POLAR NOIR



LE DOSSIER COMPREND 4 CHAPITRES :

DES PULPS AUX "PAPERBACK ORIGINALS"                                          VERS CHAPITRE
LE PAPERBACK ORIGINAL AMÉRICAIN   article de Bill Crider      vers page 2 >>> vers page 2 >>>
LES PRINCIPALES SÉRIES DE PBO AMÉRICAINES                   SUITE SUITE SUITE
ET PENDANT CE TEMPS_LÀ, EN FRANCE...                           SUITE SUITE SUITE SUITE




LE PAPERBACK ORIGINAL  AMERICAIN
article de Bill Crider


Les  romans noirs américains en édition originale publiée directement dans les collections au format  poche




Le « paperback original » tel que nous le connaissons (aux USA) est né en 1950. Même à cette époque il n’y avait rien de nouveau dans l’idée de publier sous couvertures souples des romans originaux, jamais publiés dans d’autres séries, telles les Beadle à 5, 10 ou 15 cents (US)  certainement familières à beaucoup d’entre vous. Les séries publiées par Beadle débutèrent environ 100 ans avant 1950. Même durant les années 1940 il existait des romans qui étaient publiés directement sous couvertures légères, sans être passés d’abord par les éditions plus chères, reliées et à couvertures cartonnées. Beaucoup de ces romans étaient cependant publiés par de petites maisons d’éditions; c’étaient des livres de petite taille et pas très épais (les Handi-Books, par exemple) et ils ne ressemblaient pas du tout à l’aspect des rééditions dans les séries « poches » d’éditeurs plus importants tels que Pocket Books, Bantam, Avon et d’autres.

Buid my Gallos High -
You'll Never See Me Again - William Irish - (Dell 10cents)  

Dagger of Flesh - richard S. Prather - (Crest)
Geoffrey Homes
Ace Double Novel
William Irish
Dell 10 cents (1951)
David Goodis
Lion Books
Richard S. Prather
Crest


La nouveauté du « paperback original » démarra en douceur par un court article publié fin 1949 dans le « Publisher’s Weekly » du 3 décembre. L’article annonçait :  « Début février (1950), des romans en première publication, y compris des policiers et des westerns, seront vendus à 25 cents dans un format de poche par la Fawcett Publications ».
La nouvelle collection, qui s’appellera « Gold Medal Books », avait en fait déjà démarré avec deux volumes « expérimentaux » -tous deux en fait des anthologies de textes tirés de deux magazines appartenant à  Fawcett-  qui avaient pour titres : The Best of True Magazine  et  The Best of Today's Woman.
Cette annonce de 1949 ne semble pas avoir provoqué de réactions excessives et donc Fawcett ne donna aucune nouvelle supplémentaire concernant son projet, jusqu’à cet autre bref article publié le 13 mai 1950 dans « Publisher’s Weekly ». L’article annonçait que les nouveaux livres de Fawcett sont « …similaires en apparence et par le type de couvertures à nombre de livres de format poche publiant des rééditions, mais le matériel utilisé était original et non des reprises d’éditions normales. » (Le mot-clé ici était « normales ». Les éditions originales normales étaient toutes cartonnées ou reliées -typique des éditions aux USA->Ndt ; les formats poches étaient, jusqu’alors, tous des rééditions. Pour cela des « brochés » au format poche publiant des textes originaux n’auraient jamais pu passer pour des éditions « normales »).

Les auteurs fournissant les textes originaux pour cette nouvelle formule d’édition recevaient une avance de 2000$ en à-valoir sur le premier tirage de 200.000 exemplaires garantis.
En mai 1950, Fawcett publia les quatre premiers romans de leur série Gold Metal : Stretch Dawson de W. R. Bumett (l’auteur de  Little Caesar -  Le Petit César), Nude in Mink de Sax Rohmer (le créateur de Fu Manchu), I'll Find You de Richard Himmel, et The Persian Cat de John Flagg. Le livre de Burnett appartenait au western (un genre toujours très populaire à l’époque aux USA- Ndt), les trois autres formaient un mélange de policiers et de roman d’aventures.

