Les Evennements Politico-Socio-Economiques Vecus
Les Evennements Locaux
L'ascension et la Chute des Duvaliers
Pour continuer ma reponse aux commentaires de Lemane Vaillant sur la chute de Jean Claude Duvalier, je vais ajouter cette page dans l'appendice de mes Memoires.
J'etais, alors, dans ma preadolescence, a la chute de Magloire. Nous habitions, ma famille adoptive et moi, alors, au bas de la ruelle Cameau ou, bien, nous venions, tout juste, de nous mouvoir a une nouvelle maison en location, au bas de la ruelle Roy, apres que les eaux de canalisation de l'egout du Bois de Chene eurent penetre dans notre petite maison, au haut de la ruelle Cameau.
Cette nuit-ci, nous faillimes, tous, perir. Les eaux du Bois de Chene, apres une pluie torrentielle, envahirent notre petite maison, en location, situee un peu plus bas que la grande maison des Qualos. Ma Mere adoptive, Lolotte, une femme courageuse et brave, nous incita a monter, tous les quatre - ma petite soeur adoptive, Jessie, sa mere (Mie Carmelle), sa mere adoptive et soeur de Lolotte (Renee) et moi - sur un lit, alors que les eaux montaient dans la chambre ou nous avions pris abri. Mamman Lolotte se tenait dans l'eau, et, etant a la fois catholique, comme sa soeur et grande pretesse du vaudou, la religion populaire, invoquait les dieux et sa soeur priait ardemment. Soudain, comme par miracle, un des panneaux inferieurs de bois qui formaient une des parois laterales de la chambre ceda sous la pressions des eaux boueuses, le niveau des eaux baissa, par la suite, rapidement, dans la chambre et nous fumes sauve. Le lendemain, nous recumes la visite des Qualos, des amis de la famille et du president de la republique d'alors, mais je ne m'en rappelle pas trop bien lequel. (Ma mere m'a dit qu'il s'agissait d'un president provisoire, Sylvain ou Fignole, apres la chute de Magloire.)
Le jour meme de la chute de Magloire, j'etais alors en classe a Jean Marie Guilloux quand les desordres eclaterent, un peu partout, dans la capitale et l'on entendait des vacarmes sur la rue, avec les eleves du Lycee Petion, a proximite, qui manifestaient. Un communique officiel demanda qu'on ferma toutes les ecoles et les bureaux et que tout le monde rentra chez soi, afin que l'armee put avoir un meilleur controle de la situation. J'attendais, alors, sur la cour de l'ecole que Maman Lolotte vint me prendre quand des officiers (lieutenants et capitaines) de l'armee d'Haiti, lourdement armes, penetrerent dans l'etablissement et expulserent tous les petits de la cour de l'ecole, les forcant a se rendre sur la rue. Un de ces officiers, peut etre John Beauvoir, un ancien compagnon d'armes et un rival de mon pere, a l'academie militaire, aurait, meme, murmure que j'etais le fils de Roger Rigaud qui fut leur commandant, sous Dumarsais Estime, et le prefet de la Republique, avant la chute de Magloire, mais ils ne me toucherent point, ayant vu, peut-etre, que j'etais calme et docile. J'allai, alors, me tenir devant la barriere principale de l'ecole qui etait, un peu, en retrait du trottoir, alors que de bombes artisanales et des tirs d'armes a feu se faisaient entendre un peu partout, mais la situation se calma vite, alors que Maman Lolotte arrivait, en toute hate. Nous primes, vite, tous deux, le taxi qui nous conduisit a domicile.
J'ai relate, un peu et en anglais, les evennements vecus au cours de la campagne electorale de 1957 (http://www.geocities.com/rogerqualo/enfance.html) et je ne reviendrai pas sur la traduction. Je ne parlerai que de faits mineurs qui ont ete omis. Nous habitions, alors, au bas de la rue Roy ou Duvalier vint vivre et avoir son quartier general et electoral. Tout le segment inferieur ou nord1 de cette rue, a deux segments, etait gagne a la cause du Dr. Francois Duvalier- le candidat de la classe moyenne, alors que le segment sud2 allait au candidat de la bourgeoisie- l'agronome Louis Dejoie; ce qui fit monter la tension dans cette rue, au cours de la campagne electorale, et ce, d'autant plus qu'on etait tout pres du marche Salomon, un marche populaire ou le professeur Daniel Fignole pouvait compter des partisans, mais je ne sais point si c'en fut le cas, comme ce le fut pour le Bel-Air et le marche En Basa. Je me rendis, meme un jour, au bureau de la campagne electorale de Duvalier avec Mie. Carmelle Lafontant, ma tante adoptive, dans l'espoir de rencontrer celui-ci, mais celui-ci avait ete invisible, probablement, par mesure de securite et, probablement, parce qu'il etait tres court.
