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POURQUOI TOUJOURS L’UNANIMITE AU RWANDA ?
Au Rwanda, tous les ingrédients culturels se réunissent toujours aisément pour converger à l’unanimité populaire, que cela soit dans le bien ( les travaux communautaire, “Umuganda”, les élections, la fuite du danger) comme dans le mal ( les travaux de violence collective de type génocidaire “guhashya umwanzi”, le martyre non mérité, etc). Rien donc n’est surprenant de rencontrer autant d’écart dans ce pays dont la fragilité du peuple n’est plus à démontrer. Mais tout cela mérite d’être analysé.
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RWANDA : Un peuple fragile
+95% de la population à l’âge électorale ont participé aux deux derniers votes
+95% de votes réalisées pour le Général Paul Kagame
+95% de votes portées aux députés favorables à P. Kagamé dont 75% à son Parti
+99% de votes avaient toujours été réservées au président J. Habyarimana
+95% de la population même dans l’opposition le portaient favori à la veille de sa mort
+95% de la population paysanne ne pensent à autres ressources économiques que l’agriculture, même quand leur sol est stérile
+95% de la population affirment qu’il n’existe aucun autre beau pays que le leur au monde
+95% de déplacés et de réfugiés n’avaient jamais mis pied en déhors de leur région et pays
+95% de la population ignore l’histoire lointaine de leur pays
+95% de la population est dévote de l’église chrétienne
+95% de la population croit que le chef de l’Etat est infaillible
+95% de la population consomment une même ration 7 jours sur 7
+95% de la population ne veulent jamais que les choses changent
+95% de la population dite instruite n’ont lu ni écrit aucun livre entier
+95% des autorités ne distinguent pas politique et administration
+95% de la population ne distinguent pas leurs droits et leurs devoirs
+95% de la population a combattu le FPR dans ses débuts
+95% de la population a été sensibilisé à l’ethnisme à partir des années 90
+95% de Hutu n’ont pas résisté du moins moralement à l’élimination des Tutsi en 94
+95% de participants aux massacres l’ont été contre leur gré
+95% ne comprenent pas encore la faute d’avoir fait leur “travail”
+95% de Hutu ignore les événements dits de 1959
+95% de Tutsi ont gardé rancune des événements de 1959
+95% de la population ont fui leurs régions en 94
+95% de la diaspora actuelle n’est pas fière d’être rwandais
+95% de rwandais affirment que les choses ont été comme elles devaient être etc.
A partir de ces unanimités, l’on peut caractériser ce peuple de super obéissant, réceptif, serviable et manipulable, d’immature et même d’irresponsable. Sa culture doit être mise en question avant de répondre à toutes les interrogations actuelles. La question clé peut être surtout Que fait, que pense, qui est la tranche de 5% marginalisée par cette unanimité écrasante ? Si la logique du bouc-émissaire est profondément enracinée dans la mentalité collective, n’y aurait-il pas moyen de centrer notre attention à cette minimie frange de la population pour activer un courant d’intelligence active, l’intelligentia, l’élite du peuple, évidemment après en avoir extirpé la pulpe responsable des derniers débordement ! Parlons enfin d’une permanente crise culturelle des Banyarwanda, faute d’une philosophie orthonormée, ou le OUI coexiste avec le NON de manière imprévisible. Faute donc de cette libre rapport, la culture des Banyarwanda est à reconstruire.
DU GENOCIDE AU LIBERTICIDE
L’analyse de tous les motifs du génocide commis contre les Tutsi devrait nous faire croire à l’innocence du peuple rwandais dont le seul péché est l’ignorance et l’obéissance aveugle aux autorités. Ces défauts ont été longtemps et sont encore entretenus par les acteurs politiques qui en profitent pour demeurer des dirigents incontestables. En effet, chaque fois que le peuple a été sollicité pour effectuer un travail qualifié d’intérêt public, il l’a réalisé à bras le corps. Les dirigents actuels se servent de cette disposition pour réaliser des records électoraux dépourvus de commentaires. Pourtant, la trace d’un manque de liberté à ce peuple se laisse voir. Si le Président Kagamé a obligé le peuple à l’élire parce que “l’élection ne devait que lui être favorable”, il pratiqué la même politique de ses prédécesseurs, Habyarimana qui faisait de même pour les élections et Kambanda qui l’a malheureusement fait pour autre chose : la défense civile génocidaire. Nous pouvons ainsi conclure que, vis-à-vis de cette lacune culturelle, la population a été entraînée dans les massacres de leurs voisins de manière accidentelle. L’impossibilité de dire NON est comparable au conducteur de véhicule dont les freins ne tiennent plus. Ainsi, le génocide devrait être interprété comme une série de meurtres involontaires, par les agents drogués par le gouvenement et la radio génocidaire. Si donc la justice actuelle ne considère pas ce facteur, pour caractériser les milliers d’inculpations d’homicide involontaires, plutôt que de génocide, c’est qu’elle n’est pas véritablement libérale ou bien informée de tous ces enjeux socioculturel. Ainsi, une petite poignée de responsables politiques méritent d’être poursuivis pour un crime de génocide et non tout le monde qui y a participé de loin.
