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Mensuel indépendant d'information et de débat pour la culture de la paix et contre l'extrémisme entre les peuples. |
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TOUTE L'ACTUALITE DU MOIS |
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JUILLET 2004 Le 1er juillet met Paris et Bruxelles sur la balance de Kigali. Par Philippe Mpayimana La fête de l’indépendance des territoires sous-tutelle belge ne se célèbre plus avec éclat, depuis la 3ème république rwandaise. Pourtant, cette date couvre un autre fait marquant, l’arrêt du génocide par l’armée française. Le Rwanda est l’un des pays africains dont le mouvement d’autodétermination n’a pas versé une goutte de sang. Certaines analyses politiques parlent plutôt de l’octroi de l’indépendance par la Belgique sous la pression de l’ONU, que du recouvrement de l’autonomie politique par les acteurs rwandais. Ce débat est devenu plus intéressant, avec l’accusation du régime actuel à Kigali contre la Belgique pour avoir ravi le pouvoir aux Tutsi et l’avoir donné aux Hutu « qui deviendront des génocidaires », eu égard aux événements tragiques de 1994. C’est dans ce même ordre d’idée que le régime de Kagame s’en prend à la France pour avoir soutenu ce gouvernement « qui est devenu génocidaire. » Pourtant ces deux pays de l’Europe francophone se distinguent aujourd’hui par leurs attitudes vis-à-vis de ce génocide. La Belgique est intervenue sous les casques bleus avant le génocide, tandis que la France est intervenue sous mandat de l’ONU vers la fin du génocide. La Belgique a perdu onze de ses hommes, mais la France aucun. Cette différence n’est pas minime. Elle range banalement l’une du côté des victimes et l’autre du côté des bourreaux, selon le manichéisme rwandais en vogue. Cela a conduit indubitablement la Belgique à regretter son apport pourtant positif dans la politique coloniale au Rwanda et s’est pressée à présenter ses excuses à Kigali, ce que la France ne fera pas, grâce à sa conscience tranquille. Par contre ces deux protagonistes de l’Afrique centrale ne méritent-ils pas les mêmes éloges par rapport à leur intervention contre le Mal rwandais de la période coloniale, à savoir l’oppression des Hutu, et le Mal de la période post-coloniale, à savoir le génocide des Tutsi ? La date du 1er juillet en est l’illustration. Le 1er Juillet 1962, le Rwanda accède à l’indépendance. Un homme est propulsé au sommet de la hiérarchie sociale par un Etat, la Belgique tutelle, et par une Eglise, l’Eglise Catholique : Grégoire KAYIBANDA. Premier et presque le seul président constitutionnel que le Rwanda aura connu, il retira la société rwandaise d’une longue nuit d’injustices sociales, de tyrannie et d’esclavagisme d’une communauté par une autre. Le MDR-PARMEHUTU ne fut pas un parti raciste, même si l’identifiant HUTU apparaît dans son appellation. C’était un parti de lutte sociale et il ne lui restait que de prouver ses justes intentions dans les années qui suivirent. Mais les Hutus eux-mêmes se sont divisés et se sont combattus entre Nordistes et Sudistes. 1er Juillet 1973, le pouvoir civil est rendu caduc, après un incident extraordinaire sabotant le discours du président de la République en direct. Trois autorités militaires entrent désormais dans le collimateur d’une triste histoire orientée vers le génocide contre les Tutsi de 1994. Il s’agit de Alexis Kanyarengwe, Théoneste Lizinde et Juvénal Habyarimana. 