La conversation
autres grands oiseaux isolés, plusieurs, dignes d'être
même abordés dans leur isolement. Celui-ci semble n'avoir
jamais quitté la transparence de cette nuit et l'âme du peintre,
pour la quête hasardeuse d'une métamorphose du retour, d'un
retour en notre monde du Jour ? Pourquoi le ferait-il, qu'aurait-il à
nous envier ? Il règne, comme celui du poète maudit sur le
buste de Pallas au-dessus de la porte, au-dessus de notre Seuil.
Il règne et possède pour toujours le mensonge d'aube et la
vérité de la nuit.
Mais sous cette Présence même, il nous est arrivé
d'en rencontrer un ensemble de multicolores fantasques et mythiques, de
plein ciel, de plein feu du jour et du soleil, et de plein vol, et non
pas en repos de guet comme le Grand Nocturne. En ceux-ci, variations
d'un Thème, certains traits induisent une impression d'un rêve
de vol particulier et de chute volontaire instinctuelle qui ne trompe pas.
Nous avons même reçu l'une de ces volontés de précipitation
vers notre terre, comme une Visitation ou une Annonce, une alliance mythique
dont tout légendaire humain livre tant d'exemples entre l'homme
et l'oiseau messager, intersigne, de prophétisme et d'une divination
à entendre en double sens du devin et d'une divinité réelle
planant sur ces frontières visionnaires que l'Oiseau Voit.
Mais au-delà, et dans ce climat "smetéen" des passages de
frontières et de seuils, autre est aussi l'acte de ces foyers ailés
de toutes couleurs : ces vols immobilisés dans l'espace cerné
par le peintre, ces oiseaux de lumière ardente d'arcs-en-ciel bouleversant
leurs couleurs fondamentales, gorgés de teintes vives, sont des
saturations vivantes de ces ciels qu'ils viennent de vivre... qu'ils vont
cesser de vivre et cependant retrouver.