
| Une nouvelle collection BD chasse dans le roman
noir RIVAGES/CASTERMAN/NOIR |
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La voie choisie dans la nouvelle collection de Casterman est
prometteuse, mais semée de problèmes assez semblables que ceux rencontrés dans
les adaptations de romans noirs policiers à l’écran ; il est notoire que
les chefs d’œuvre du roman noir n’ont jamais trouvé d’adaptateur ni de
réalisateur ayant la puissance d’en faire un équivalent filmé, et souvent on se
retrouve même avec des producteurs et des réalisateurs dont on se demande s’ils
ont compris l’essence du roman à adapter… Quand ce n’est pas confié à des
tâcherons qui massacrent le sujet. Trop souvent vécu : qu’on songe au
désastre de l’adaptation récente de Black Dahlia de James Ellroy,
passé à la moulinette par un De Palma lâché dans une ligue qui le dépasse. Ou
par le passé, les pitoyables adaptations des deux derniers chefs- d’oeuvres de J-P
Manchette par des cinéastes hexagonaux assassins.
Et on pourrait continuer la liste affligeante du massacre organisé.
Casterman, Rivages, Guérif et Nolent Un résumé de la genèse, et de la mise en œuvre, de cette nouvelle collection BD est donnée par François Guérif dans une interview qu’il a récemment accordée à notre site POLAR NOIR (fév.08), et où est confirmé que l’idée de base vient d’Alexis Nolent, scénariste connu en BD sous le pseudo de Matz. Guérif et Nolent agissent comme directeurs artistiques, veillant à la bonne tenue de ces adaptations qui doivent toutes être tirées de romans (ou nouvelles) ayant été publiées dans la célèbre collection (format poche) Rivages/noir. Le titre de la collection BD, c.à.d. RIVAGES /CASTERMAN/NOIR,
s’explique donc et est logique. Vu le principe adopté, les albums seront chacun
un one-shot (volume unique), puisque le choix des auteurs BD qui participeront
reste ouvert, et ils peuvent choisir eux-mêmes le titre à adapter dans la
collection Rivages-noir. Première rafale… Courant mai 2008, les quatre premiers albums sont sortis
conjointement.
Les quatres premiers titres de la collection RIVAGES/CASTERMAN/NOIR NUIT DE FUREUR de Miles Hyman et Matz >>> commentaires PAUVRES ZHÉROS de Baru >>> commentaires PIERRE QUI ROULE de Lax >>> commentaires SUR LES QUAIS de Georges Van Linthout et Rodolphe >>> commentaires E. Borgers (juin 2008) |
| copyright E. Borgers 2008 |
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Titre : PAUVRES ZHÉROS Scénario : Baru La surprise du lot. Adaptation du roman/scénario :
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Titre : PIERRE QUI ROULE Scénario : Lax A priori on ne voit pas l’intérêt d’adapter en BD ce roman
de Donald Westlake, Pierre qui brûle, Série Noire – 1971 (The Hot
Rock- 1970)- republié par Rivages sous le titre Pierre qui roule ,
roman à
fortes connotations
humoristiques qui avait déjà été
adapté pour le cinéma (The Hot Rock –
« Les
Quatre malfrats» - 1972, film de Peter Yates) , et plutôt
bien adapté. C’est le
roman qui introduit Dortmunder, chef de bande de casseurs,
marqué par le destin
qui lui en veut au travers de la ribambelle de bras-cassés
sensés l’aider. Il
en résultera une série de roman fort amusants mais qui
dans les dernières
livraisons débouchèrent sur les redites et la
facilité. Cependant les premiers romans de cette série, bons et assez bien écrits, valaient surtout par leur humour féroce et des
scènes hilarantes formidablement contées par Westlake. Le ratage de cette première livraison. Adaptation du roman/scénario : E.Borgers
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Titre : SUR LES QUAIS Scénario :
Rodolphe On peut faire la même remarque que pour Pierre qui
roule quant au choix d’adapter une histoire comme Sur les
quais , qui, plus qu’un roman, est un film de qualité (On the Waterfront –
1954 ; le scénario de Schulberg fut inspiré par une série d’articles de la
presse de 1948 suite à une enquête sur la corruption dans les docks faite par un
journaliste qui reçut le fameux prix Pulitzer pour ces articles). Mais dans ce
cas-ci c’est même un classique du cinéma, fait par des valeurs telles Elia Kazan (réalisateur) ou Marlon Brando
dans un de ses rôles emblématiques. Un film connu de presque tous, heureusement
toujours disponible et souvent reprogrammé en TV. Le choix de Van Linthout de se limiter au noir et blanc dans ses dessins,
avec ajoutes de nuances de grisés, est
loin de déforcer le récit ou le format des pages. D’autre part, le soin donné à
la continuité du récit rend cette BD assez attirante. Le récit d’origine est
évidemment respecté, et à certains moments des plans du film sont reproduits
graphiquement, ce qu’on peut comprendre mais qui affaiblit le rendu en faisan
perdre de l’originalité à la BD. Mais il ne faut pas mal me comprendre :
l’ensemble reste plus qu’honorable, avec un dessinateur connaissant ses limites
et qui en tient compte. Adaptation du roman/scénario : E.Borgers
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Mise à jour: 9 juin 2008