| |
page 2
Ti-Ben : Très bien.
Dans ce cas, suivez-moi, maître Backins.
[Frotteux et le géant habillé d’un drap noir se mirent en route
lorsque Scram s’insurgea en gueulant comme un âne.]
Scram : Wo! Gang de crisse. Vous allez pas partir de même sans moi,
osti de tabarnak.
Frotteux : Tu viens juste de dire que tu ne voulais pas y aller.
Scram : Oui mais j’ai bien réfléchi à mon affaire dans les dernières
heures pis j’ai décidé d’y aller, en fin de compte.
[Le Nazgul, découragé devant autant de stupidité, se prit le
visage à deux mains, bien qu’il était impossible de savoir ce que
cela impliquait. Scram sembla remarquer son impatience à son
endroit.]
Scram : Quoi, est-ce que ça te pose un problème que j’accompagne
Frotteux ?
Ti-Ben : Pourquoi devrais-je m’offenser d’une présence aussi
charmante que la vôtre ?
Scram : Hein ? Qu’est ce que tu racontes osti de drap vide, je
comprends rien quand tu parles, calisse.
Ti-Ben : Êtes-vous obligé d’employer constamment un langage aussi
vulgaire, maître Gamchi ?
Scram : Ça se peut bien, tabarnak. Pourquoi tu veux savoir ça, osti
de siboire ?
Ti-Ben : Vous commencez à me taper sur les nerfs. Voilà pourquoi.
Scram : Ah pis crisse, mange donc une osti de bus de marde. Moi qui
pensais que les Nazguls étaient cools. Viens t-en Frotteux, on sacre
notre camp d’ici. J’entends justement l’autobus qui s’en vient, si
on court on devrait être bon pour la rattraper.
[Sans trop savoir pourquoi, Frotteux fit un pas en direction de
Scram, son vieil ami, mais le Nazgul s’interposa et lui empoigna
l’épaule droite avec force.]
Ti-Ben : Je ne saurai autoriser cette fuite, maître Backins.
Scram : Je voudrais bien te voir essayer de nous empêcher de
décrisser, mon grand crisse de maigre. Je vais aller chez nous
chercher l'épée du Witch-King qu’ils m’ont donnée en promotion chez
Mcdo pour avoir mangé mon cinq millième cheeseburger sans fromage.
Ti-Ben : Cette épée a été confisquée par l'un des neuf dans votre
salon, tout à l'heure. Elle ne vous appartient pas, maître Gamchi.
Elle appartient au capitaine de mon équipe de polo, Rich King.
Scram : Ah ben, tabarnak de calisse, ça se passera pas comme ça.
Ti-Ben : Désolé, mais c'est ainsi.
Scram : Mon tabarnak, tu vas m'emmener tout de suite à cet osti de
Burger King là ! Pis ça presse. Je veux ravoir mon épée. J'ai pas
encore coupé de tête d’écureuil avec.
Ti-Ben : Ca tombe bien, c'est justement là où nous nous dirigions.
Scram : Au Burger King ?
Ti-Ben : Non, à Merdor.
Frotteux et Scram : Merdor !!! COOOOOOOOL !!!!
Ti-Ben : Hein ?
Frotteux : Tu aurais du nous le dire plutôt que c’était à Merdor que
tu voulais m’emmener. J’ai toujours voulu visiter la région.
Scram : Ouin, moi avec. Paraîtrait qu’y a ben des volcans en
activité dans ce coin-là.
Ti-Ben : Décidément, y a plus rien pour faire peur à tous ces jeunes
morveux, aujourd’hui. C'est vraiment plus comme c’était dans le bon
vieux temps.
Frotteux : Bon ! Assez perdu de temps. En route !
Ti-Ben : Allons-y, c’est par là.
[Scram se tourna en direction de Frotteux avec un large sourire
de dents jaunes.]
Scram : Merdor ! C’est vraiment trop cool. High five mon pote !
[Frotteux vint pour taper dans la main garnie de déchets nasaux
de son fidèle compagnon quand il s’aperçut avec horreur qu’il était
incapable de lever sa propre main droite.]
Scram : Qu'est-ce qui se passe, Frotteux ? Tu veux pas faire un high
five avec ce bon vieux Scram ?
Frotteux : Crisse, je peux plus bouger ma main droite. Elle est
comme pétrifiée.