Dans la page internautique dont l'adresse est donnee ci-dessus, j'ai, un peu, relate comment j'ai vecu les evennements du 25 mai 1957; un fait mineur, mais non moins significatif, qui a ete oublie avait ete le pillage des poste de communication radiophoniques de la capitale, et, en particulier, celle de la Radio Port-au-Prince que mon pere avait laisse a Antoine Herard, avant de joindre le camp electoral de l'avocat Clement Jumelle, a la Radio Commerce; celle-la avait ete pillee par les partisans de Louis Dejoie de meme que la Radio Carraibes, (un ancien poste de radio qui existe encore et ou je m'etais rendu en plusieurs fois), avait ete pillee par les partisans de Duvalier ou de Fignole. (Picot, un sous-locataire de notre maison et un partisan de Louis Dejoie, qui travaillait dans la maison de commerce d'un bourgeois de la capitale, etait revenu, ce jour-ci, avec des equipements de la radio Port-au-Prince, mais, a la maison, nous le tinmes point au coeur.) Un fait a prendre en consideration est que, ce jour-ci, Antoine Herard, ayant vu venir la foule, fit diffuser une musique populaire et vaudoueb sur les ondes - "Kay-la pa pou mwen, se kay samba, min dife nan kay-la" - qui ne manqua pas d'electriser le peuple et fit de celui-la, des lors, un promoteur serieux de la campagne de Duvalier. Par la suite, Duvalier se deplaca a a une maison situee a l'intersection des deux segments de la rue Roy, intentionellement pour gener les visites de Dejoie au segment superieur ou non intentionellement. Un fait regrettable devait marquer cette campagne electorale. Une soiree, quelqu'un, (peut-etre Barbot, lui-meme, un ancien lieutenant de Duvalier et un faiseur de bombes artisanales) vint a crier Duvalier sur la rue attenante, comme pour voir celui-ci et l'inviter a sortir; ce fut, helas, un jeune homme de famille, ami du Pere Roland, visitant les Duvaliers, qui repondit present et se montra a la fenetre pour recevoir un projectile mortel. C'est encore cette maison qui fut attaquee, aussi, probablement, le 25 mai, si je m'en rappele bien, par le "rouleau compresseur", des bandes desordonnees du candidat Fignole, et defendue, d'abord, par des partisans fanatiques de Duvalier dont un jeune oncle, a cette epoque, Tatine, et Max Ti Babal, et, plus tard, par la police et l'armee reguliere.
Finalement, Duvalier sortit de la campagne electorale, encore plus populaire qu'il ne l'avait ete auparavant, ayant ete ministre, sous Estime, et ayant participe a la campagne d'eradication du pian, dans les zones rurales. Tel ne le fut pas le cas, a sa mort, pour son fils, Jean Claude, qui ne beneficia pas de la ferveur electorale, qui etait peu connu dans les campagnes. Jean Claude se voulait, egalement, plus conciliant, s'etait rapproche, beaucoup, de la bourgeoisie, surtout par son mariage avec la fille Bennet, et s'etait eloigne de la classe moyenne, la classe qui pouvait gagner des elections, en particulier, dans ce pays ou la casse proletarienne etait remplie d'analphabetes et de sujets non scolarises. La revolution qui amena la chute de Jean Claude fut, de mon avis et en grande partie, le fait de jeunes haitiens et chretiens qui on ete:
- scandalises par le luxe de celui-ci et de sa femme, une mulatresse du Sud, et par le rejet de son ancienne fiancee, une negresse du Nord,
- incites, un peu, par la theologie de liberation et par la lecture extensive, a travers le pays, de la bible protestante,
- enhardis, un peu, par la relaxation de l'autoritarisme et par l'embarras de Jean Claude a recourir a la repression3 populaire, soit par timidite, soit a cause de la pression internationale, un embarras que n'avait jamais connu son pere, qui avait ete plus populaire (lisez, au chapitre 2 des Mobiles Inconscients..., " II.7 La Transférence Populaire et l'Avènement au Pouvoir de François Duvalier " )
- et n'ayant, jamais, ete partisans de candidats, faute d'elections.