UNE CULTURE A REFAIRE.
Plusieurs facteurs culturels analysés démontrent que les Banyarwanda disposent encore de pas mal d’obstacles à la civilisation de l’universelle :
1. Le degré de la liberté électorale.
Il n’y a de pire génocide qu’un liberticide. Combien de fois le Munyarwanda n’a pas été appelé à agir dans la foule, à faire ce que les autres font, à répondre au signal de la trompette sans avoir le droit de refuser d’aller en guerre. Un homme sans fils était condamné à intervenir tous les jours, même s’il était malade ou si sa femme l’était. Si donc GUTABARA (répondre à un cri d’alarme) était respecté à l’unanimité, l’on constate que cela ne dépendait pas de l’esprit patriotique ou humanitaire des banyarwanda. Ils n’en ont jamais eu. Il s’agissait plutôt d’un automatisme auquel ils ont été habitué de longue date. Cet automatisme est lié à la vision du monde de l’omniscience et l’omnipuissance du chef par le Munyarwanda. D’où l’impossibilité d’une mise en question des appels du genre :
“Nzatanga umuganda wo kubaka u Rwansa” (je participer aux travaux communautaires pour construire le Rwanda) du temps de Habyarimana;
“Umwanzi muramuzi...” (L’ennemi vous le connaissez tous, prenez vos outils et défendez-vous) par le premier ministre Kambanda
“Ibizava mu matora ni ibyo shaka” (Le résultat des urnes je le connais. Ils se passeront tel que je veux) par Paul Kagame.
Ces trois exemples démontrent le point de convergence de tous les hommes d’Etats rwandais à savoir : la faveur illimitée leur accordée d’office, à travers l’attitude populaire complexe d’ OBEISSANCE-IGNORANCE. Pas mal d’éléments de la sagesse rwandaise permettent de le démontrer :
nkejuwimye ni umwana w’umunyarwanda
irivuze umwami,
uko zivuze niko zitambwa,
ab’imana zahaye,
uhawe uruharo arwigiza imbere.
les expressions même de “kwima k’umwami/gutanga” etc.
Cet ensemble d’attitudes inhibe l’éclosion démocratique et encourage les dirigeant à la répression des étoiles montantes et des structures représentatives.
2. Le degré de la liberté d’expression
La liberté d’expression est la mère de toutes les libertés individuelles et collectives. Sa promotion comme son handicape se situe toujours du côté du pouvoir en place. Par contre, si les gens ne s’exprime pas, les dirigeants et tous les acteurs du développement ne peuvent pas se situer et s’évaluer. Toutefois, cette liberté ne peut s’épanouir que si les éléments culturels liés à la crainte populaire exagérée, à l’obéissance démesurée, au désintéressement à la chose publique/politique par le peuple, à l’impossibilité de résister (ce qui est aussi une forme d’expression), cette liberté d’expression ne serait pas réalisée.
Telle est ainsi notre contribution à l’accoissement de cette liberté, si les Banyarwanda acceptaient de critiquer leur mentalité rétrograde en général, et si le pouvoir actuel acceptait de tenir compte du déficit culturel du passé pour distinguer les crimes de génocide et d’homicide involontaire. C’est en considérant cette réalité que les Hutu et les Tutsi réapprendrons à cohabiter en toute harmonie et à accroître leur jugement face aux faux politiciens et faussaires de troubles. Ces derniers sont une infime minorité de la population, moins de 5% des détenus actuels et des personnes recherchées présumés coupables du génocide.
UNE VOIE DE LA RECONCILIATION
- comprendre la culture et l'identité multiraciale rwandaise
- distinguer les génocidaires des assassinss involontaires
- condamner par défaut la masse incarcérée et amnistier
- renforcer l’éducation civique par l'éducation aux droits de l'homme
- promouvoir la liberté d’expression
- promouvoir la décentralisation politique