GOLD MEDAL - logo

Une telle approche éditoriale nous semble presque inévitable, surtout de nos jours (en 1971-Ndt) lorsqu’on constate que  les premières publications  paraissant en format poche sont souvent parmi les plus grands succès d’éditions de l’année (comme les best-sellers de Pyramid, la série Bicentennial  de John Jakes si imitée, ou le roman Wicked Loving Lies chez Avon qui a été vendu à environ 300.000 exemplaires le premier mois de sa parution…).

En 1950, les éditions brochées de poche (les « paperbacks ») existaient bel et bien, mais leur existence étant principalement consacrée à la réédition des éditions chères cartonnées, et on assista vite à un « débat passionné », comme le qualifia « Publisher's Weekly », qui opposa Fawcett aux autres maisons d’édition, principalement à Pocket Books, un pionnier de la réédition en format poche.
Freeman Lewis, sous-directeur de Pocket Books, déclara: « Les auteurs à succès ne sont pas intéressés par des éditions à 25 cents ». D’autre part, Lewis convint que nombre de textes originaux, non publiés étaient disponibles, mais que ceux-ci étaient « …principalement des rejets, ou des livres ratés d’auteurs par ailleurs compétents ».

Le débat avait également un aspect financier.  Avec les éditions originales à bon marché, les auteurs percevaient l’entièreté de leurs droits ; par contre si leurs textes avaient été édités pour la première fois en édition reliée « normale », l’auteur devait partager à hauteur de 50% ses droits découlant de la réédition en format poche  avec l’éditeur de l’édition « normale ».
Mais ces éditeurs « normaux » firent vite remarquer que l’auteur publiant d’abord en série poche ne recevra aucune royalties sur les éditions « cartonnées » ou les rééditions par les « clubs du livres » (pratique très courante aux USA que de rééditer via les « clubs »- Ndt).
Il y eu aussi de très sérieuses insinuations de la part des maisons d’éditions « normales » que les auteurs publiant leurs originaux directement au format poche n’auront jamais aucune chance de décrocher une vente de droits pour le cinéma.
Fawcett fit remarquer que ses publications en format poche était d’une qualité équivalente à celles des séries poches ne publiant que des rééditions, et que parmi ses auteurs il y en avait un bon nombre qui avaient auparavant publié des succès en éditions « normales » cartonnées, notamment Rohmer, Burnett, MacKinlay Kantor et Octavus Boy Cohen.
A cela s’ajouta le fait qu’un roman original des séries à 25 cents avait déjà été vendu au cinéma, et par cela accrurent sensiblement le revenu de l’auteur (le livre en question  est : The Violent Ones de Howard Hunt, un auteur à succès des années 40 et 50, et qui écrivit des originaux pour série de poche sous son nom ainsi que sous plusieurs pseudonymes - Gordon Davis, Robert Dietrich, David St. John – et qui plus tard devint célèbre dans d’autres domaines).
En conclusion, Fawcett soulignait également le fait qu’il y avait assez de manuscrits disponibles pour tout le monde, et que son activité en publication de textes originaux n’était pas une menace pour les éditions se consacrant aux rééditions ou aux originaux cartonnés.
C’était loin d’être le point de vue de LeBaron R. Barker de Doubleday (une des grandes maisons américaines- Ndt), qui pressentait que la publication d’originaux en format poche pouvait « … saper l’entièreté des structures du monde de l’édition. »
Le débat déjà fort animé prit même un ton plus acide. Donald MacCampbell, agent littéraire, écrit dans une lettre adressée au Publisher's Weekly qu’un éditeur « …menace de boycotter mon agence si elle contiue de négocier des contrats avec les firmes publiant des originaux à 25 cents. ».