1er Juillet 1994, les relations sociales entre les communautés rwandaises HUTU et TUTSI venaient de basculer dans un racisme violent et génocidaire. Les Hutus avaient cherché à exterminer les Tutsi et ceux derniers se vengeaient à la même échelle. Un seul Etat parvint à arrêter les massacres contre les Tutsi et le courroux répressif contre les Hutus, la France. Les rescapés témoignent dans le journal Libération du 6/04/04 : « Les massacres ont cessé le 1er juillet 1994, quand les soldats français de l’opération Turquoise ont pris le contrôle de Bisesero… » Ce fait est tellement important qu’il inhibe certaines autres critiques du gouvernement rwandais à l’égard de la France. En effet, c’est grâce à cette opération que les rebelles du FPR cessèrent leurs offensives contre les Hutu pour revenir s’installer au pouvoir à Kigali le 4 juillet 1994. Ils les reprendront une année et deux années plus tard en détruisant les camps de Kibeho et de l’Est de la RDC. JUIN 2004
AFFAIRE BIZIMUNGU-AFFAIRE GENOCIDE-AFFAIRE HABYARIMANA : Le Rwanda devient un brouillon des Nations Unies. En ce debut de juin, la justice rwandaise rwandaise vient de condamner l'ancien président Pasteur Bizimungu à 15 ans fermes. Pour avoir incité la population à la désobéissance civile, à l'aide du parti de renouveau qu'il tentait de fonder. C'est la liberté politique qui est condamné. Au même moment, les Nations Unies déclarent s'être trompé sur la boîte noire de l'avion de Juvenal Habyarimana abattu la veille du génocide. A-t-elle l'intention de refuser ce procès que le Rwanda attend aussi. Ce n'est que le président actuel qui s'en sort renforcé, ainsi sauvé de ces deux présidents dont les dossiers bien instruits ébranleraient aisément son pouvoir. Mais les nations unies elles ne s'en sortiront pas idemnes. Le manque de sérieux se fait lourdement voir et le monde entier a actuellement le droit de demander ce qui se passe entre ces quatre murs new yorkais. Des rapports internes se contredisent beaucoup. Selon l'AFP, un porte-parole de l'Onu avait d'abord démenti, en mars dernier, l'existence de cette boîte noire, avant de confirmer deux jours plus tard l'information. L'objet avait été découvert au siège de l'Onu à New York, dans un placard sous clé de la division aviation du DOMP. M. Annan a alors demandé une enquête interne pour tenter de comprendre comment un tel engin a pu être ainsi mis de côté et oublié pendant des années. Le rapport attendu mardi devait faire état de failles dans "la voie hiérarchique", selon un responsable de l'Onu, qui a requis l'anonymat. Le porte-parole de M. Annan, Fred Eckhard, avait déclaré que celui-ci et les autres principaux responsables des opérations de maintien de la paix à l'époque n'avaient "pas connaissance" de la boîte noire, acheminée aux Nations unies via Nairobi "deux à trois mois" après le début des massacres. Il avait souligné que les gardiens de la paix de l'Onu avaient été tenus à l'écart du site de la chute de l'avion, estimant improbable qu'ils aient pu accéder à l'engin. Tentant d'expliquer comment l'existence de cette boîte noire avait pu passer inaperçue, M. Eckhard a précisé qu'en 1994, quelque 70.000 employés de l'Onu, répartis dans 17 ou 18 pays à travers le monde, travaillaient aux opérations de maintien de la paix. Ce service "était géré par un petit bureau de 200 personnes", a-t-il ajouté, et ils avaient sûrement tendance à "faire des jugements rapides et à passer à autre chose Enfin, si l'ancien président Bizimungu est condamné à 15 ans, alors qu'il a sa langue et ses avocats, combien d'années cette boite noire qui n'a ni langue ni avocat restera-t-elle condamnée "au sein des Nations-Unis"? Pour qu'elle parle, ne faudrait-il peut-etre pas l'assimiler à M. Anan qui en sait autant qu'elle? Philimpay MARS 2004 NOUVELLES REVELATIONS :L'HISTOIRE RWANDAISE SE REECRIT Le génocide rwandais qui demeurait la seule pierre d'angle de l'histoir du Rwanda actuel n'est plus le seul objet de préoccupation des médias et des juristes internationaux. Il y a aussi et surtout les vrais mobiles de ce drame qui vont susciter l'attention du monde. Le temps de l'émotion se décante peu à peu et la vérité va