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Sécurité contre Vie Privée
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Introduction |
Quels
dangers pour la vie privée ?
Suite... Cette
activité est pourtant restée dissimulée à l’opinion. Ce n’est que
l’entrée bruyante de Microsoft dans le jeu avec son Passeport
qui a impulsé un début de débat. Pourtant, la façon dont Microsoft
avait présenté son produit démontre qu’il souhaitait cette entrée la
mois bruyante possible : en effet, pour obtenir une adresse gratuite
sur Hotmail, l’internaute se voyait demander de remplir quelques lignes
de données personnelles dans ce que l’on pourrait effectivement appeler
un passeport. Tellement la ressemblance avec le concept de
document physique est troublante. D’autant plus que le passeport
de Microsoft permet de « voyager » librement sur des sites
homologués d’e-commerce en épargnant à l’internaute la corvée des
formulaires à la moindre opération. Le nombre de passeports actifs (100
millions) témoigne du succès de l’opération. Hormis quelques voix de
défenseurs de la vie privée qui se sont élevées à l’époque,
l’initiative paraissait innocente. Seul
Jason Cattlet (défenseur US de la « privacy ») a eu un
pressentiment que l’on résume dans sa phrase célèbre : « L’idée
de placer Microsoft au centre du commerce électronique me paraît aussi séduisante
que celle de faire du Triangle des Bermudes une plaque tournante du
transport aérien ». Et en effet, le côté, que certains qualifient
de catastrophique pour la vie privée, de l’initiative Microsoftienne
n’est apparu qu’avec le récent projet de la même firme, à savoir le « HailStorm »
ou littéralement « Tempête de grêle ». A la différence du
Passeport, ce concept a pour ambition de se poser en standard de la
gestion des données privées et d’être gratuit. Paradoxalement, ces
deux caractéristiques sont fort louables. En effet, un standard qui
permettrait d’identifier clairement quels sites respectent une politique
de protection des données privées fait aujourd’hui cruellement défaut.
Et ce manque est perçu comme l’explication principale de la méfiance
du consommateur à l’égard de la vente électronique. Ironiquement,
c’est la gratuité du Hailstorm qui a suscité les plus vives réactions
telles, celle très explicite du patron de Sun, grand concurrent de
Microsoft : « N’oubliez pas que la première dose d’héroïne
est toujours gratuite ». Et cette allusion au monopole nous paraît
pertinente car si un standard est nécessaire, il ne peut être détenu
par une entreprise qui agirait en dehors d’une mission d’utilité
publique, pour des raisons de pouvoir de contrainte exorbitants qu’elle
acquérrait de fait. D’où les projets publics concurrents : ENUM
ou de Coffre- Fort électronique qui visent à établir un standard en
matière de gestion des données personnelles. Voici
pour celles des atteintes à la vie privée, qui ne sont habituellement
que peu visibles et qui relèvent d’agents non publiques. Mais il en est
également d’autres qui sont le fait de la volonté de tout Etat de
maximiser la quantité d’informations détenues sur ses citoyens. Tel
par exemple le système Echelon dont l’activité principale consiste à
traiter tous les messages échangés sur le globe et de ne sélectionner
que les plus utiles pour les intérêts américano-britanniques.). Si la révélation
de son existence par des journalistes américains en 1998 a déclenché
des foudres, surtout en Europe qui se sentait explicitement visée par les
écoutes, l’émotion est vite retombée après le 11 septembre. Prévention
du terrorisme et sécurité obligent. L’absence
de contrôle sur des fichiers judiciaires est également une source
potentielle d’atteintes à la vie privée. Nous citerons ici en exemple,
le STIC français, ou Système de Traitement des Infractions Constatées.
C’est un fichier dont se servent les magistrats pour mieux cerner tous
les aspects des dossiers qu’ils instruisent. Mais sa particularité réside
dans le fait que les informations ainsi recueillies ne sont fondées sur
aucune décision juridique : deux millions de personnes sont fichées
alors que ,pour la plupart d’entre elles, leur casier judiciaire est
d’une pureté virginale. Des magistrats réunis à la rencontre
d’avril 2000
sur
les thèmes de l’informatique et de la protection de la vie privée se
sont à juste titre inquiétés de l’existence de cette masse
d’informations personnelles sans aucun contrôle judiciaire. Toutefois
l’époque n’est pas à la prise en compte de telles préoccupations
car des priorités politiques récentes interfèrent avec une telle prise
de conscience. On le saisit mieux quand on se rappelle une phrase de Mme
Guigou prononcée pendant ce colloque : « la France est décidée
à être un moteur dans la lutte contre ces nouvelles formes de délinquance
(=la cybercriminalité) ». Et
pourtant c’était bien avant le 11 septembre… Aujourd’hui, comme en
témoigne l’évolution de la loi(2), les positions des autorités
publiques sur la sécurité se sont considérablement durcies. Mais est-ce vraiment un gage d’ efficacité(3) dans les objectifs poursuivis ?
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