Scram : Ah non! Ça
doit être quand Ti-Ben t’as pogné l’épaule. Les Nazguls ont un
touché paralysant. J’ai lu ça quelque part dans un vieux numéro
d’Allo Police - spécial morts-vivants.
Frotteux : C’est vrai qu’il avait la main froide en crisse.
Scram : Imagine si ta main reste paralysée pour toujours. T’es pas
ambidextre toi, comment tu vas faire pour continuer à jouer à la
pétanque le samedi après-midi ?
Frotteux : Tabarnak, pire que ça, comment je vais m’y prendre pour
me branler dix fois par jour sans ma foutue main droite ?
[Le Nazgul éclata d'un petit rire narquois.]
Ti-Ben : Maître Backins, vous m'en voyez terriblement désolé.
[Le géant vint pour compatir aux malheurs du pauvre Grobit en lui
donnant une claque amicale sur l’épaule gauche mais Frotteux
s’esquiva tout juste à temps.]
Frotteux : Touches moi pu, mon tabarnak.
Ti-Ben : Oups ! Veuillez me pardonner.
Frotteux : Correct. Mais essaie de faire attention. Je n’ai pas
envie de me ramasser paraplégique.
Scram : On devrait arrêter quelque part pour aller manger. Ça va
peut-être redonner des forces à ton bras droit.
Frotteux : S’arrêter quelque part. Hum ! Nous ne sommes même pas
encore partis.
Ti-Ben : Suivez-moi, messieurs.
[Les deux grosbits se mirent en route à la suite du Nazgul qui
avançait très rapidement et de façon si fluide qu’il donnait
l’impression de ne pas toucher le sol.]
Scram : Siboire ! Y marche pas, y vole le gringalet.
[Scram semblait être en mesure de suivre la cadence effrénée du
géant mais Frotteux, qui devait traîner le boulet d’un bras
complètement paralysé, peinait énormément à le faire. Ti-Ben les fit
traverser plusieurs kilomètres de sous-bois (ils furent d’ailleurs
attaqués par une horde de pic bois affamés), puis ensuite il les
guida à travers les rues achalandées d’un village fantôme où le
Nazgul s’arrêta quelques instants pour prendre des nouvelles de
quelques uns de ses cousins. Finalement, après deux heures de marche
ininterrompue, ils arrivèrent enfin à proximité d’un restaurant, le
Da Giovomi, qui se trouvait tout près du motel LaBree.]
Scram : Regardez, il y a l’enseigne lumineuse d’une étoile, à
l'ouest.
Ti-Ben : C’est la cote de ce restaurant. Mais je suggère tout de
même que nous arrêtions pour y faire halte, messieurs.
Scram : Bonne idée ça mon Ti-Ben.
Frotteux : Ah non ! Ça me tentes pas.
Scram : Voyons, t’as pas arrêté de chialer que t’étais écoeuré de
marcher depuis tantôt.
Frotteux : Je sais. Mais si on continue encore un peu, on va être
bon pour atteindre le Folichorc avant les premières lueurs de
l'aube.
Scram : C’est vrai, le Folichorc. Ce fameux bar de danseuses est pas
très loin d’ici. On pourrait peut-être aller se rincer l’œil.
Ti-Ben : Il n'est pas bon d'aller se promener dans ce coin, maître
Gamchi. Il y a des orcs qui patrouillent cette région, la nuit.
Scram et Frotteux : Des Orcs !?
Ti-Ben : Oui, ils ont de longues barbes, des tatous mystérieux et
montent des chevaux sur deux roues qui font un bruit épouvantable.
Scram : Ah, des motards, tu veux dire. Les Orck Machines.
Ti-Ben : Qu'importe, nous allons au Da Giovomi. Regardez Maître
Backins peut à peine tenir sur ses jambes. D’ailleurs son bras est
devenu tout bleu.
Frotteux : Je veux aller au Folichorc, moi, calisse.
Scram : Ah non! Je repense à ça. On est mercredi aujourd’hui.
Frotteux : Et alors ?
Scram : Le mercredi au Folichorc, c’est la soirée spéciale Troll et
ogresses. Si tu penses que j’ai envie de voir ça. Yark !
[Frotteux frissonna d’horreur à la pensée d’une grosse ogresse
menstruée dansant aux tables pour une gorgée de bière et un top de
cigarette.]
Frotteux : Oublions le Folichorc pour ce soir.
<- page précédente |
menu |
page suivante ->
|
|