Les veilleurs





C'est que, décisif paradoxe, entre des êtres cependant irréductibles les un, aux autres, et précisément en cela revêtus d'apparences désignatrices, intenses, ou protégés par leurs significations singulières, fusent-elles souvent déviées - Hommes de Lois aussi inquiétants peut-être que ceux qui les ignorent, qu'ils défendent ou qu'ils accusent, Femmes de l'extrême rivage des crépuscules de notre monde, fragiles Arlequins, habiles maîtres de jeu des tréteaux et des planches des comédies tragiques, mais vaincus par la vie. Evêques d'imaginaires cités à peine naissantes de lumière sur les horizons, vides, Voiles vivantes catalysatrices de suspens d'orage et de trombe sur leurs brèves clartés... - René Smet a capté ce qui pourrait se nommer un dénominateur commun des phénomènes d'incertitude et d'aléatoire, en une poétique du Pays des Nombres, hallucinés jusqu'à devenir comme les Apparus d'autrefois sur les chemins de Verhaeren, visionnaire veilleur des mêmes horizons originels que notre peintre : robes féminines ou écclésiastes - dépouilles de prétoires ou toges de théâtre, rouges ou noires, et vêtures presque ordinaires d'insoupçonnables fantômes de plein jour, recèlent en leurs plis, comme des magiciens, les secrets de leurs éventuelle, ressemblances, les gestes contradictoires des inquiétudes à donner ou à recevoir, à provoquer ou à ressentir, comme les voiles qui sous le vent ne vivent et n'en accueillent les souffles, que de la fièvre de ceux qui les lèvent pour s'y opposer et en ravir la force.  Voici également que dans le sillage même de ces voiles lointaines aux cornes blanches sur la mer, des analogies s'appellent et se forment, des complicités se taisent, qu'une touche audacieuse vient trahir : hautes coiffes bretonnes, appareillant pourtant sans

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