par Ridley Scott (davantage connu pour des épiques monumentales comme Gladiator et Black Hawk Down), cette production a tout pour conquérir le spectateur : humour, honnêteté, cœur, intelligence et surprises.

Nicolas Cage y tient le rôle principal de Roy Waller, un fraudeur habile aux aptitudes sociales nulles et sévèrement obsessif-compulsif. Quand il est question de monter un coup et d’escroquer des gens, rien n’arrête Roy et son partenaire Frank (Sam Rockwell). Le reste du temps, toutefois, sa vie n’est remplie à peu près de rien. Tout cela change le jour où sa fille de 14 ans, Angela (Alison Lohman), qu’il n’avait jamais vu auparavant, débarque chez lui, et fait complètement basculer son existence.

Pour Cage, le personnage de Roy représente ce qu’il fait de mieux : jouer des types vibrant de tension et constamment sur le point d’imploser. Son interprétation inoubliable d’un alcoolique désespéré dans Leaving Las Vegas lui avait valu un Oscar en ’96; l’an dernier, il a récolté sa seconde nomination en jouant avec brillo un scénariste névrosé dans Adaptation. Ici, il accumule les contractions faciales et les tics nerveux et, au lieu de s’en servir à une fin vulgairement caricaturée, il crée un personnage pleinement développé et crédible. En fait, il maîtrise si bien tous ses différents tics qu’ils ajoutent, à la longue, un côté comique à sa maladie. Ce qui, chez la grande majorité des acteurs, passerait pour une exagération ridicule, contribue en fait à donner encore plus de profondeur à la performance de Cage.

Sam Rockwell, un acteur que l’on commence à voir de plus en plus (notamment dans la nouveauté vidéo Confessions of a Dangerous Mind), parvient à trouver parfaitement sa place aux côtés de Cage, se faisant assez remarquer sans pour autant essayer de lui voler la vedette. Gardez cependant les yeux grands ouverts pour Alison Lohman : non seulement parce qu’elle épate ici, mais parce qu’elle constitue sans le moindre doute une prochaine grande star féminine. Après avoir avoir été vue comme une révélation renversante l’an dernier dans le très beau drame White Oleander (où elle a aisément éclipsé les vedettes Michelle Pfeiffer et Robin Wright-Penn), Lohman prouve avec Matchstick Men que ce n’était pas une chance de débutant. Elle possède un talent énorme, et Scott sait parfaitement l’employer ici. Vous ne pourrez croire, après avoir vu White Oleander et Matchstick Men que Lohman est âgée de 25 ans; c’est pourtant le cas.

Si les trois acteurs se surpassent, c’est en partie car ils sont grandement aidés par le travail tout aussi remarquable des artistes derrière la caméra. Le scénario, écrit par les frères Ted et Nicholas Griffin (Ocean’s Eleven), accomplit la tâche fort ardue de présenter deux histoires parallèles en une : d’abord, celle de deux voleurs tentant un gros coup audacieux, puis celle d’un père apprenant à s’ouvrir à sa fille et au monde. Le script parvient à suivre ces deux trames sans jamais en perdre une de vue ou montrer le moindre signe de confusion. Évidemment, le contrôle encore une fois simplement remarquable du grand Scott à la réalisation assure l’excellent rendement de tous ces éléments. Scott injecte un style vivant à un genre de films rarement complexe visuellement. La photographie de John Mathieson et le montage de Dody Dorn travaillent main dans la main pour nous accrocher automatiquement. Et dans tout cela, Scott nous concocte un mélange exquis d’humour efficace et d’émotion touchante – un peu comme il l’avait fait avec Thelma & Louise. Rendre ces personnages si sympathiques et attachants n’avait rien de facile, et pour autant on dirait une récréation pour lui, son équipe et ses acteurs. Et c’était sans doute le cas. Chose sûre, ça l’est pour nous. --RJ

 

Cote: A

Retour

 

Hosted by www.Geocities.ws

1