En fait, la presence de Roger Lafontant, un lointain cousin du cote grand-maternel, n'aurait, en rien, arrange les choses, car Jean Claude voulait, reellement, liberaliser et c'est pourquoi je ne le lui ai pas attribue le trait F (le trait faciste), dans mon ouvrage anglais de recherche sur les causes de l'anachie politico-sociale et chronique en Haiti, alors que je l'ai attribue, volontiers, a son pere. Enfin, Roger Lafontant avait ete, au dernier temps du regime, un super-ministre de l'executif, a cote d'autres, comme Marc Bazin, par exemple, qui navaient, jamais, ete, non seulement , des "macoutes"4, mais, non plus, de fervents partisans ou de partisans, tout courts, du regime dictatorial. Je n'ai, jamais, connu Jean Claude personellement, bien que lui et moi restions, souvent, apres les classes, regarder s'entrainer l'equipe de "volley-ball" de Saint Louis de Gonzague. Jean Claude, alors "mon benjamin", aurait voulu m'aborder, mais il etait toujours guarde et ce, en pleine cour de l'ecole- une encoche a la securite de l'ecole, par des militaires et des miliciens bien armes (le geant Rodrigue et d'autres). Je ne lui ai serre la main que deux fois, une fois, quand il vint assister a la ceremonie de remise de diplomes des medecins de ma promotion et une autre fois, a sa visite a notre maison familiale du haut de la ruelle Roy qui abrite, maintenant, le CHREPROF (Centre Haitien de Recherches pour la Promotion Feminine), mais je n'ai, jamais, participe aux rejouissances duvalieriennes. Si j'avais eu l'occasion de parler a Jean Claude Duvalier, je lui aurais, certainement, suggere de se hater d'instaurer la democracie et d'abandonner le pouvoir a vie. Ceci aurait pu etre, aisement, realise en invitant les opposants et en eloignant les fanatiques du regime, comme Roger Lafontant5, de la campagne electorale.
J'ai eu ces mots suivants dans mes Mobiles Inconscients... et sous le sous-titre de Révolution ou Évolution, laquelle Est Payante? "Quelques socio-analystes pensent que les révolutions ne sont pas nécessaires et qu’une croissance sociale et économique équilibrée permet de les éviter. Cette opinion est, toutefois, entâchée d’idéalisme tout comme l’est l’idéologie révolutionnaire. La position antirévolutionnaire, a été défendue, avec acharnement, par des théoriciens tels que Voltaire et Johnson; à l’opposé, l’attitude révolutionnaire a été applaudie par des idéalistes tels que Rousseau, Calvin, Marx, et Engels. Cependant, la réalité socio-politique, est, souvent, très complexe, et aucune des deux formules peut ne pas apporter de solution ajustée à l’évolution de cette réalité. Haïti doit, par conséquent, se montrer ingénieuse.
Personnellement, je pense que la succession de révolutions qu’a connues Haïti, depuis son indépendance, même en résolvant un goulot d’étranglement conjoncturel, n’a conduit qu’à des solutions temporaires pour des problèmes d’ordre structurel. À long terme, cette anarchie chronique a nui au progrès économique de la nation, au bien-être social de ses citoyens et, en général, à la qualité de la vie dans ce pays."
Enfin, j'ai vu pas mal de ces jeunes revolutionaires en action, mais j'ai, surtout, vu ceux de la classe proletarienne qui ont semble suivre la revolution lancee par des jeunes de la classe moyenne. J'ai vu, par exemple, etre abattu devant moi, un jeune pillard, alors que j'etais, sur la rue de Christ Roi, avec mon garcon, Emiliot, et nous nous empressions de regagner le domicile; j'ai vu cette foule de jeunes venir pour assailir le domicile d'Elous Maitre, au Sacre-Coeur, mais en vain, car il etait defendu par des soldats bien armes; j'ai vu des soldats, carabines a la main, partir a la poursuite de ces jeunes assaillants qui s'etaient un peu trop rapproches du sanctuaire des Duvaliers et de la maison d'Antoine Herard, a Debussy, alors que je faisais du "jogging" matinal, dans ces "hauteurs" de la capitale, pour echapper a l'atmosphere pollue du bas de ville.
