| LES
EDITEURS AMERICAINS DE PAPERBACK ORIGINALS (PBO) |
Le pionnier en la matière fut Gold Medal Books, une collection de paperbacks lancée par Fawcett (voir les détails dans l’article de Bill Crider). L’idée fut assez vite reprise par d’autres éditeurs de collections au format poche, et nous donnons ici quelques informations de base sur les principales séries mentionnées par Bill Crider. Les collections qui existent encore de nos jours sont pour la plupart reprises par des grands groupes de l’édition américaine actuelle, un monde de l’édition qui a subi nombre de concentrations et d’associations durant ces dernières années. |
| LES
MYTHES |
|
|
GOLD MEDAL créée en 1950, elle publia des originaux de David Goodis, Charles Williams, Gil Brewer, Harrry Whittington, John D. MacDonald, Lionel White. Série qui fut rachetée par d’autres groupes d’éditions après les années 80, et qui existe encore sous son nom d’origine comme une des collections publiées par le groupe qui l’édite actuellement… << Charles Williams |
|
LION BOOKS série mythique qui pendant ses quelques années d’existence indépendante, de 1949 à 1956, publia des titres emblématiques de la littérature noire, dans ses 225 premiers volumes, d’auteurs tels que Jim Thompson, David Goodis, Day Keene, Robert Bloch, Richard Matheson. Publia des originaux dès 1950. Etait connue des amateurs de l’époque pour publier des romans durs et âpres, avec peu de concessions. << Jim Thompson |
LES AUTRES … |
|
|
AVON une des plus anciennes série de poches, créée en 1941. Une des maisons importantes aux USA. Elle existe encore de nos jours. (voir les détails dans l'article de Bill Crider - page précédente) << Gil Brewer |
|
BANTAM collection fondée en 1945 par Ian Ballantine ; publia des rééeditions de grands auteurs américains mais se diversifia très vite pour toucher tous les domaines de la ficition et du récit. En 1952, sous la poussée des séries concurrentes qui publiaient des romans originaux en première édition dans leurs séries poches, l’éditeur créa la collection BALLANTINE qui se spécialisa d’abord en S-F et publia les plus grands noms de l’époque. Les paperbacks de Bantam existent encore de nos jours. << Frederic Brown |
|
CREST collection de « paperback originals » créée en 1955 par Fawcett, sur la lancée et le succès de leur Gold Medal Books. Tous les genres y étaient représentés, mais la série se spécialisa dans des publications de westerns et d’humour. Un de leurs plus grands succès : Psycho,1959 de Robert Bloch (Psychose, 1960). << Robert Bloch |
|
DELL vieille collection de poche, existant depuis 1943. Publia des originaux dans sa série Dell First Editions à partir de 1953 et parmi ceux-ci des romans de Frederic Brown, Jack Ehrlich, Donald Hamilton, à côté de certains auteurs qui venaient de Gold Medal, comme Charles Williams, John D. MacDonald. Dell existe encore de nos jours mais uniquement pour des republications en paperbacks d’originaux parus en séries cartonnées, dont nombre de romans policiers. << John D. MacDonald |
|
POCKET BOOKS historiquement le premier éditeur US de « mass market paperbacks » (livres de poches à tirage de masse) ; son nom qui signifie « livres de poche » est passé dans le langage courant en France et les autres pays européens (aux USA, on parlera de « paperbacks » pour désigner les même sortes de collections). Cette collection qui sortit ses dix premiers titres durant la seconde moitié de 1939, existe encore aujourd’hui et publie toujours dans celle-ci des rééditions de romans policiers. << David Goodis |
|
SIGNET fondée en 1948, la série publia d’abord des rééditions de collections reliées. Grâce à Mickey Spillane, cet éditeur de paperbacks atteignit des tirages record (voir notre présentation Tout dans les poches dans cette page). Se lança plus tard dans la publication d’originaux. Parmi les auteurs on trouve Horace McCoy, Jim Thompson. Signet existe encore de nos jours, et c’est elle qui publia le dernier roman de Mickey Spillane Black Alley, 1997, avec Mike Hammer (toujours pas traduit en français). << Mickey Spillane (variante de la couverture voir page 1) |
