Homme de loi
gloire sur les sables, tiares infaillibles et mortiers de tribunaux, mitres tentatrices de l'insolite et aigrettes d'oiseaux nocturnes, receleuses de démoniaque, tous attributs qui se font couronnements de haute échappée, d'une commune intention à désemparer les espaces, rendre chimériques les horizons et faire virer au secret ou à la révélation les ciels qui les découpent. A la manière même dont le peintre rassemble et redistribue ces dons de l'espace et du mouvement, on oserait presque, en rêveur des mots, jouer sur d'autres clefs et dire que ce dénominateur également dénombre et aussi dénomme, livre des noms nouveaux d'alliances, libère les images enfouies, et qu'en cela il multiplie enfin les pouvoirs de ces analogies instinctivement ici comparées : voiles d'eaux bleu-de-ciel, oiseaux-fleurs de feu, foudre-visitation, plaidoiries noires d'encre, contre-exorcisme d'hibou-prélat... Entre l'espace encore imaginal dans l'instant de pure matérialité dont le peintre saisit sa palette, et le temps de la toile affrontée, se prépare une transmission d'êtres, que René Smet, interposé aux carrefours des mutations et des échanges, a retenu dans la durée ou le suspens quasi-alchimique de l'acte, et dans l'idéal pouvoir reconnu propre à chaque matériau, d’œuvre en œuvre différemment choisi entre plusieurs, dont la couleur métamorphoserait à elle seule une forme encore cependant inapparue et la naissance de celle-ci s'emparant de la contrainte même de la matière pour lui conférer son règne individuel et son identité. De tels jeux retiennent sous la surface des choses une palpitation de la profondeur et la respiration inconnaissable qui libère cependant pour nous l'instant secret où le peintre avait heurté et fait retentir quoi donc au juste, qui puisse se dire, au-delà des équivalences harmoniques du visible pur sous les illusions accidentelles... Au-delà avons-nous à connaître ?