bientôt voir le jour. Simultanément en cette deuxième semaine du mois de mars, le rapport tant attendu du juge antiterroriste français sort et met en cause le président Rwandais Paul Kagame dans l'attentat de l'avion de Juvenal Habyarimana, son préprédecesseur. Puis, les Nations Unies admettent avoir gardé la boite noire de son avion sans enclancher les enquêtes. C'est désormais la course à la vérité, tandis que le régime actuel à Kigali fait sa course à l'écriture rapide d'une histoire rwandaise tronquée, selement vieille de dix ans. Peut-être ce mois d'avril ne va-t-il nous nous laisser de nouvelles perspectives à considérer pour l'avenir? FEVRIER 2004
LE RWANDA SE PREPARE A UNE GRANDE FETE : 10 ANS DU GENOCIDE
Depuis plus de trois ans, les Rwandais, sinon quelques rwandais se préparent à céléber de manière exceptionnelle le 10ème anniversaire du génocide. A l'approche de cette date, le gouvernement se montre aussi très attaché à la grandeur de cet évenement incontestable. Les invitations des chefs d'Etats et des grandes personnalités ont été distribuées. Un budget colossal risque d'être alloué à cette activité aux dépens de quelques autres projets de développement global du pays, à l'exemple de ce que fut la répartition du budget national face à l'activité électorale de l'an dernier qui a sacrifié l'enseignement national. Le combat pour la paix et pour l'harmonie des peuples est certes primordial, la mémoire contre l'oubli du génocide est aussi importante à entretenir, mais les occasions de fête ne restent-elles pas encore à envisager dans l'avenir? En effet, le présent rwandais est encore trop lourd. La question de la justice encore en débat et des lueurs de solutions tardent encore à se présenter. Le tribunal International n'a pas encore amorcé son objetif de favoriser la réconciliation et la justice rwandaise n'a pas encore distingué les présumés coupables des présumés innocents. Les notions d'amnistie populaire et de volonté démocratique sont encore entravée par les noyaux d'extrémistes parmi les tenants du pouvoir actuel. Par contre, certaines personnes commencent à comprendre l'intensité des atrocités du génocide et à apprécier l'importance de la vérité. Des personnes et des agences éclairées connaissent désormais la réalité de la crise rwandaise et se montrent de plus en plus réticentes à une reconnaissance partielle de la crise rwandaise, par une simple participation aux cérémonies d'anniversaire ou aux manifestations diverses. Elles préfèrent plutôt accorder leur poids aux débats qui s'organisent autour de la source profonde de la crise du Rwanda et autour de l'étendue large de cette crise. Il s'agit exactement de discuter de la décolonisation et de l'abandon des Nations Unies en défaveur des Tutsi en 1994 et des Hutu en 1996-97. Les dégâts qui ont résulté de cet abandon sont indissociables et méritent une même attention au courant de toute manifestation et céréminies politiques et culturelles. Notre rédaction s'intéressera de relever la part réservée à cette question. JANVIER 2004 L'INFORMATION INDEPENDANTE REFAIT SURFACE AU RWANDA. 7 NOUVELLES RADIOS AUTORISEES VONT BIENTOT EMETTRE Selon une dépêche de l'AFP de ce jeudi 29 janvier 04, 7 nouvelles radios indépendantes viennent d'être autorisées par le gouvernement rwandais, après que trois responsables de la Radio des Mille Collines ont été condamnés en décembre par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). En décembre, le ministre de l'Information, Laurent Nkusi, avait déclaré à l'AFP que "le poids de ce passé" avait exercé une influence sur les délais d'autorisation de radios privées. "Mais je crois que la presse a évolué assez vite", avait-il assuré, estimant que ces moyens d'information ne devaient toutefois "pas être là pour semer des germes de la zizanie ou de la discorde