THE MATRIX REVOLUTIONS
Cast: Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Hugo Weaving, Jada Pinkett-Smith
Année: 2003
Studio: Warner Bros.
Longueur: 130 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

Dès que l’on a annoncé que l’on donnerait non pas une mais bien deux suites au phénomène de The Matrix, il y a maintenant de cela quatre ans, le monde entier salivait seulement en pensant à tout ce qui était encore possible. On venait littéralement d’expérimenter un film qui sortait d’à peu près tous les cadres précédemment établis et qui nous ouvrait sur un monde à la fois terrifiant et nouveau. 2003 a vu les deux pièces manquantes à cette nouvelle trilogie paraître à six mois d’intervalle. The Matrix Reloaded, sortie en mai dernier, en a déçu beaucoup pour ne pas avoir rempli toutes les promesses de l’original. J’étais – et je suis encore – d’accord avec cette affirmation; les auteurs/réalisateurs, Andy et Larry Wachowski, ont pris le récit original et l’ont catapulté dans une direction étrangement très différente. On mettait les concepts souvent brillants de l’original de côté pour favoriser l’apparition d’un monde d’endroits et de personnages nouveaux et l’expansion du développement des séquences d’action. À cet effet précis, le deuxième épisode brille; il a réussi à impressionner davantage que son prédécesseur, ce qui n’est pas peu dire dans ce cas.

The Matrix Revolutions (La Matrice Révolutions en v.f.), le chapitre final si attendu, se tient devant ce que le premier et le deuxième avaient fait de bien, à deux niveaux différents, et ne bouge tout simplement pas. Dit de façon directe, le film – et la trilogie, pour ainsi dire – s’écrase. Rarement dans l’histoire du cinéma contemporain a-t-on vu une trilogie importante se laisser abandonner si complètement par sa dernière partie. The Matrix Revolutions s’égraine sous nos yeux sans que l’on ne retrouve avec la moindre consistance une véritable sensation de ce qui avait rendu The Matrix si spécial.

Ce premier film n’a pas connu ce succès monumental uniquement parce qu’il nous introduisait à de nouvelles techniques de combat et de scènes d’action; il a frappé le public mondial avec tant de force en importante partie car il nous faisait vivre quelque chose. Lors d’un premier visionnement, chaque seconde constituait un nouvel avancement dans la découverte d’un univers saisissant. On ressentait l’oppression lorsque l’on apprenait ce que la Matrice était, et dans quel état se trouvait le monde réel. En revoyant les champs d’humains prisonniers, on se disait qu’une trilogie pourrait enfin un jour nous montrer voir toutes ces cages brisées et les hommes en sortir pour respirer l’air frais, pur et libre. The Matrix Revolutions semble avoir oublié tout ça. Fini les grandes idées: on se retrouve plutôt avec un combat entre un Bon et un Méchant. Neo (Keanu Reeves), élu pour délivrer la race humaine, fait maintenant face à une chose : l’agent Smith (Hugo Weaving), qui s’est propagé partout dans la Matrice. Ce n’est plus un débat pour la libération du monde, pour que l’homme reprenne le contrôle sur la machine, mais un combat long et bête entre deux acteurs blasés aux vers fumés dernier cri.

L’ensemble de personnages aussi grotesques qu’inutiles introduits dans The Matrix Reloaded revient dans Revolutions, en plus de quelques ajouts encore plus lamentables, notamment dans les dix premières minutes. Le scénario est confus et n’a pas l’air de savoir où il s’en va, jusqu’à ce que l’on se retrouve en plein milieu avec une attaque de sentinelles contre la dernière ville humaine, Zion. Le tout dure près d’une demi-heure, pendant laquelle on n’aperçoit pas Neo et Trinity (Carrie-Anne Moss) une seule fois, et qui semble durer quatre fois cela. Rendu à la dix millième sentinelle abattue par une mitraillette géante, je commençais à trouver le temps long. Cela mène inévitablement à l’affrontement final se voulant apocalyptique entre Neo et Smith, mais notre intérêt a tellement été drainé malgré nous que rendu à ce point, même si les Wachowksi orchestrent cette scène de façon renversante, que l’on ne peut vraiment apprécier pleinement le moment. On commence tout de même à se réveiller à cet instant, pour pouvoir mieux constater à quel point la grande finale qui suit constitue une conclusion lamentable. Le mot est choisi ici: c’est lamentable. Sans compter évidemment le fait que ça ne tient pas debout.

Je vous le dis en primeur, je vous parie une Matrix 4. Quand, je ne le sais pas, mais ça va venir. Pas pour le moment, peut-on espérer. Après un film dont on ne se tannait jamais, on nous a rempli avec deux suite essentiellement inutiles et injustes à leur source. J’ignore pourquoi, mais j’ai un léger pressentiment que The Lord of the Rings: The Return of the King, ne commettra pas le même crime. --RJ

 

Cote: C-

Retour

 

Hosted by www.Geocities.ws

1