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THIERS
Thiers doit son origine à un ancien château qui existoit dans les premiers temps de la monarchie. Grégoire de Tours, en plusieurs endroits de ses ouvrages, le nomme Castrum Thigernum ou Castellum
Togernense.
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... vers l'an 850, Avitus 1er, saint Evêque, de la famille illustre des Avitus de cette ville, fonda a Thiers un église dédiée à Saint Genest ; cette fondation fut faite à l'occasion d'un
événement miraculeux, qui produisit la découverte du tombeau de Saint Genest, comme le raconte Grégoire de Tours.
Le Château de Thiers fut établi dans la suite, près de l'église de Saint Genest, & devint le chef-lieu d'une Viconté considérable, qui, à l'époque de l'hérédité des fiefs, donna son
nom à une puissante Maison d'Auvergne
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Thiers ne fut longtemps qu'un Château avec un bourg peu considérables, dont les habitans [1] reçurent, pour la première fois, des privilèges [2], au mois de mai 1272, de Gui VIII, qui en
était Vicomte ; ils furent confirmés, en 1572, par le Duc de Montpensier, Prince de la Roche-sur-Yon.
Ce lieu n'étoit point au nombre des treize villes de la province qui avoient droit de députer aux Etats ; il n'y fut agrégé qu'en exécution d'un arrêt du Conseil du 29 novembre 1588, & il
ne dut, pendant long temps, sa célébritéqu'a la puissance de ses Seigneurs. Les habitans enfin débarasés du joug féodal sous lequel ils demeuroient comm anéantis, livrés à leur propre activité, donnèrent
à ce lieu une consistance, un célébrité cent fois préférable à la pompe imposante, mais oppressive, de leurs anciens maîtres.
DESCRIPTION. La ville de Thiers est située sur le groupe d'une montagne très escarpée à l'est et au sud-est. Au bas coule la rivière de Durole, à qui les habitans doivent tout leur
commerce & leur richesse. Cette situation, qui offre, de plusieurs côtés, des points de vue magnifiques ou pittoresques, a nui considérablement à la régularité de la ville ; on peut dire qu'elle est une des
plus mal bâties & des plus mal percées de France. Le sol fortement incliné de tous côtés, ne presente aucune surface plane ; les rues sont étroites, tortueuses, & ont touts un pente très âpre .../...
Le défaut de pierres propres à la construction, & le grand nombre d'ouvrier qui habitent cette ville ajoute encore à la laideur de ce tableau. Les maisons y sont en général mal bâties, mal propres, &
d'un aspect apuvre et hideux.
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CARACTERES & MOEURS. Le caractère des habitans de Thiers justifie ce que nous avons avancé dans la Préface de cet ouvrage, sur les villes qui ne doivent leur richesse qu'à leurs
manufactures. Celle-ci est peuplées d'environ dix-huit mille ames, dont au moins les trosi quarts sont ouvriers ou commerçants. La partie la plus abondante des habitans, étant la plus occupée à un travail
mécanique, n'est pas la plus instruite ni la plus polie ; en général les habitans sont francs, bon hôtes, mais intéressés ; ils sont malins, & s'amusent volontiers à chanter les petits évênements
scandaleux de la ville ; par dessus tout ils estiment la richesse, et respectent les riches.
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