parmi la population". Parmi les sept radios privées autorisées, trois sont à caractère commercial et financées par des hommes d'affaires rwandais (Radio Flash, Radio 10 FM, Radio Contact), et trois autres à caractère communautaire ou religieux. La dernière sera la radio de l'Ecole de journalisme de Butare, dans le sud du pays. Elles commenceront dans un premier temps à émettre dans leur région d'origine, avant de s'étendre progressivement au reste du territoire, a affirmé M. Kagubali. Ces radios viennent s'ajouter à la seule radio rwandaise émettant jusqu'à présent, l'antenne publique Radio Rwanda. Des radios internationales, comme la BBC, Voice of America ou la Deutsche Welle, émettent également sur la bande FM rwandaise. RWANDA:CE QUI EST ARRIVE ET CE QUI EST, TOUT ETAIT PREVU ET TOUT EST ABOMINABLE Le général canadien Roméo Dallaire, qui commandait la Mission de l'Onu au Rwanda (Minuar) pendant le génocide en 1994, a déclaré mercredi 21 janvier en témoignage devant le TPIR, que les rebelles de l'époque, aujourd'hui au pouvoir, avaient planifié "un pays dominé par les Tutsi". Le FPR, qui combattait le gouvernement contrôlé par l'ethnie Hutu, "n'avait pas nécessairement parmi ses priorités le bien-être des populations de l'intérieur mais un plan longtemps élaboré qui aboutirait à un pays dominé par les Tutsi", a déclaré le général en retraite, cité par l'agence Hirondelle. Il répondait aux questions de la défense, lors de son témoignage dans le procès dit "des militaires", l'un des plus importants de l'histoire du TPIR, où quatre officiers des ex-Forces armées rwandaises (FAR) sont poursuivis pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), à Arusha (Tanzanie). Ils plaident non coupables. Nous pouvons plutôt dire que tout le monde est coupable, ces rebelles Tutsi et l'opposition gouvernementale de l'époque, ainsi que même ce Dalaire, qui, tous n'ignoraient pas le prix que la population allait payer et qui n'ont rien fait pour l'en épargner.
DECEMBRE 03
LE TPIR DONNE UNE LECON AUX JOURNALISTES DE LA HAINE Ce 3 décembre 2003, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), basé à Arusha (Tanzanie), a condamné Ferdinand Nahimana, l'un des fondateurs de la Radio-télévision libre des mille collines (RTLM), et Hassan Ngueze, ancien directeur de la revue Kangura, à la prison à vie pour leur participation dans le génocide de 1994 (800 000 morts). Jean-Bosco Barayagwiza, un autre responsable de la RTLM, a été condamné à trente-cinq ans de prison.
L'Organisation de défense pour la liberté d'expression est satisfaite de cette condamnation qui pour elle servira de leçon aux journalistes qui salissent le métier. Le Secrétaire Général de Reporters Sans Frontières, Robert Ménard déclare, à l'occasion :
"Nous souhaitons que ces condamnations soient perçues comme un avertissement en direction de nombreux journalistes qui, en Afrique ou ailleurs, attisent, eux aussi, les haines par leurs écrits. Même si aucun pays ne connaît aujourd'hui une situation comparable à celle qui prévalait au moment du génocide rwandais, cette condamnation doit résonner comme un rappel à l'ordre pour toutes les rédactions qui bafouent quotidiennement les règles les plus élémentaires en matière d'éthique et de déontologie professionnelles".
Ce procès, dit des "médias de la haine", a débuté en octobre 2000. En août 2003, le procureur du TPIR avait requis des peines de prison à vie contre les trois accusés, qui avaient plaidé non coupables. Un quatrième journaliste, Georges Ruggiu, de nationalité belge, a été condamné à douze ans de prison, en juin 2000, pour avoir "incité au génocide et à des crimes contre l'humanité" sur les ondes de la RTLM. Georges Ruggiu avait plaidé coupable et regretté publiquement d'avoir participé à des événements dont il dit ne pas avoir compris la portée.
