THE MATRIX RELOADED
Cast: Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss, Hugo Weaving, Jada Pinkett-Smith, Matt McColm, Harry Lennix
Année: 2003
Studio: Warner Bros.
Longueur: 138 minutes
Classé 13 ans+ - Violence

Tellement de films sortent à chaque semaine qu'il devient presque difficile de mettre le doigt sur une production qui marque vraiment collectivement. Pas un gros coup commerical qui fracasse des records au box-office le premier week-end pour ensuite tranquillement disparaître dans la brume, ni une oeuvre acclamée par quelques critiques mais dont le public n'entend jamais parler. Quelque chose de spécial.

The Matrix, sortie en mars 1999, peut être qualifiée de la sorte. Avec son synopsis original et complexe, ses séquences d'action révolutionnaires et sa présentation hallucinante du trajet parcouru par des balles au ralenti, entre autres choses, le film des frères Andy et Larry Wachowski s'est vu délimité dans le temps comme le Star Wars de notre génération.

Des centaines de millions de dollars de profits plus tard, le studio Warner Bros. sautait sur l'occasion de donner suite à ce succès inattendu, et ainsi créer une des plus grosses franchises cinématographiques des dix dernières années. Une trilogie était sur le point de voir le jour et, pour la compléter, l'équipe de production a décidé de tourner les deux films suivants d'un seul coup, pour ensuite les sortir à six mois d'intervalle. The Matrix Reloaded (La Matrice Rechargée en v.f.) nous arrive donc en ce début d'été 2003, alors que The Matrix Revolutions, la conclusion, paraîtra sur nos écrans à la mi-novembre.

Si The Matrix Reloaded a mis trois ans à finalement sortir - et a rendu des milliers d'amateurs impatients - on comprend assez bien pourquoi après avoir visionné le film. Certains effets spéciaux demandé un travail de deux ans à eux-seuls. Et on sait les reconnaître. Car, en sortant de la salle, ce n'est pas le scénario, les acteurs ou les personnages que l'on retient d'abord; ce sont les scènes d'action. Si celles du premier vous ont coupé le souffle, je crois plutôt légitime d'affirmer que ce second chapitre fera littéralement danser vos yeux.

Et cela est tant mieux, car avant que le premier combat ne survienne, le film ne vole franchement pas haut. Pas même près de la hauteur du premier, du moins. Au début, la troupe de survivants menée par Neo (Keanu Reeves), Morpheus (Laurence Fishburne) et Trinity (Carrie-Anne Moss) retourne à Zion, la dernière ville humaine, se trouvant à l'intérieur même de la Terre. Une série de scènes les unes les plus clichées que les autres s'en suit, notamment un discours imprégné de monotonie et de déjà-vu prononcé par Morpheus devant ses hommes. Le seul moment vraiment digne d'intérêt dans la première demi-heure du film (et je n'exagère pas) s'avère être une séquence illustrant, en parallèle, des humains en train danser et Neo et Trinity faisant l'amour. Même si ça ressemble dangereusement à un nouveau vidéoclip, ces quelques instants accrochent au moins notre attention et nous donnent quelque chose d'intéressant à finalement se mettre sous la dent. La scène s'avère malheureusement vite finie, et on retourne à de nouvelles platitudes, la plus importante étant un échange des plus inutiles entre le héro et un des commandants de Zion.

Puis, enfin, après toute cette attente, tout ce tournage en rond, on retourne, en même temps que le font les protagonistes, dans la Matrice. Et à partir de ce point, on ne rit plus. On a premièrement droit au retour du nemesis de Neo, l'agent Smith (Hugo Weaving), qui a appris non seulement à se reconstruire, mais par surcroît à se multiplier. Cela donne droit à une lutte entre l'Élu et une centaine d'hommes identiques. Plus le combat avance, plus les agents se multiplient, tout comme le fait notre sensation d'excitation. Cette sensation prend éventuellement fin, pour laisser place à un "wow" sortant naturellement de nos bouches.

Les frères Wachowski profitent des scènes suivantes pour se livrer à un jeu pompeux et forcé de philosophie 101, puis se surpassent à nouveau. Et cette fois-ci, pour de bon: la poursuite de 14 minutes en automobile sur l'autoroute est déjà devenue, depuis sa sortie, un moment classique du cinéma. Encore une fois, je pèse mes mots. Il faut le voir pour le croire. On assiste à tant de plans, d'images et d'effets hahurissants qu'on en vient presque blasé! Presque, dis-je bien, car on ne peut que rester bouche-bée devant la conception de la scène. En fait, les mots, peu importe à quel points ils peuvent se faire mélioratifs, ne peuvent vraiment pas faire justice à cet accomplissement historique des cinéastes ici. Dire que la séquence vaut à elle-seule largement le prix d'admission est de la sous-estimer. On ne peut tout simplement pas passer à côté.

Deux séquences principales ressortent donc du lot. Est-ce bon ou mauvais signe? Un peu des deux, probablement. Les scènes d'action n'ont en fait pas le choix de nous impressionner, car l'effet de surprise du premier est dorénavant mort. Le film original, malgré ses failles, possédait un sens d'intrigue indéniable, spécialement dans sa première partie. On voulait se situer, comprendre, avancer. Chaque nouvelle information apportait un sentiment de besoin d'en savoir davantage, vite. Toute cette nouveauté, cette intrigue, n'existe que très peu dans The Matrix Reloaded. Elle ne se manifeste vraiment que vers la toute fin où, dans une scène nous laissant un peu pantois, on apprend certaines révélations sur la Matrice et sur Neo qui viennent remettre en question tout ce que l'on avait vu et cru auparavant.

Les acteurs dépensent beaucoup plus d'énergie à se battre qu'à acter profondément mais, pour ce qu'ils ont à faire, ils s'avèrent efficaces. Une mention particulière mérite d'aller à Carrie-Anne Moss, qui parvient à démontrer une amélioration remarquable, elle qui par moments était carrément mauvaise dans le premier film. Trinity est cette fois interprétée plus naturellement, et notre empathie pour elle augmente ainsi. C'est une bonne chose que l'on ressente de l'empathie, car sans le sens de découverte continuelle, la franchise de The Matrix ne peut prétendre offrir quoique ce soit de plus qu'un remarquable festival visuel. Quoique dans ce cas, il s'avère à lui-seul amplement suffisant. --RJ

 

Cote: B

Retour

 

Hosted by www.Geocities.ws

1