Pourquoi toute cette agitation ? Une chose était sûre : Gold Medal  vendait pas mal d’exemplaires de ses titres,  comme Ralph Daigh, directeur de la série le déclara à l’époque:
« Dans les derniers 6 mois nous avons produit 9.020.645 livres et le public semble fort les aimer… ». Gold Medal était une réussite et sa production s’amplifia : de 35 titre publiés en 1950 on passa à 66 en 1951. Il devint évident que les autres éditeurs considérèrent que Gold Medal  non seulement se créait un nouveau marché mais amputait largement le leur. Il apparut qu’ils étaient en fait devenus envieux et étaient plein de ressentiment et que la plupart d’entre eux comprirent qu’ils devront faire face à cette concurrence.
Publisher's Weekly annonça en mai 1952 que Avon (grande maison de publications de livres de poche -Ndt) avait  inclus trois originaux dans ses publications d’avril 1952 et « …cherchait plus de manuscrits ». Dell (autre grande maison de « pockets »-Ndt) « …réfléchissait à un programme de publication systématique d’originaux ». Lion Books avait « …conçu un programme de publications d’originaux ». Graphic avait commencé « … la publication d’originaux sur une base systématique il y a un an… ». Bantam, Pocket et New American Library restèrent fermes, déclarant qu’ils « n’entreraient pas en concurrence dans ce domaine… ».
Il est intéressant de noter que Arnold Hano de Lion Books (collection publiant des formats poche et qui devint fameuse pour ses auteurs de roman noirs – Ndt) crut bon de répondre à cet article par une lettre déclarant que « Les publications originales de Lion Books sont un complément, et seulement un complément, à notre programme de rééditions ».
Une tentative intelligente pour circonvenir la controverse entre les partisans des rééditions et ceux des originaux en format poche, fut celle de Ian Ballantine -  le fondateur de Ballantine Books- qui, en 1952, eut l’idée de proposer un plan aux éditeurs pour la publication simultanée des originaux en deux éditions : l’une, normale, cartonnée offerte en vente dans les librairies et l’autre, au format « pocket » broché, à bas prix destinée à la distribution de masse en kiosque. Un des premiers titres publiés par Ballantine ayant eu un grand succès fut Executive Suite de Cameron Hawley.

Une autre création assez unique en 1952 fut la collection lancée par la A. A. Wyn Company : Ace Double Novel Books. Chaque volume de la série Ace Double Novel comprenait deux romans, une réédition et un original, et avait aussi deux couvertures avec titre (aux recto et verso du volume), un vrai cauchemar pour bibliographe ! Ces volumes se vendaient 35 cents. Le premier Ace Double comprenait The Grinning Gizmo de Samuel W. Taylor (réédition) et Too Hot For Hell de Keith Vining (original).
Finalement, en 1953 Dell annonça Dell First Editions (= Dell Premières Éditions). En fait, Dell préparait depuis un certain temps l’expansion de son programme de « pockets » et avait déjà déclaré auparavant que «  les originaux joueront une grande part dans cette expansion… ». Les premiers titres de sa nouvelle série comprenaient Down de Walt Grove, Madball (Maboul de cristal,1980) de Frederic Brown  et The Bloody Spur (= L’éperon sanglant) de Charles Einstein (fut filmé puis réédité sous le titre  While The City Sleeps ).
Dell, comme Fawcett, eut un énorme succès avec sa série d’originaux publiés en format poche ; la pratique de publier des originaux sous cette forme était donc bien établie et perdura





LES AUTEURS QUE NOUS AVONS RETENUS
DANS LES « PAPERBACK ORIGINALS » 

 –  par Bill Crider

Remarque importante :

Les commentaires ci-dessous concernant certains auteurs américains, furent faits par Bill Crider en 1971, c'est-à-dire longtemps avant qu’ils n’aient produits toute leur œuvre pour certains, ou que d’autres soient présents au catalogue des Gold Medal ou des autres PBO de l’époque.

