Les cloches du quai des Chartrons

(Épisode IV)

J'avais vraiment pas envie de me lever. Antoine tournait dans son duvet comme un bout de lard poilé depuis une bonne heure. Lui qui était réglé comme une horloge. Je l'entendais inspirer profondément par la bouche et souffler bruyamment par les narines tout comme le ferait un enfant voulant faire comprendre a ses parents qu'il serait bien temps de tenter une action pour le sortir de son ennui. Sacré bon dieux! Pourquoi ne se levait-il pas! Je commençais à avoir la vessie aussi pleine qu'une bourse à bourgeois. Ordinairement, Antoine avait déjà pissé depuis belle lurette. A mon avis, il était tout aussi courageux que moi. Nous savions autant l'un comme l'autre qu'il allait se passer un événement aujourd'hui. Quand, comment… grand mystère ! Cette caisse à vin ou reposait Tobby n'avait rien d'un geste innocent. Enfin, il releva l'échine et accomplit son rituel. Ses yeux interrogateurs me fixèrent et il me tira la langue du mauvais perdant. Comme… un gosse ! Je ne pus retenir mon rire. Mal m'en pris. Contraction abdominale, égale pression sur la vessie. Il n'y a rien de physique en cela, seulement un résultat théorique qui annonce une désagréable situation. Je senti une petite giclée me couler entre les fesses et en deux temps trois mouvements, je roulais hors du sac, poussait violemment la porte. Haaaaa ! le soulagement. J'avais réussi à éviter le pire. Juste ma petite culotte un tantinet mouillée. Antoine ne tarda pas a me rejoindre.
-Hé toi ! T'aurais pus attendre que je finisse.
-Tu n'avais qu'à te lever avant.
-Comment ça, c'est toi qui es toujours lle premier debout, non ? Et je n'ai pas pour habitude de montrer mon cul quand je pisse et encore moins de sentir quelqu'un derrière moi..
-Ho héééééé Jeannine, t'as pas toujours dit ça hé hé !
-Fait attention a ce que tu dis Antoine,, si tu connais pas la princesse phalange j'vais te la présenter fissa sur ta face.
-Hooooo ! Jeannine, Jeannine, !
-Arrêêêêêêêête ! Tu voulais voir mon cull, il faut bien que je me reculotte non ?
-Le château, le château…… !
-Hé, mon derrière c'est plus Versailles,, bien que mon postérieur soit en ruine, je te demanderais un peu de respect. -Mais non Jeannine, le château Boustèsauu a disparu.
-Mais tu déconnes ? T'hallucines mon pauuvre vieux, y'a jamais eu de château ici.
-Mais le château Boustésau, c'est la caiisse a vin dans laquelle était Tobby . Avant de me coucher hier soir j'ai bien vu ce qu'il y avait d'écrit sur la caisse et c'était "château Boustésau". Putain! elle est plus la …!


Je réalisais à peine ce que me racontait Antoine dans son énervement quand je réalisai que nous étions observés. Il était en haut des marches de notre habitat, la main appuyée sur la rambarde de pierres taillées. Toujours ces même yeux froids et pleins d'assurance... Il avait une élégance dans sa froideur qui m'avait séduite dès les premiers jours de notre rencontre.
-Depuis quand tu fais dans le voyeurisme Maurice ?
-Depuis que vous traînez au plumard !
À ces mots Antoine l'aperçu et se mit à beugler :
-Sal voleur de chien mort, espèce de de de…… !
-Arrête de brailler, ton chien j'ai été l'enterrer cette nuit au petit cimetière de Combelle.
-T'es qu'un menteur! La nuit il est ferrmé et escalader le mur c'est impossible pour toi. T'es trop gras et ta souplesse y'a belle lurette qu'elle s'est.. Pfff …. !
-Fais donc marcher ta mémoire de piaf. RReviens donc picorer dans tes souvenirs 3 ans en arrière juste avant que nous fassions route ensemble. Fernand Ravonette dit la savonnette des morts… Le fossoyeur du cimetière qui avait été emprisonné pour avoir dépouillé et arraché des dents en or aux morts. Tu te souviens ? Il m'avait donné une clé pour allé dormir dans la cabane ou était entreposé tout le matériel d'entretien quand il faisait trop froid dehors.. J'ai toujours cette clé. J'en avais fait faire un double, ça peut toujours servir. La preuve.. ! Tu n'auras qu'à aller au bout de l'aller 4. Il y a un énorme hêtre de planté sur une grande parcelle de verdure. C'est à cet endroit que les gens viennent jeter les cendres des défunt incinérés au crématorium. Enfin ceux qui le désirent. J'ai découpé un beau rectangle de gazon et j'ai creusé en dessous. Ce sera plus discret a l'œil et tu es sûr que personne ne viendra retourner la terre a cet endroit.
-Pourquoi t'as fait ça ? Et d'abord pourrquoi t'es revenu ?
-Biennnnnnnnnnn ! … J'crois que j'ai un peu poussé le bouchon hier et puis j'me suis dit qu'il avait 3 années que nous étions aminches et qu'il serait bien que je vous parle de ma vie avant vous.. Je pensais que vous aimeriez savoir ce qu'il y a dans ma boîte… Alors voilà, j'vous le demande. Est-ce que vous aimeriez savoir ce qu'il y a dans ma boîte ?


à suivre…

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