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Touche-Pipi : Nous
sommes en route pour la Maison du spaghetti, maître Backins. Le
vilain Nazgul dont vous avez la couverte à vos pieds vous a
sauvagement et sournoisement tranché le bras et vous êtes tombé dans
les pommes. Une chute de pression, sûrement.
Frotteux : Calisse ! Je suis devenu cul-de-jatte d’un bras. Je ne
peux pas le croire. Ma vie est foutue !
Touche-Pipi: Soyez sans craintes, je connais un vieil elfe, fort sur
les potions en tout genre, qui devrait pouvoir vous régénérer un
nouveau bras là où nous nous dirigeons.
Frotteux : C’est vrai ?
Touche-Pipi : Oui.
Frotteux: Mais c’est tu bien loin d’ici ta Maison du spaghat ? Parce
que j’ai bien peur de mourir au bout de mon sang avant qu’on n’y
arrive.
Touche-Pipi : Dans ce cas, ne perdons pas une seule seconde.
Remettons nous en route.
Frotteux : Mais en attendant qu’on arrive là-bas, t’aurais pas une
ou deux feuilles d’herbes médicinales sur toi pour apaiser ma
douleur ?
Touche-Pipi : J’avais un peu de cette plante hallucinogène qui
guérit tous les maux que l’on appelle de l’altela mais je l’ai fumée
tout à l’heure, en sirotant une bière au Da Giovomi.
Frotteux: Bon, ça marche. Je vais essayer d’endurer jusqu’à
Chipendell. Mais, pauvre Ti-Ben, on ne pourrait pas l'emmener avec
nous. Peut-être que ton vieux schnouck d'elfe pourrait faire de quoi
pour lui ?
Scram: Pourquoi tu t'en fais autant pour le Nazgul, tout à coup ?
Frotteux: Pour rien, c'est juste que... Je me sentais des affinités
avec lui.
Scram: Quelles putains d'affinités, peux-tu ben me dire ?
Frotteux: Lui, il était attiré par l'anneau… et moi je suis attiré
par l'anal.
Scram : Ouin, vu de même...
Touche-Pipi : C’est d’accord, on l'emmène. Une couverture en bon
état comme celle-ci peut servir à bien des usages insoupçonnés. À
preuve…
[Le coureur des bois ramassa le drap noir de feu Ti-Ben et
l’enroula autour du moignon du bras droit de Frotteux, ce qui mit
temporairement un arrêt à l’hémorragie de ce dernier.]
Touche-Pipi: Voilà qui devrait vous aider à ne pas perdre davantage
de sang et de forces d’ici notre arrivée à Chipendell, maître
Backins.
Scram : Sacré Ti-Ben, toujours prêt à se rendre utile. Je vais
m’ennuyer de lui, c’était un bon vivant.
Frotteux : Plutôt un bon vivant de mort, devrait-on dire.
Scram : C’est vrai mais heille, je pense à ça. Sans lui, comment on
va faire pour trouver le chemin vers Merdor ? Je sais pas c’est où
pentoute.
Frotteux : T’as raison, Scram. Moi non plus je n’ai aucune idée de
la direction à prendre pour atteindre Merdor.
Touche-Pipi : Écoutez-moi bien, messieurs. Premièrement, il est hors
de question que vous vous rendiez en ce lieu maudit où ne vous
attendent que torture et mort. Et deuxièment, auriez-vous
l’obligeance de ne plus prononcez le mot de MERDOR tout haut. Cela
risque d’attirer l'ennemi sur nous. C’est compris ?
Frotteux : Ok, on ne dit pas le nom de MERDOR tout fort, comme je le
fais en ce moment ?
Touche-Pipi : C'est ça. Pas de MERDOR.
Scram : Moi aussi...moi aussi...on ne dit pas le nom de MERDOR tout
fort.
Touche-Pipi : Bien. C’est cela. On va finir par faire quelque chose
avec vous, messieurs les Grosbits.
Scram : Personnellement, je me sens déjà l'esprit d'un véritable
aventurier.
Frotteux : Mets-en pas trop Scram ! La seule aventure que t'as eue
dans ta vie c'est celle avec ta main droite durant un cours de
sexologie au cégep. Je me souviens que t'étais venu dans le derrière
des jeans de la super pitoune dans la rangée en avant de nous
autres. Y'en avait plein qui avait coulé dans son sac d'école, pis
sur le sandwich creton-moutarde qui avait dans le sac. Pis elle
avait mangé son sandwich après.
Scram : Ah oui! Ça c'était une belle journée c'te fois-là. La passe
de la sandwich aux cretons salées !
Frotteux : T’es chanceux que son chum ne t’ait pas encore mis la
main au collet. J’ai entendu dire qu’il te cherche depuis ce
temps-là et qu’il veut t’arracher les deux bras.
Scram : Une chance pour lui que c’est pas après toi qu’il en a car
je vois mal comment il s’y prendrait pour t’arracher les deux bras.
Frotteux : Ça c’est un coup bas, Scram Gamchi.
Touche-Pipi:
Pourriez-vous bien la mettre en sourdine, messieurs. Sans quoi
l'ennemi risque de fondre sur nous comme un dwarf sur une ogresse en
chaleur.
Scram et Frotteux : Maudit que t'es plate, Touche-Pipi !
Touche-Pipi : En route.
[Les trois comparses reprirent la longue et pénible marche qui
devait les mener jusqu’à la fameuse Maison du spaghetti. Les deux
grosbits dormaient pratiquement debout sur leurs jambes et
n’avançaient que grâce à l’air entraînant des chansons à répondre
que Touche-Pipi ne se lassait pas de chanter d’une voix étonnement
mélodieuse.]