D’autre part, malgré les grands succès initiaux, et les tirages se chiffrant en millions d’exemplaires, certains des grands auteurs de roman noirs publiés par Gold Medal  et Lion Books (ou d’autres éditeurs de PBO) furent vite oubliés par le public américain et même parfois par les exégètes US des années 70 et suivantes qui commentèrent le roman policier américain d’un point de vue historique et encyclopédique. Un exemple malheureux est Charles Williams,  auteur de valeur, complètement ignoré du public US des années 70 et suivantes ; l’oubli grandissant avec le temps il n’est toujours pas reconnu à sa juste valeur Outre-Atlantique. Un timide rappel en faveur de Williams et de sa valeur d’écrivain, fait par certains auteurs actuels et certains spécialistes, vient d’apparaître au début des années 2000 aux USA.
Il ne faut donc pas s’étonner que des auteurs américains  ayant eu du succès en Europe et considérés là comme importants,  soient tout à fait oubliés dans leur propre pays et pratiquement pas réédités (Jim Thompson est un « bon » exemple. Déjà apprécié par plusieurs romans traduits auparavant, il acheva de marquer de manière indélébile les aficionados francophones dès la publication de 1275 âmes par la Série Noire -n° 1000, 1966 ; mais il ne connut qu’une reconnaissance tardive de sa vraie valeur aux USA à partir du milieu des années 1990. Charles Williams, déjà cité, était considéré comme un des grands du  roman noir moderne en France dès le début des années 60).

Il ne faudra donc pas s’étonner des réactions de Bill Crider  dans ses commentaires, alors qu’ils semblent parfois être des évidences pour le lecteur francophone de polars.
Au contraire, Crider montre de la clairvoyance dans son choix d’auteurs, et ce en pleine indifférence des Américains de l’époque (1971) pour cette littérature noire policière, considérée aux USA -presque exclusivement- comme une littérature de masse et de pure distraction.


EB (mai 2004)



Note du traducteur : les titres des traductions françaises des romans cités par Bill Crider sont donnés en ajoute au texte original… lorsqu’elles existent

JIM THOMPSON
Thompson est le premier de ma liste car il a écrit le meilleur « paperback original » (PBO) : The Killer Inside Me (Le démon dans ma peau-1966 ) D’abord publié par Lion en 1952 et réédité vers 1966 par Fawcett, ce classique a même été l’objet d’un article érudit de R.V. Cassil, lui-même auteur de PBO, et publié dans Tough Guy Writers of the Thirties (= Les écrivains de « romans durs » dans les années trente), un livre de David Madden. Titre de l’étude : Fear, Purgation, and Sophoclean Light  (= La peur, l’expiation et la lumière de Sophocle), titre qui ne doit cependant pas vous désarçonner…
Aucun des autre livres de Thompson que j’ai lus, ce après plus de cinq années de recherches attentives (et je n’ai pas tous ses romans), n’est aussi bon que The Killer Inside Me (Le démon dans ma peau). Mais ses romans sont tous bons, notamment  The Kill-Off -1957 (Hallali – 1981)  et The Getaway -1959 (Le lien conjugal- 1959). Par contre je regrette que ses deux derniers livres ne sont que des adaptations de scénarios sous forme de romans (appelées "novelization"  en américain- ndt) : The Undefeated, tiré d’un film avec John Wayne et Ironside (L’homme de fer) basé sur une série TV. Il peut vraiment faire mieux…

ELIOTT CHAZE
Je n’ai qu’un seul PBO de Chaze, mais c’est un livre épatant. Il s’agit de Black Wings Has My Angel - 1953 (Il gèle en enfer – 1954) qui est tout ce que les « paperbacks originaux » étaient à l’origine : un récit rapide, des scènes de sexe explicites, un antihéros amoral, une écriture expressive de qualité, une attaque de fourgon blindé.  Il offrait le tout.