NOVEMBRE 2003 LE COMMENDAT DES FACTIONS HUTU RWANDAISES DEPOSE LES ARMES La rédition du Général Rwarakabije est évidemment une victoire de Kigali. Le grand danger derrière cette action qui devait être positif aux yeux de tous, est que le Gouvernement rwandais ne s'empêchera toujours pas de confondre les milices hutu, les génocidaires et les ex-FAR avec les personnes réfugiés pour leur droit de se chercher un asile en RDC. La Communauté internationale devrait davantage protéger les réfugiés contre ce que nous allons lire dans cet article :"suivre le chemin de la paix", c'est-à-dire rentrer au pays, sans être convaincu de l'amélioration de la sécurité et la démocratie au Rwanda, ce qui est une forme de rapatriement forcé. Selon le journal Libération du 18 Novembre 2003, le «général» Paul Rwarakabije ne s'attendait probablement pas à un tel accueil. Le chef d'état-major de l'armée rwandaise, le général James Kabarebe, un proche du président Paul Kagame, avait fait personnellement le déplacement pour l'accueillir à sa descente d'hélicoptère, samedi, à l'aéroport de Kigali. Accolades, poignées de main chaleureuses, franche camaraderie : les retrouvailles sont enthousiastes. Pourtant, les deux hommes se sont combattus pendant plus de neuf ans : Rwarakabije est le commandant en chef des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), la rébellion qui opère dans l'est de la république démocratique du Congo (RDC) et qui comprend en son sein nombre de génocidaires présumés. Ce très gros poisson vient de se rendre à l'armée rwandaise, avec une centaine d'hommes. Après des «négociations directes» dont on ne connaît pas la teneur, ils ont traversé à pied, vendredi soir, la frontière qui sépare Bukavu, côté congolais, et Cyangugu, dans le sud-ouest du Rwanda. Kigali n'a d'ailleurs pas tardé à présenter cette reddition comme une victoire. Quelques minutes après l'arrivée de Rwarakabije, qui portait des bottes en caoutchouc, symbole des années passées dans la brousse congolaise, le général Kabarebe n'a pas hésité à pronostiquer le début de la fin de la rébellion hutue. «Les autres membres des FDLR obéissent à ses ordres, il est très probable que le reste des troupes le suivra», a estimé le chef d'état-major. Quand au commandant rebelle, qui n'a été autorisé qu'à prononcer une brève déclaration très élogieuse à l'égard du gouvernement rwandais, il a appelé «tous les Rwandais, où qu'ils se trouvent, à suivre le chemin de la paix». Un éventuel démantèlement des FDLR serait très positif pour la stabilité de la région. Le Rwanda a toujours dénoncé la présence dans l'ex-Zaïre de miliciens impliqués dans le génocide, ainsi que le soutien que ces derniers ont reçu du gouvernement de Kinshasa. L'armée rwandaise l'a toujours brandie comme la principale raison de son occupation de l'est du Congo, de 1998 à octobre 2002, date de son retrait officiel. Une occupation au cours de laquelle Kigali est accusé d'avoir fait main basse sur les ressources naturelles de la RDC. Le retour au pays de ces miliciens priverait le Rwanda de tout prétexte à un retour sur le territoire congolais. Qui plus est, l'existence même des FDLR serait devenue, selon la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), la principale source d'insécurité dans les Kivus, dans l'est du pays. Il y aurait entre 10 000 et 20 000 combattants hutus rwandais au Congo. La fin de la rébellion rwandaise aurait donc aussi comme avantage de renforcer la transition politique en cours à Kinshasa. 21 Novembre : Koffi Anan annonce la tenue prochaine d'une grande conférence sur la région des Grands Lacs. La Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs, voila un débat tant attendu et une voie de solution probable pour les grandes questions de la région actuellement. Le Secrétaire Général des Nations Unies a proposé cette conférence aux Nations Unies. Dès qu'une résolution et un buget seront votés, la roue va tourner. Mais, nous pouvons nous poser la question suivante : Ce débat qui a d'abord été sollicité par la France, depuis bien longtemps, intéresse-t-il les populations de la région ? Depuis que le projet existe, les parlements, les personnalités intellectuelles et les associations de la région ont-elles montré un quelconque intéressement à cette conférence ? Cette conférence ne risque-t-elle pas d'être un second L'ONU des années d'indépendances où les cadeaux de libération étaient offerts de force aux peuples encore éblouis par l'homme blanc ? Cette conférence ne nécessite-t-elle pas encore assez de programme d'éducation populaire préalable pour une participation majoritaire des hommes de la région ?
POURTANT Elle est belle est bien nécessaire. Mais, comment va-t-on parler des questions de génocide interrwandais, au moment où les rwandais eux mêmes ne sont pas encore d'accord sur les termes et les conditions de réconciliation : pardon, amnistie, justice, etc. Au moment où la question burundaise ne distingue pas encore les plans d'action : crise politique, ethnique, etc. Au moment où les réfugiés rwandais et burundais font la population locale majoritaire de la région.