| ET
PENDANT CE TEMPS-LÀ, EN FRANCE… |
||||||||||
| Si le Livre de Poche ne sera lancé
qu’en 1953 en France par Henri Filipacchi (groupe Hachette), inspiré
directement de l’expérience des « pockets » aux tirages
de masse aux USA, il y avait déjà, depuis les débuts
du 20e s., plusieurs collections à bon marché proposant
des rééditions de littérature générale
et populaire. Mais leurs tirages de base de n’étaient jamais fort
importants. Après la deuxième guerre mondiale, la littérature policière avait, elle, ses propres collections, publiant des originaux et des traductions, parfois à bas prix mais le plus souvent à un prix réduit, prix qui restait cependant bien au-dessous de ceux pratiqués pour les romans en première publication de la littérature « sérieuse ». Les séries du « Masque » (créée en 1927) pour la littérature de détection, ou la « Série Noire » de Gallimard (depuis fin 1945) pour le roman noir, se rangeaient dans ces prix réduits. Meilleure marché sera la série « Un Mystère » des Presses de la Cité, lancée en 1949, qui publiera traductions et originaux d’auteurs français, se positionnant rapidement en concurrente directe de la Série Noire. Les tirages de ces collections, à partir de 1952, étaient tous très importants et assez inhabituels pour l’édition française. A noter que Georges Duhamel puisa à profusion dans les « paperback originals » américains pour étoffer rapidement son catalogue Série Noire dans les années 50. Source principale : les romans publiés par Gold Medal ; Lion Books fut également une source de choix. « Un Mystère » récolta souvent les titres américains oubliés par Gallimard, ou ceux d’auteurs déjà connus, dont certains romans étaient publiés dans d’autres séries de poche américaines, originaux ou rééditions. Contrastant avec les austères jaquettes de la SN, « Un Mystère » s’inspira fort de la présentation des « paperbacks » américains : illustrations colorées et racoleuses dérivées directement de l’exemple américain et… un petit éléphant tenant un livre ouvert comme logo de couverture, rappelant les symboles utilisés par les diverses collections de poche américaines de l’époque.
Ce qui se rapprochera le plus de l’idée de « paperback originals » américaine, en France, sera la série policière « Spécial Police » lancée par les Éditions du Fleuve Noir en 1949, ne publiant que des originaux d’auteurs francophones, au format poche à un prix très bas. Cependant la qualité générale n’était pas souvent au rendez-vous et ses auteurs ne pouvaient que très rarement rivaliser avec ceux de la SN ou Mystère. Mais ils se vendaient, dès 1952/53 avec des tirages assez fabuleux qui iront en croissant au cours des années 50 et 60.
On devra même attendre le début des années 60 en France pour que Le Livre de Poche crée sa série « policier », mais qui ne publiera que des rééditions de policiers déjà publiés par diverses maisons d’édition conventionnelles. A noter que, dans la foulée, Gallimard va exploiter le fonds Série Noire en en rééditant un grand nombre dans une série meilleure marché à partir de 1967. Ce sera la collection Poche Noire, au format poche. Plus tard, en 1971, elle sera remplacée par la série Carré Noir, remplissant la même fonction. folio prendra le relais fin des années 90. |
||||||||||
| Curiosité Ce n’est pas le Livre de Poche qui a le premier en France lancé l’idée du livre format poche bon marché en édition de masse. Ce seront les éditions « Marabout », lancées en Belgique en 1949 et qui connaîtront vite le succès dans le monde francophone. Si Marabout publia surtout des rééditions ou des romans libres de droits à ses débuts, cet éditeur publiera assez vite des originaux (en traductions). Quelques romans policiers en feront partie. Ironie : plus de 40 ans après sa fondation, les séries Marabout , mal en point, seront reprises par Hachette, qui s’empressera de démanteler ce petit géant du livre de poche, éternel touche à tout aux intuitions géniales. |
<< retour chapitre DOSSIERS NOIRS |