A Hell of a Woman - Jim Thompson - (Lion)
Black Wings has my Angel - Eliott Chaze -(GM)
  Jim Thompson - Lion Books
 Eliott Chaze - Gold Medal

NORBERT FAGAN
« Qui c’est ? » demandez vous. C’est ce que j’aimerais savoir. Probablement un pseudonyme.
De toute façon, Norbert Fagan a produit deux très bons livres pour Gold Medal : The Crooked Mile (1953) et One Against The Odds (1954). Les deux s’occupent de courses de chevaux et sont très proches de la qualité d’un Dick Francis.
Je n’ai jamais trouvé de renseignements au sujet de Fagan.

HARRY WHITTINGTON
Whittington a fait de tout et en quantité : romans policiers, westerns et romans traditionnels, et la plupart d’entre eux étaient très bons. Mes favoris (encore une fois, je ne les ai pas tous) sont : You'll Die Next! (Ace, 1954) – Casse-tête, 1955, Brute In Brass (GM, 1956), et Hell Can Wait (GM, 1960) – Vingt-deux long rifle, 1956.  Whittington fit aussi un certains nombre de très bonnes choses pour Handi-Books, Graphic et Avon.

RICHARD WORMSTER
Wormster est là un peu  par défaut. Le seul « paperback original » que j’ai de lui est bon : The Body Looks Familiar  (Dell, 1958) – Du poulet au sang, 1958, mais il ne faut surtout pas rater  Perfect Pigeon (GM, 1962) – La parfaite bille- 1963, Drive East On 66 (GM, 1961) – Bon baisers, à mardi - 1963, ou mon favori, A Nice Girl Like You (GM, 1963) –T’as pas honte - 1964.  Ou, encore, son dernier:  The Takeover (GM, 1971).

MARVIN H. ALBERT
Mais pas sous ce nom, qu’il utilisa pour écrire principalement des westerns et à peu près trois millions de « novelizations » (quoi que le roman qu’il a basé sur What's New Pussycat? est meilleur que le film). Cherchez plutôt sous le nom de Nick Quarry (essayez Till It Hurts) ou de Albert Conroy (essayez The Mob Says Murder, 1959- Coup de gomme, 1959 ) ou Anthony Rome (The Lady In Cement est meilleur que le film, je vous le promets – Fais des bulles!, roman traduit en 1962).

AL FRAY
C’est un pseudo, j’en suis certain. Fray a écrit quelques livres très  pour Dell, desquels on notera : Come Back For More , 1958 (Attention: freins puissants, 1959)  et The Dice Spelled Murder, 1957.

{Ndt : Al Fray est le pseudonyme de Ralph Salaway}

PETER RABE
Gold Medal soutint fortement les premiers livres de Rabe, mais la plupart d’entre eux n’étaient vraiment pas très bons (Stop this man !, 1955 – Tirez à vue, 1956- en est un exemple). Mais Rabe s’est amélioré et je pense que Mission For Vengeance, 1958 (Un plat qui se mange froid, 1958) est son meilleur roman.

CHARLES WILLIAMS
Un des meilleurs. Son dernier roman paru And The Deep Blue Sea (Signet, 1971)- La mer profonde et bleue, 1989- est bon, mais il souffre de la comparaison avec ses romans plus anciens, tels : River Girl- 1951 (Bye-Bye Bayou, 1964),  Nothing In Her Way – 1953 (Peaux de bananes, 1956), Hell Hath No Fury – 1953 (Je t’attends au tournant, 1955), et A Touch Of Death, 1954 (Le pigeon, 1955) qui furent tous publiés chez Gold Medal. Croyez-moi sur parole, tout Williams est bon. Même si vous n’entendez plus beaucoup parler de lui actuellement (en 1971 et aux USA- Ndt)

