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| MASTER AND COMMANDER |
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| Cast: Russell Crowe, Paul Bettany
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| Année:
2003 |
| Studio: 20th Century Fox |
| Longueur: 139 minutes |
| Classé G - Déconseillé aux jeunes enfants |
Sensé sortir en juin dernier mais remis à novembre en croyant à ses chances d’être populaire au sein des membres de l’Académie, Master and Commander: The Far Side of the World (Maître à Bord: De l’Autre Côté du Monde en v.f.) constitue une sorte de réponse calme et contrôlée à un autre film d’action cacophonique et chaotique en salles, The Matrix Revolutions . La production a été co-financée par trois studios majeurs (Fox, Miramax et Universal), un fait extrêmement rare montrant à quel point le projet était considéré comme risqué à la base. Et pour cause: c'est une aventure d'action navale ressemblant à tout sauf un film typique de ce genre.
La structure de l'histoire ne comporte pas le développement habituel épique de trois actes; le scénario n'a vraiment que deux choses à explorer: la préparation de l'attaque d'un navire français par un navire anglais lors des guerres napoléoniennes, et l'amitié entre le commandant du dernier vaisseau (joué par Russell Crowe) et le docteur du bateau (Paul Bettany, avec qui Crowe a partagé la vedette dans A Beautiful Mind). Ce "manque" de structure, en quelque sorte, cause problème au film. On se demande constamment si l'histoire va aboutir à quelque chose de vraiment tangible. On attend près de deux heures pour la bataille entre les deux navires, et cette dernière paraît, quant on la compare à l'ensemble du film, pratiquement de mineure importance tellement elle n'occupe pas une place si large. Si les annonces faisaient la promotion de la production comme étant une aventure d’action remplie d’explosions et de combats, le film présente une réalité toute différente.
Et pourtant, on se laisse porter par la ballade, car on sent dès les premiers instants que l’on se trouve entre les mains d’un maître cinéaste en plein commande de son art. Le réalisateur est le vénérable australien Peter Weir (Witness, Dead Poets Society, The Truman Show), et il établit dans les deux premières minutes l’ambiance du film entier. Avec des plans retenus du navire voguant tranquillement seul dans une mer vaste et paisible, on peut pratiquement littéralement sentir l’authenticité de la mise en scène. Les problèmes se présentent toutefois lorsque la caméra nous amène à l’intérieur du navire et que l’on pense 90 minutes avec un équipage que l’on ne vient jamais vraiment à connaître. À part les deux personnages principaux, seul un jeune matelot de 12 ans laisse une impression moindrement marquante parmi une masse d’hommes aux visages interchangeables. Puis, on attend sans cesse pour une vraie sensation d’excitation ou de suspense entre les deux navires, comme par exemple le superbe thriller sous-marin U-571 nous offrait, sans que cela ne vienne jamais vraiment avant la grande bataille finale.
Heureusement, la réalisation de Weir ne flanche pas une seule fois et prouve que même si nom n’était pas le plus évident pour mener une production du genre, il sait encore brillamment comment faire son boulot. Il sait comment utiliser Crowe ici, et l’acteur prouve ici une fois de plus non seulement qu’il a du charisme à revendre, mais également qu’il possède une versatilité que peu de comédiens des 15 dernières années peuvent se vanter d’avoir – comparez son policier de L.A. Confidential, son scientifique de The Insider son général romain de Gladiator, son mathématicien schizophrénique de A Beautiful Mind et son capitaine dans Maître à Bord, et pensez un instant que c’est le même homme qui a joué tous ces rôles. C’est aussi une joie de voir enfin une si importante chance offerte à l’acteur Paul Bettany, qui mérite enfin un peu d’attention, et qui en profite en montrant qu’il n’est pas à laisser pour compte.
Master and Commander nous laisse quelque peu sous notre appétit compte tenu du fait que l’on s’attend à un véritable chef-d’œuvre. On prévoit déjà une suite, voire plusieurs, au film, et on peut être qu’intéressés par rapport aux éventuelles possibilités. Pour l’instant, cependant, ceux considérant aller voir le film doivent s’attendre à un film d’action particulier et différent, pour tout ce que ça a de bon et mauvais. --RJ
Cote: B
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