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Sécurité contre Vie Privée

 

 

Introduction

Quels dangers pour la vie privée- les moyens mis en oeuvre

La complicité des lois

Quels sacrifices pour la vie privée?
 - Comment le 11 septembre a changé la position de la vie privée par
rapport à la sécurité?
 - La victime des lois sécuriritaires- Internet

Quelques
Citations


Liens/Sources


 

Quels dangers pour la vie privée ?  

 

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Cette activité est pourtant restée dissimulée à l’opinion. Ce n’est que l’entrée bruyante de Microsoft dans le jeu avec son Passeport qui a impulsé un début de débat. Pourtant, la façon dont Microsoft avait présenté son produit démontre qu’il souhaitait cette entrée la mois bruyante possible : en effet, pour obtenir une adresse gratuite sur Hotmail, l’internaute se voyait demander de remplir quelques lignes de données personnelles dans ce que l’on pourrait effectivement appeler un passeport. Tellement la ressemblance avec le concept de  document physique est troublante. D’autant plus que le passeport de Microsoft permet de « voyager » librement sur des sites homologués d’e-commerce en épargnant à l’internaute la corvée des formulaires à la moindre opération. Le nombre de passeports actifs (100 millions) témoigne du succès de l’opération. Hormis quelques voix de défenseurs de la vie privée qui se sont élevées à l’époque, l’initiative paraissait innocente. Seul  Jason Cattlet (défenseur US de la « privacy ») a eu un pressentiment que l’on résume dans sa phrase célèbre : « L’idée de placer Microsoft au centre du commerce électronique me paraît aussi séduisante que celle de faire du Triangle des Bermudes une plaque tournante du transport aérien ». Et en effet, le côté, que certains qualifient de catastrophique pour la vie privée, de l’initiative Microsoftienne n’est apparu qu’avec le récent projet  de la même firme, à savoir le  « HailStorm » ou littéralement « Tempête de grêle ». A la différence du Passeport, ce concept a pour ambition de se poser en standard de la gestion des données privées et d’être gratuit. Paradoxalement, ces deux caractéristiques sont fort louables. En effet, un standard qui permettrait d’identifier clairement quels sites respectent une politique de protection des données privées fait aujourd’hui cruellement défaut. Et ce manque est perçu comme l’explication principale de la méfiance du consommateur à l’égard de la vente électronique.

Ironiquement, c’est la gratuité du Hailstorm qui a suscité les plus vives réactions telles, celle très explicite du patron de Sun, grand concurrent de Microsoft : « N’oubliez pas que la première dose d’héroïne est toujours gratuite ». Et cette allusion au monopole nous paraît pertinente car si un standard est nécessaire, il ne peut être détenu par une entreprise qui agirait en dehors d’une mission d’utilité publique, pour des raisons de pouvoir de contrainte exorbitants qu’elle acquérrait de fait. D’où les projets publics concurrents : ENUM ou de Coffre- Fort électronique qui visent à établir un standard en matière de gestion des données personnelles.

Voici pour celles des atteintes à la vie privée, qui ne sont habituellement que peu visibles et qui relèvent d’agents non publiques. Mais il en est également d’autres qui sont le fait de la volonté de tout Etat de maximiser la quantité d’informations détenues sur ses citoyens. Tel par exemple le système Echelon dont l’activité principale consiste à traiter tous les messages échangés sur le globe et de ne sélectionner que les plus utiles pour les intérêts américano-britanniques.). Si la révélation de son existence par des journalistes américains en 1998 a déclenché des foudres, surtout en Europe qui se sentait explicitement visée par les écoutes, l’émotion est vite retombée après le 11 septembre. Prévention du terrorisme et sécurité obligent.

L’absence de contrôle sur des fichiers judiciaires est également une source potentielle d’atteintes à la vie privée. Nous citerons ici en exemple, le STIC français, ou Système de Traitement des Infractions Constatées. C’est un fichier dont se servent les magistrats pour mieux cerner tous les aspects des dossiers qu’ils instruisent. Mais sa particularité réside dans le fait que les informations ainsi recueillies ne sont fondées sur aucune décision juridique : deux millions de personnes sont fichées alors que ,pour la plupart d’entre elles, leur casier judiciaire est d’une pureté virginale. Des magistrats réunis à la rencontre d’avril 2000  sur les thèmes de l’informatique et de la protection de la vie privée se sont à juste titre inquiétés de l’existence de cette masse d’informations personnelles sans aucun contrôle judiciaire.

Toutefois l’époque n’est pas à la prise en compte de telles préoccupations car des priorités politiques récentes interfèrent avec une telle prise de conscience. On le saisit mieux quand on se rappelle une phrase de Mme Guigou prononcée pendant ce colloque : « la France est décidée à être un moteur dans la lutte contre ces nouvelles formes de délinquance (=la cybercriminalité) ».  Et pourtant c’était bien avant le 11 septembre… Aujourd’hui, comme en témoigne l’évolution de la loi(2), les positions des autorités publiques sur la sécurité se sont considérablement durcies.

Mais est-ce vraiment un gage d’ efficacité(3) dans les objectifs poursuivis ?

 

 

 

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