{ Ndt : Williams décéda en 1975 ; il fit paraître un dernier roman après celui de 1971 : Man on a Leash, 1973 – Un quidam explosif, 1975 }

JACK EHRLICH
Ehrlich fut sélectionné pour participer à un Edgar (prix attribués aux  romans policiers aux USA - Ndt) pour son dernier « paperback original » : The Drowning, mais ce roman n’est pas à la hauteur  de ses livres plus anciens,  spécialement si on le compare à  Revenge (Dell, 1957) et Court Martial (Pyramid, 1958), qui sont mieux construits et possèdent un meilleur rythme.
Son livre paru chez Dell  dans les années 60, à propos d’un officier de surveillance des libérations sous conditions, appelé Flick (Slow Burn, 1961- Par la bande, 1962) n’est pas mauvais non plus.

JAME McKIMMEY
C’est un auteur dont on comparait la valeur de ses romans à celle de John D. MacDonald.
Que demander de plus ? En ce qui me concerne, j’ai aimé The Perfect Victim et Winner Take All (les deux chez  Dell).

WILLIAM CAMPBELL GAULT
Que lui est-il arrivé ?  Sa dernière publication que j’ai vue est un roman pour la jeunesse consacré au sport. Gault a produit quelque très bons romans publiés sous couverture cartonnée et environ cinq « paperback originals » qui sont une série avec un détective privé appelé Joe Puma (série qui fut aussi publiée en cartonnés avant de disparaître). Les PBO furent tous publiés dans la collection Crest de chez Fawcett, et sont tous de bons romans. Essayez The Wayward Widow, ou Sweet Wild Wench, ou End Of A Call Girl (qui ne furent pas traduits en français ! Seuls deux romans de la série Joe Puma furent traduits : « La prise du boa » et « Une riche nature », en SN- Ndt). Ce sont des romans de la même veine que ceux de Raymond Chandler et Ross Macdonald.

STEPHEN MARLOWE
Les histoires de Marlowe avec son personnage Chester Drum sont toutes divertissantes. Celle que je préfère est sans doute The Second Longest Night. Sont également bons : The Fall Of Marty Moon (sous son pseudo Andrew Frazer) et les énigmes de la série « Believe It or Not » - littéralement : Incroyable mais vrai – (sous son pseudo Jason Ridgway).

EVAN HUNTER
Tout le monde sait que Evan Hunter est en fait Ed McBain, auteur de la série du commissariat du 87e district. Mais par contre savez-vous que la série débuta dans les « paperback originals » ? Je crois que les premiers volumes (qui furent republiés en cartonnés) sont les meilleurs,  tels The Con Man, 1957 (Faites-moi confiance, 1957) et The Mugger, 1956 (Le sonneur, 1957), par exemple. Hunter a publié quelques bons paperbacks sous d’autres noms dans les années 50 , dont   I'm Cannon – For Hire (GM) (Faites donner le Cannon, 1959) de Curt Cannon et Even The Wicked (Permabooks) (Une tête dans l’eau, 1960) de Richard Marsten, qu’on peut donner comme exemples.
Runaway Black (Le pavé brûle, 1955), récemment republié par Gold Medal, était à l’origine publié sous le nom de Richard Marsten  chez Gold Medal, et, plus tard, par Pocket Books sous le nom de McBain . Maintenant, de retour chez Gold Medal, c’est sous le nom de McBain qu’il est republié.

WILLIAM GOLDMAN
Je ne cite Goldman que par plaisir, car à ma connaissance il ne publia pas de PBO durant les années 50. Cependant, en 1961, chez Gold Medal, il publia No Way To Treat A Lady (Soyons régence, 1965) sous le pseudonyme Harry Longbaugh, qui est de fait le nom véritable du Sundance Kid (bandit et héros fameux de l’Ouest américain- Ndt ). Et, devinez quoi ?... C’est William Goldman qui a écrit le scénario du film : “Butch Cassiday and the Sundance Kid” (Ndt : Butch Cassidy et le Kid, célèbre film de George Roy Hill - 1969 - avec Paul Newman et Robert Redford).

