Les grands arbres




C'est ainsi que des œuvres nous paraîtraient, plus que d'autres, être celles des départs d'Utopie, parmi les Voiles nombreuses de croisières, sans doute sans escales prévues, ou de régates insolites, peut-être immobiles sur l'espace de la mer, mais entraînées dans le Temps... Nous savons, pour les avoir ressentis, parallèlement, comme si nous les avions vécus sous des Ciels réels de Bretagne, auxquels nous mesurions nos rêves, quels Crépuscules violacés sont ici les seuils les plus inévitables de la Nuit.  Nous avons reconnu des Oiseaux, qui semblent avoir joué, comme thème et comme variations dans l’œuvre entier, le double Jeu de la migration dans le temps de la vie du peintre, faits de départs, d'absences et de retours dans les tableaux oubliés, et de la présence toujours proche, presque divine d'oiseau-prophète, initiateur.
Parmi eux, nous aimerions parler d'une grande huile du passé peut-être, mais d'une irréfutable présence d'aujourd'hui, et d'une plénitude de Sève noire, que nous nommerions Grand Corbeau ou Merle Nocturne, si l'un et l'autre noms ne restreignaient, et qu'à le désigner nous n'éprouvions pas tout de suite que nous effacerions déjà le sens de la Présence d'un grand Etre-Nuit, d'une Ténèbre ailée, de l'indicible possesseur d'un espace au-delà, précurseur de l'acte, antérieur au jeu de l’œuvre, et qui refuse lui-même de signifier autre chose que sa présence et de dire les références de son apparition de transgression, s'accomplissant vers nous, hors de nous, - nul ne le sait - détenteur d'un temps suspendu qui masque sur quel événement il s'est arrêté.  Rien d'autre ici que la Présence, l'Espace, le Temps, composantes de cette matière de Ténèbre.
C'est une nuit comme nous n'en pourrions voir sans doute que par le regard ailé d'un Crépuscule déjà dépassé mais rebelle encore à enfermer toutes les ombres, ou l'erreur d'une aube fausse et incertaine au cœur zodiacal de la nuit : Et tel se présente et se refuse peut-être un faisceau de secrets des paysages de René Smet, d'abord de n'être pas paysages vrais, mais espaces de vision, où l'absence de circonstances quotidiennement

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