Florale




Nous en soupçonnons qu'une lutte dramatique fut souvent de reconnaître quel être attendait de ne plus errer hors de lui-même et d'appartenir à un espace définitivement désigné, ou d'être reconduit au-dehors, effacé de cette œuvre, pour entrer dans une autre.  René Smet, nous le savons, s'est inlassablement soumis à ce jeu contraire de mise et remise en scène, d'espoir et de regret, d'exil et d'accueil, dans une ascèse sans contrepartie, hostile à l'entière joie de la création.
Nulle trace technique de ces retours et de ces départs, de blessures et de stigmates ne subsiste visiblement, de cette lutte acharnée à retenir et à libérer, à emprisonner ou à chasser... Les signes en sont autres... Comment dire, presque dans l'instant où nous avons feint de détourner notre regard d'une œuvre, d'un de ses êtres, fût-il un objet, un lieu-dit, une lumière ou une ombre du paysage, pour brusquement y revenir, presque en surprise ou même d'oubli de notre geste, et y surprendre comme la complicité d'un aveu dans l'attitude, dans l'inhabileté volontaire d'un masque que nous n'avions pas soupçonné, une connivence avec un passé de l'œuvre, une interprétation fugace que nous avions crue démentie par notre analyse.  Des êtres de René Smet, certains gardent ce climat de retour de héros qui, revêtus du Tarnhelm, du Heaume magique qui les ont successivement changés aux yeux de tous en doubles d'eux-mêmes, et à double connaissance d'eux-mêmes, à double ignorance de leur jeu, conservent maintenant qu'ils se détournent de leurs apparences ou affrontent la face même de leur identité, une puissance inaltérable de détachement.
S'il nous est permis, s'il nous est possible de reconstruire ainsi, sans désaveu, le travail même du peintre, non plus sa vision onirique à mains encore libres, mais l'affrontement à la matière picturale, à son support, à

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