Addendum: Tous mes remerciements au cousin Jacques Cassagnol qui m'avait aide, avec sa camionette, a sauver la TV de Ricame, pas mal de mes ustensiles, ma trousse medicale et mes gros manuels de medecine de la main des jeunes pillards, a la "ruelle Roy en haut".
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1 Quelques noms de familles qui habitaient le segment nord de la rue Roy, a l'epoque: le pere (Ti Babal) et les freres Momplaisir, la famille Prudent (dont une infirmiere etait une connaissance de Simone Ovide et hebergeant la belle Gladys, ma premiere bien-aimee ("beloved")), la famille Legros (dont Lyonel est un "reporter" a New York), la famille Miles (dont les freres, surtout Eddy, ont ete des amis d'enfance) et la famille Lafontant, la notre; plus tard, la famille Roche (dont la belle Ginette fut ma seconde bien-aime) et la famille Bernadel (dont Georges fut un camarade de classe, venu des Cayes)
2 Quelques noms de familles qui habitaient le haut de la rue Roy, a l'epoque: la famille Roy, la famille Leis, la famille Dallemand, la famille Vorbes, un insolite, Roger Qualo (Tatine) et sa femme, venus quelques temps apres; beaucoup plus tard: la famille Prospere (dont la belle Odylle, ma "divine Diloue", fut ma troisieme bien-aimee) et dans la ruee attenante et parallele: la famille Charles (dont Victor fut un camarade de classe, venu de Port-de-Paix) et la famille Lopez (une ancienne de la zone, dont Yves fut un camarade de classe).
3 Quelques jours seulement avant la chute de Jean Claude Duvalier, il y avait une demonstration de la vieille milice dans la capitale. Habilles en gros bleu, celui des paysans, comme toujours, les miliciens avaient defile, armes a la main. J'etais tombe sur eux devant le vieux edifice de Saint Louis de Gonague, a la Rue du Centre, alors que je m'etais trouve dans un taxi et j'avais reconnu des membres de l'ancienne guarde de Jean Claude a Saint Louis, mais ils etaient visiblement fatigues de leur role, apres tant d'annees deplorables; m'ayant vu et m'ayant reconnu, l'un d'eux, Ms. Desinor, qui avait travaille avec moi, comme auxilliaire, au Centre Eliazar Germain de Petionville ou elle s'etait acquite, conscieusement, de sa tache, avait brandi son fusil, soit pour me signifier qu'ils etaient toujours la, soit comme une menace, mais ceci ne m'impressiona point; par la suite, j'avais appris, avec peine, qu'elle etait tombee malade et etait morte; on meurt si vite dans ce pays, mais j'avoue ne pas connaitre suffisamment cette auxillaire qui aurait ete militante pour le pis.
4 Les "tontons macoutes" et les "fillettes lalos" avaient ete ces terribles agents de la repression duvalierienne, au debut, constitues par de jeunes fanatiquesc de la classe moyenne qui portaient, la nuit, une cagoule pour harasser et maltraiter les opposants; plus tard, elle avait ete organisee en une milice reguliere, surtout apres le grand defile historique du 22 septembre, dans la capitale, de milliers de partisans venus de tous les coins du pays et habilles de gros bleu (une demonstration de la popularite de Duvalier), et avait inclus des gens de toute classe qui ne se deguisaient plus. La milice duvalieriste avait ete une milice ignoble et paramilitarisee et, avec elle, l'intolerance politique et sociale avait ete a son maximun, la critique verbale, meme a domicile (experience personelle), du regime avait ete interdite et les "faux denonceurs" avaient ete nombreux.