SAUF SI la tendance soit celle d'orienter le débat vers une recolonisation par l'ONU parce que la Belgique a échoué lamentablement, vers une nouvelle tracée des frontières parce que les deux petits pays ont été etouffés par la Belgique contre leur épanouissement dans la région. En effet, un petit pays comme la Belgique n'a pas pu envisager la formation d'un pays plus vaste qu'elle, or que tous les ingrédients étaient réunis pour coller tout l'Est du Congo au Rwanda-Urundi. Depuis le 19 eme siècle et principalement depuis 1930, les populations rwandaises et burundaises sont exportées travailler dans le Kivu et le Shaba. La question qui revient ici restant seulement de savoir si les populations autochtones ou immigrés de ces régions verraient d'un mauvais oeil cette formation d'un nouvel Etat, sans parler d'annexion du territoire, alors qu'elles ont toujours compté sur les voisins d'orient Kigali-Bujumbura-Kigoma et Kampala, pour leur développement, plus sur Kinshasa. Il y a certainement plusieurs solutions envisagées dans ce projet des nations unies, mais nous pensons qu'il est temps de penser à toutes les éventualités et soumettre toutes les propositions sans vergogne, afin d'élargir le débat au profit de tous. LA REDACTION
LES JOURS DES TOUS LES SAINTS ET DE TOUS LES DEFUNTS AU RWANDA : L'occasion de réfléchir et d'accélérer la réconciliation Un mot de notre rédation à cette occasion est celui-ci : Après les séries de massacres entre les Rwandais de 1994 à 1997, spécialement, (génocide et répression), les Hutu et les Tutsi rivalisent indistinctement en pertes humaines, en douleurs extrêmes, en responsabilités, etc. Il est temps de construire ensemble un même monument de souvenir pour un même avenir. - Nous vous proposons de confronter les définitions des mots clés autour de la réconciliation que nous avons trouvé à la page internet : aep.cef.fr:avec votre entendement: Amnistie : notion d'ordre juridique - forme volontaire d'oubli décrétée par un gouvernement ou un législateur. Elle a pour effet d'arrêter les poursuites en cours ou d'effacer les condamnations prononcées. Selon le contexte dans lequel elle intervient, elle sert ou non la vérité, la justice et la réconciliation. Conciliation : action consistant à mettre d'accord, à amener à s'entendre des personnes qui sont en litige en raison de leurs opinions ou de leurs intérêts. Elle vise un arrangement ou un accommodement, voir un compromis et suppose des concessions mutuelles. Paix : elle n'est pas simplement absence de guerre ou de désordre ; elle est tranquille possession des biens, du bonheur et de la vérité, tant au niveau individuel que collectif. La paix n'est pas absence de conflits, mais travail pour garder justice et respect entre personnes et peuples. Pardon : il dit l'attitude de celui qui, ayant été victime d'une offense, prend l'initiative d'annuler la dette morale contractée par l'offenseur, ou qui répond à une demande de celui-ci qui se repent. Il est renoncement à la vengeance. C'est un acte personnel, gratuit qui n'a pas de statut juridique dans le Code pénal. Réconciliation : au sens courant, le mot désigne le rétablissement d'un accord, d'une harmonie entre personnes. De par ses racines, le mot recouvre trois dimensions : à partir du grec il dit " se changer à l'égard de quelqu'un " et plus largement " transformation totale, nouvelle création " ; à partir du latin, il signifie " tenir à nouveau conseil ensemble ". Repentance : d'usage renouvelé, ce mot désigne un repentir qui prend une dimension collective, groupe, institution ou état. Il y a reconnaissance des fautes commises dans le passé et expression vers les victimes d'un regret collectif des fautes avec éventuellement une demande de pardon. Repentir : ce verbe exprime un changement après avoir constaté une erreur ou une faute. Le repentir n'est pas efficace par lui-même ; il peut aboutir à une modification du comportement et à une promesse de réparation ; il peut en rester au remords stérile, sentiment douloureux et honteux. S'il est fructueux, le repentir débouche sur la conversion, transformation