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Description de l’esthétique générale du projet On
retrouvera une adéquation intime entre le fond et la forme de ce documentaire,
c’est-à-dire entre l’œuvre de Brault et bon nombre de procédés propres
aux œuvres audiovisuelles : ce film possédera donc une double valeur
artistique, ce qui ajoutera à sa singularité.
Il faut d’abord préciser que la structure
narrative de ce document d’art et essai correspondra à l’évolution esthétique
de l’oeuvre de Brault. Au fil des recueils, son esthétique passe
graduellement du monde concret, urbain, tangible, à une nature quasiment
abstraite et organique; aussi, au fur et à mesure que le film se déroulera, on
passera de la sphère de l’explicite (dialogues, entretiens, confidences) à
celle de l’évocation (plans longs, silencieux, illustrations chargées,
connotées). Selon le même principe d’écho structurel, les premières scènes
du film se dérouleront plus volontiers à la ville en suivant un rythme assez
rapide, alors que celles de la fin se situeront au cœur d’une nature quasi
impressionniste au rythme plutôt lent — ce qui correspond pleinement à
l’évolution du rythme au sein de l’œuvre du poète. Enfin, comme la présence
de l’homme, la figure humaine, se fait de plus en plus rare dans sa poésie,
l’homme-poète s’effacera lentement de notre film, pour laisser transparaître
les traces de l’œuvre.
La dimension composite et multidisciplinaire
de l’œuvre de Brault (poésie, récit, essai, peinture) trouvera quant à
elle une résonance au sein de ce film sous forme d’une mosaïque des procédés
auxquels nous ferons appel (entretiens, cinéma direct, séquences mises en scènes,
surtitres et intertitres, poèmes filmés, œuvres picturales, etc.)
Le filmage devrait se faire de manière
sobre et rigoureuse, de manière à refléter le plus possible la discrétion de
l’homme et l’exigence de son œuvre : on y retrouvera peu de plans à
l’épaule mais plutôt des mouvements de caméras les plus fluides possible. |