5 Personnellement, je n'ai pas connu Roger Lafontant et je ne lui ai jamais parle. Une fois, j'avais ete dirige a la maison de celui-ci, alors qu'il avait ete ministre, par son cousin et sa femme, une tante, en quete de travail de medecin, mais celui-ci etait sorti ce matin, en trombe, comme s'il avait eu quelque chose d'important a regler, et n'avait meme pas daigne me saluer. Enfin, si le dit vrai l'historien Lyonel Paquin que Duvalier ait mis fin a la politique de classe et couleurd en Haiti (nous aurons le temps d'y revenir), une politique heritee de la periode coloniale qui a ete reinstauree, au cours de la periode neocoloniale, concommitante a l'occupation et qui a donne lieu a un mythe, celui de la grimelle (Cf., Mobiles Inconscients...), on doit reconnaitre que le Dr. Roger Lafontant a ete, certes et, surtout, par son action a l'unique Faculte de Medecine d'alors, un des artisans de cette fine , mais ceci n'excuse point son militantisme aveugle
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a Le quartier regional qui avait ete gagne a la cause duvalieriste avait ete le Bas Peu de Chose, le sanctuaire de "Diabolo", forme par des jeunes de la classe moyenne, dont les Sterlins; le quartier regional gagne a la cause Dejoiste avait ete le Turgeaut d'ou sortait la bande de mardi-gras Arroyo, dirigee par de jeunes mulatres deguises en "Bebe Grandit"; le quartier general regional gagne a la cause fignoliste avait ete le Bel Air, le sanctuaire de Titato, puis de Nirvana, la bande aux "gro dada."
b Le vaudou est l'embleme de la revolution anti-esclavagiste, en Haiti, car ce sont des pretres vaudous qui l'avaient dirigee (Mac Handal et Boucman au Bois Caiman).
c Un jeune cousin a cette epoque, Jean Claude en fit parti, mais il ne prit jamais part a aucune repression et a aucun crime politique; quant a Guy, un autre cousin plus age, qui m'aurait harasse avant la maladie qui avait cause mon depart d'Haiti, alors que j'avais ete loge par sa mere, je ne l'avais jamais vu avec le costume de miliciens; il n'avait que travaille dans le transport des materiaux destines a la construction des villas luxueux sous le regne des Duvaliers.
Phtographie d'enfants de la classe moyenne prise a la maison des grands parents a l'Avenue Christophe, avant la chute de Magloire: 1ere rangee: de droite a gauche: Lionel, Micheline, Ti Jacques (le fils d'une domestique, Denise, a l'epoque); 2ieme rangee: Mona qui n'a pas voulu aller en arriere, ?, Ti Co- un cousin bien aime, une cousine Borde, ...; 3ieme rangee, un peu desordonnee: ?, Ti Nelle, toute proche de Ti Co, une autre fille de Germaine Borde; quatrieme rangee: ?, probablement, une fille Kernizan, Ti Roger, ?, Ti Carme- une cousine bien aimee, ...; derniere rangee: ?, Claudi, ...; ; Maguy - une cousine bien aimee - n'y figure pas car elle n'etait probablement pas encore nee. Remarquez qu'aucun ne souffrait d'obesite (bien au contraire), un fait qui pouvait etre en relation avec la petite economie de la classe moyenne.
d
Duvalier aurait dit dans Les Oeuvres Essentielles qu'il etait ne au Bel Air; ce quartier a ete, autrefois, un beau coin de la capitale qui fut entoure, plus tard, de bidonvilles, un sort reserve a tous les beaux quartiers de la capitale; des lors, Duvalier ne serait pas ne proletarien et ceci expliquerait sa presence a l'unique faculte de medecine de ce pays a l'epoque avant la fin de "la politique de classe et de couleur".
e Un jeune neveu mulatre dont le pere et le grand-pere sont des medecins s'etait presente, il y a de cela peu d'annees, a la Faculte de Medecine pour s'inscrire ou pour recevoir les resultats de l'examen d'inscription quand les secretaires, probablement des negresses, lui repondirent, impoliment, que "Class ou ta vle se li ki ta pou tojou la" et lui tournerent le dos, une mauvaise tournure prise par la politique antidiscriminatoire, duvalierienne, ayant cree et creant, maintenant, de la discrimination a revers, de la discrimination populaire dirigee contre les mulatres et la bougeoisie, un scenario bien particulier a Haiti; a une epoque donnee, sous Papa Doc, la plupart des etudiants a cette faculte, avaient ete des miliciens, mais lorsque j'y suis rentre, sous Jean Claude, aucun de ceux de ma promotion ne l'etait.
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