CHRONIQUES DES ANCEY

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Ce n'est pas le style, d'une facilité un peu fluide et pâle - malgré la malice souvent apparente - que la chose se recommande. Mais il y a là une mentalité et aussi des faits. Ce volume est un don de la maison Margalhan, comme l'Essai d'Antonin de celle de Camille Ancey. Les années de naissance et de mort ne sauraient pour l'instant être établi que par à peu près. Elle était l'aînée de Francis et nous savons qu'elle inspira des sentiments sous le Consulat, malgré sa sévérité précoce.
Les dernières mentions datées de son recueil Jour de l'An 1843, mais son père est mort à ses côtés (1847) et elle est dans la première rédaction du testament de César, un peu postérieure (1849).
    Le nom a été biffé en 1854 au plutôt. Ce qui était resté comme une lumière dans sa vie, c'était le jubilé de 1826. Férue de science,  elle avait suivi à Paris les cours d'Orfila, et pour être trop instruite en physique - et pas seulement en médecine - elle en était quelque peu risible, se vêtant de soie au cours des orages et s'asseyant sur un isolant (de verre).
    Avec cela, elle fit plus d'une chute grave (notamment en 1833, le Jeudi saint) et eut deux attaques de choléra, la seconde au clos de Marpain. Sa piété, ses affections de famille, tout ce qui l'émouvait, elle l'épanchait en vers (qui s'étalent pour nous sur quarante ans ou davantage), coupés quelquefois de curieux éclaircissements en prose. La muse de province n'hésitait pas, nous dit-on, devant des communications au grand Lamartine, et peut-être le poète lui a-t-il été aussi condescendant qu'à Reine Garde, la couturière d'Aix, en 1847. Son neveu Félix se la rappelait sortie tête nue, l'air inspiré, sur les Allées de Meilhan, et il lui offrait le bras pour la sauver des regards.
    Ce que la famille lui a inspiré de plus touchant c'est peut-être les poésies consacrées à la mort et au souvenir de sa mère - dont elle avait célébré les noces de diamants déjà (1834). Grâce à elle, la date précise du décès (22 décembre 1837, dix heures du soir), le lieu exact de la sépulture à Pesmes nous ont été conservés. Elle a pleuré sur son frère Félix, sur la séparation douloureuse avec Ninette et sa fille, fait des vœux pour le bonheur de César, pour celui de l'excellent Dalmas son ami. Dans sa pièce l'esclave daiger, elle espère beaucoup pour la foi de l'expédition de M. de Bourmont. La Révolution d'un juillet lui apprend un doux scepticisme à l'égard de la durée des pouvoirs terrestres. Nous voyons d'autre part qu'elle s'intéresse à une honnête idylle qu'elle touche à bonne fin. Beaucoup de vers de bonne amitié comme à l'abbé X.... à Mme de Choiseul, à Mme Arrichet. Beaucoup de satire aussi contre les esprits forts,
les dames « brodomanes »
13 les chaisières intempestives, le délabrement ignominieux de l'église.
    Au moment du partage de 1841 les souhaits de l'excellente fille sont pour le maintien de l'union fraternelle si habituellement compromise lors de pareils actes. Pour elle, sa destination fut de rester l'ange du foyer auprès d'un vieux père que la mort tardait à saisir. Ce n'est en effet qu'en mai 1847 que l'ancêtre s'éteignit. Il était alors couché, un chapelet en main. Lorsque Jeanne-Anatoile se rapprocha le corps était immobile: Jean-François avait rejoint sa chère Anne-Claude.
    Le local de la maison des Promenades que le vieillard s'était réservé, nous le reconstituons ainsi (partage de 1841) : une chambre à feu au Nord, prenant jour et sortie sur les Promenades ; autre chambre voûtée, enfin seconde chambre à feu donnant par deux croisées au midi sur la cour, avec cabinet à la suite, tout cela relié par des corridors. Une part de la cour, une part de la cave étaient affectées aussi à M. Ancey.

    « La maison Ancey de Pesmes, écrit Goyot-Briot (lettre à Ancey, 12 février 1912), renfermaient des boiseries, des peintures et des sculptures remarquables.

13 Manie de la broderie, je suppose. (D.C.)

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