Touche-Pipi : *LA LA LA* Je ne suis heureux que lorsque la pointe de
mon épée frôle…
Scram et Frotteux : …La gorge d’un troll… *LA LA LA*
Touche-Pipi : *LA LA LA* Je ne suis content que lorsque le bout de
mon poignard ne se moque…
Scram et Frotteux : …Du visage d’un orc… *LA LA LA*
Touche-Pipi : *LA LA LA* Je ne suis comblé que lorsque le tranchant
de la hache dans mes mains…
Scram et Frotteux : … … …
Touche-Pipi : …Ne coupe la tête d’un gobelin… *LA LA LA* Allons
messieurs, c’était une facile celle-là.
Scram et Frotteux : *Bruits de ronflements*
Touche-Pipi : Bon, j’ai compris. Nous allons faire halte pour
quelques heures. Je vous dis que ce n’est pas fait fort les jeunes,
aujourd’hui.
[En temps que coureur des sous-bois professionnel, Touche-Pipi
pouvait passer deux jours entiers sans dormir. Deux fois plus sans
manger ni boire. Et à en juger par son odeur corporel, cinquante
fois plus sans se laver. Quoi qu’il en soit, les deux grosbits ne se
firent pas prier pour s’écraser derrière un bosquet le long de la
route et y voler quelques heures de sommeil pendant que Touche-Pipi
veillait sur eux en fredonnant d’autres chansons idiotes qu’il
s’amusait à répondre tout seul. Au petit matin, il les tira de leurs
rêves, leur fourra quelques poignées de All Bran dans la bouche
avant de les remettre sur pieds et de les inviter à continuer la
route : ce que les petits hommes aux pieds poilus acceptèrent à
contre cœur et en pestant contre le choix de céréales que l’homme
traînait dans son sac à dos. À la fin de la journée, ils arrivèrent
enfin à destination.]
Touche-Pipi: Voilà ! Nous y sommes. La ville légendaire de
Chipendell. La seule ville Elfe de la rive Nord. C’est ici que…
[Il se retourna en direction de ses deux compagnons et réalisa,
avec horreur, que l'un d'entre eux avait disparu.]
Touche-pipi: Mais... mais... Où est maître Backins ?
Scram: T’inquiètes pas, je l'ai vu y a pas deux minutes en train de
jouer avec son Cockring. Je pense qu’il devait avoir un besoin
urgent de... eheh... tu vois ce que je veux dire ?
Touche-pipi: Pas du tout !
Scram: Criss t'es plus épais que je pensais. Il a mis son Cockring
sur sa bite et puis il a disparu. Il est parti se passer un... tsé...
ben... Y doit être partit se cacher pour pas qu'on le voit. C'est un
grand timide. Il fait toujours ça !
Touche-pipi: Il... Il a mis l'anneau !!! Non, il va nous faire
repérer par les forces de MERDOR !
[Scram asséna un violent coup de pied dans les parties de
Touche-Pipi.]
Touche-pipi: ...Ouch...gulp ! M...malade... Ça fait mal.
Scram: On n’a dit, pas de MERDOR !!!!
Touche-pipi: C'est pas une raison... Ayoye !
[À ce moment, Frotteux réapparut avec un air de satisfaction au
visage et une longue coulisse blanche aux pantalons.]
Frotteux: AAaaaaahhhhh ! Ostie que ça soulage ! Sauf que c'est
compliqué avec un moignon.
Scram: T'as un autre bras, non ?
Frotteux: Pis comment je tiens mes culottes ?
Scram: Pourquoi tu les baisses pas complètement ?
Frotteux: ...
Touche-pipi: Maître Backins, s’il vous plaît, ne remettez plus
l'anneau sous aucun prétexte.
Frotteux: Pourquoi je ne pourrais pas me servir de mon Cockring si
ça me chante ?
Touche-pipi: Les Nazguls et autres créatures des ténèbres sont très
sensibles à ce genre de choses. Ils sentent ça à des milles à la
ronde. Ils vous voient, que vous soyez cachés ou non !!!
Frotteux : Gulp !
[Frotteux devint soudainement aussi rouge que son gland, il n'y
avait pas deux minutes de cela.]
Frotteux: Siboire, avoir su...
Touche-pipi: N’en parlons plus. Suivez-moi, la Maison du spaghetti
n’est qu’à quelques pâtés de maisons d’ici.
Scram: Ouin, à force de parler de spaghettis pis de pâtés, je
commence à avoir faim, moi ! Pis parlez-moi pu de putains de All
Bran !
[Après quelques minutes supplémentaires de marche, ils arrivèrent
enfin à l'endroit le plus magnifique qu'ils avaient vu de leur vie.]
Frotteux et Scram: WOW !!! C'est incroyablement beau ici !
Scram: On dirait le paradis sur terre !
Frotteux: Pis les femmes toutes nues qui courent dans les bois avec
les moustiques c'est tellement romantique ! Quoi que je les préfère
avec les sauterelles au cul.
Scram: Tout est parfait à l'exception de cette vieille bâtisse en
décomposition à côté, là-bas.
[Le temps d’un instant court et magique, les deux Grosbits
oublièrent tous leurs ennuis et toutes leurs afflictions.]
Touche-pipi: Allons messieurs, nous sommes attendus à la Maison de
L-Rond !
Scram: Mais où tu t’en vas comme ça, Touche-Pipi ?
Touche-pipi: Et bien dans cette charmante petite bâtisse d’apparence
rustique quoiqu’un peu délabrée. C'est la Maison du spaghetti. Le
plus bel endroit que je connaisse.
Scram: Tabarnak ! T'as pas cherché ben loin !
Frotteux : *soupirs de découragement* Y’a tu des bécosses propres au
moins dans ce trou à rat ?
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