Les cloches du quai des Chartrons

(Épisode III)

Reprenant mes esprits, j'expliquai à Antoine qu'il serait bien d'aller bosser un peu aux Capucins. Le ventre de Bordeaux nous décrocherait de ce mauvais réveil.
Vu le retard que nous avions pris, ce samedi ne serait certainement pas Byzance, mais cela contribuerait à occuper notre peine. Nous avions pris soins d'envelopper Tobby parmi ses couvrantes dans l'attente d'un plus joli linceul. Antoine préféra turbiner au café d'Albert ou camelots et vendeurs abondaient en masse a l'heure du casse croûte et de l'apéro. Faire la plonge, changer les fûts de bières et de vin occuperait toute sa matinée.


Je fis comme lui. Changer de besogne ne pouvait pas me faire de mal bien au contraire, j'éviterais tout un tas de questions sur le fait que Maurice ne soit pas là. Puis de toute façon, vu l'heure, les marchandes avaient certainement déjà trouvé d'autres remplaçants.

J'ai bien mis une heure avant de dégotter de quoi me faire 3 fafiots de 50. Moi qui ne suis pas trop barbaque, je me suis retrouvée à nettoyer l'arrière boutique de la boucherie du père Lundra. Gros commerce en détail et demi-gros. Je revois encore tous ces déchets qu'une entreprise était venue récupérer pour la fabrication de produits cosmétiques. Répugnant.. ! J'opterais par la suite et ce que je fais encore aujourd'hui pour des produits cosmétiques végétaux.


Les commerçants du coin avaient pris l'habitude d'appeler le père Lundra, Landru. Il suffisait d'intervertir les voyelles.

Ma corvée terminée, je partis rejoindre Antoine qui ne cessa de me dire que je sentais la viande froide. La tabagie ambiante se chargea d'y remédier en déversant sur mes guenilles une fragrance de nicotine froide. Une bonne partie de nos flouzes passa dans le tord-boyaux du chef. Toujours a la même place, en bout de comptoir. Lieu stratégique qui nous permettait de voir arriver nos acolytes de soûlogratie. Après avoir ingurgité une omelette aux patates et piments d'espelette arrosée d'un casse-pattes final, nous prenions, dans l'obscurité de la nuit, la direction du quai des chartrons.

- Hé Jeannine, t'as vus j'lui ai tenu tête a Maurice, hein t'as vus hé hé ! S'est même barrer ce con, hé t'as vu !
- Ouaiiii Toinou, t'as raison…. ! Il avaait bien les boules cette grosse gueule, ho ouiaiiii………… !


Arrivant en titubant sur le lieu de notre couchage, stupéfaction. Une caisse en bois blanc de conditionnement pour grand vin de Bordeaux était devant la porte. Antoine en souleva le couvercle.
-Ho putain, regarde….! C'est tobby, regarde, il est beau hein, regarde, regarde, y'a même des fleurs.
- Mais c'est quoi ce délire ? C'est Maurrice, j'en suis sure! Non mais, il nous traite comme des merdes et il s'imagine nous faire avaler la pilule comme ça.
Antoine se mis à hurler.
-Où t'es salope, tu te caches hein ! Vas y sors de ta cachette HAAAAAAAAAAAAAAAaaaaaaaa…. !
-Arrête Antoine, t'es pas un peu fou de crier si fort. Viens te coucher, demain il fera jour…. Allez viens !
J'étais sur le point de m'endormir quand une phrase vint rompre le silence de nuit.
-Jeannine… !
-Oui ?
-C'est vrai tout ce que Maurice a dit cee matin sur ta vie ?
-Oui.. !
-T'es ma poteau Jeannine….. !
-Roupille un peu Toinou, ta gousse est een bataille. Laisse te la reposer !



À suivre...

Précédant
Suivant

Accueil Séries
Accueil du Site

Hosted by www.Geocities.ws

1