DAN J. MARLOWE
La plupart des livres de Marlowe furent écrits dans les années 60 et il vient de recevoir un Edgar (= prix  attribué aux romans policiers aux USA) pour Flashpoint. Mais, en fait, il débuta dans les années 50 avec Doorway To Death et Killer With A Key (tous deux chez Avon, 1959).  Mes favoris, cependant, sont The Name Of The Game Is Death (GM, 1962)- Jeu de quille,1963- et The Vengeance Man (GM, 1966)- Sus aux sangsues, 1967-  deux romans qui rappellent  The Killer Inside Me (Le démon dans ma peau) de Jim Thompson.

                                         ********************

Cette liste d’auteurs choisis pourrait être bien plus longue, et je me dois d’au moins citer  Vin Packer, Richard Telfair, Ed Lacy et Bruno Fischer. Je devrais en mentionner d’autres, mais ce serait sans fin. Vraiment sans fin…

Mais pourquoi ne pas plutôt visiter votre bouquiniste local, et voir ce que vous pouvez y trouver. Avant que ces livres aient disparu à jamais.

- BILL CRIDER


(Titre original:  Paperback  Originals
-première publication aux USA in : The Mystery Readers Newsletter, 1971)

Copyright© 1971 Bill Crider
(Traduction française Copyright© 2004 E.Borgers)



                       

BILL CRIDER


Auteur américain de romans noirs et policiers, ainsi que de westerns. Né en 1941 il vit actuellement à Alvin, Texas.
Il a publié plus de 40 romans à ce jour, répartis pour la plupart en séries consacrées à des personnages récurrents, dont sa fameuse série de romans avec le Sheriff Dan Rhodes: le premier, Too Late to Die (1986) reçu un Anthony (prix américain pour littérature policière, dont le nom vient d’Anthony Boucher, célèbre critique de romans policiers) - le dernier paru est : Red,White,and Blue Murder (2003).
En 2002 il a reçu l’Anthony de la meilleure nouvelle pour Chocolate Moose, toujours avec Dan Rhodes.
Il a également produit la série Mike Gonzo, pour la jeunesse, et quelques romans d’horreur.

A ce jour, malgré sa réputation d’auteur intéressant pour ses romans policiers, il n’a jamais été traduit en français.

Passionné de littérature policière, spécialement le hard-boiled et le roman noir de l’âge d’or des paperbacks américains, Bill Crider en est non seulement un lecteur avide et connaisseur, mais sa passion l’a amené à collectionner tous les « paperbacks » et « paperbacks originals » de  littérature policière américaine de l’après-guerre.
A l’heure actuelle sa collection comporte  plusieurs milliers de volumes et a envahi l’espace libre de sa maison.
Participant régulier aux diverses Mystery Conventions américaines (l’équivalent de nos festivals polars), c’est un assidu depuis les années 60 de la fameuse Bouchercon annuelle. Il est souvent invité aux panels de ces « festivals » du polar, et dans tous les cas il y a côtoyé et discuté avec un grand nombre d’auteurs de polars qui étaient ceux qu’il admirait et qu’il avait découverts depuis son adolescence.
Si vous voulez une info sur un vieux roman policier publié en paperback aux USA, demandez à Bill. S’il ne l’a pas, c’est que votre bouquin n’existe pas !


Site Web tenu par Bill Crider
:  http://www.billcrider.com/ 


EB








BILL CRIDER - auteur de polars
Bill Crider



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LES PRINCIPALES SÉRIES DE PBO AMÉRICAINES   SUITE SUITE SUITE

ET PENDANT CE TEMPS-LÀ, EN FRANCE...           SUITE SUITE SUITE SUITE






© Copyright E.Borgers 2004 texte et mise en page du dossier
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