radicale de l'être et du jugement. LA REDACTION OCTOBRE 2003 UN GRAND REPORTER FRANCAIS ASSASSINE EN AFRIQUE? JEAN HELLENE, assassiné ce mardi à Abidjan par un policier ivoirien, est l'un des plus grands reporters de guerre, spécialiste de l'Afrique. Après avoir survécu de la haine que les miliciens et les groupes fidèles au régime de Habyarimana en 1994, lorsqu'il couvrait la guerre de l'armée rwandaise avec le FPR, il a couvert toute la région d'Afrique centrale, de Mogadiscio à Abidjan en passant par le Kivu et l'île d'Idjwi. Son travail était très délicat, parce qu'il concevait impossible de parler des gens, d'une rébellion sans l'approcher. Mais les politiciens africains prennent vite un journaliste interviewant un rebelle pour son ami, son acolyte. C'est dommage pour la presse africaine, parce qu'effectivement, il existe les journalistes qui agissent ainsi, cherchent les amitiés par le biais de leur travail. C'est du faux journalisme. Ce que Jean Hellene n'a jamais fait. Ainsi, le policier qui l'a assassiné, était-il son ennemi ou son ami ? Evidemment, son ennemi. Voila ce que les bons journalistes savent chercher, les ennemis. Mais ce n'est pas aussi lui, c'est son métier. Voilà, une raison de plus d'appeler aux gouvernements africains de protéger les journalistes, parce qu'ils ne peuvent pas s'en passer. Au lieu de continuer à avancer les termes d'un assassin habillé d'une tenue de policier ou de militaire, le bon point de départ de l'enquête pour le gouvernement ivoirien est d'admettre que l'assassin est policier et militaire puis chercher les vrais raisons de cet attentat contre la liberté de presse. Philippe Mpayimana Un thème d'actualité est proposé dans le cadre du débat. POURQUOI TOUJOURS L’UNANIMITE AU RWANDA ?
Au Rwanda, tous les ingrédients culturels se réunissent toujours aisément pour converger à l’unanimité populaire, que cela soit dans le bien ( les travaux communautaire, “Umuganda”, les élections, la fuite du danger) comme dans le mal ( les travaux de violence collective de type génocidaire “guhashya umwanzi”, le martyre non mérité, etc). Rien donc n’est surprenant de rencontrer autant d’écart dans ce pays dont la fragilité du peuple n’est plus à démontrer. Mais tout cela mérite d’être analysé. Cliquez dans le menu débat pour lire et discuter AU BURUNDI, LA JUSTICE DEPEND PLUTOT DE L'ETAT MAJOR DE L'ARMEE QUE DE L'ETAT BURUNDAIS
10 ans après l'assassinat du président Melchior Ndadaye, le Burundi n'a pas encore levé le voile sur ses assassins. Le grand officier Bikomagu décrié comme le principal planificateur de l'attentat n'a jamais été interrogé, pour ne pas dire mis en accusation. Par contre, des dizaines de sous officiers ont été arrêtés et, d'après la conférence de circonstance donnée à Bujumbura par le président du Frodebu, Jean Minani, certains de ces sous officiers arrêtés auraient été éxécutés, d'autres en voie d'exécution pour effacer complétement les traces de la vérité sur cet assassinat. Si donc les grands officiers restent tranquilles, c'est la complicité de la justice qui le permet. Il reste à souhaiter que l'avancée politique et démocratique enclachée par le gouvenement actuel de transition s'accélère, pour aboutir à libérer la justice des mains de l'armée. Les propos de Jean Minani, actuel président du Parlement de transition sont rassurant. Les prochaines élections devront être organisées et orientées dans l'intérêt de tous, pour plus jamais traumatiser la partie perdante. Philippe Mpay
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Selon Jean-Hervé Bradol, président de Médecins Sans Frontières "La France est coupable d'avoir trop longtemps soutenu un régime génocidaire et, lorsqu'elle est finalement intervenue, d'avoir mené une intervention militaire "neutre" contribuant à offrir un sanctuaire aux auteurs du génocide dans les camps de réfugiés au Zaïre." . . . . . . . . . . . .
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Publication de l'équipe des Journalistes Modérateurs des Grands Lacs (JMGL). |
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