CHRONIQUES DES ANCEY

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Au doux scepticisme de César sur les illustrations de la famille et ses titres, il répondait doucement: « Vous en riez, mon fils ? Eh bien! ils ne seront point pour vous ». Ses armes, légitimes ou non, étaient - pour compléter l'énonciation faite ci-dessus - « d'azur à trois broyes d'or en fasce, au chef d'argent chargé d'un lion issant de gueules ». Les biens, dénombrés au partage de 1841, comportaient onze vignes, trois champs, deux jardins, quatre prés, deux maisons - avec une surface totale de terres n'atteignant pas cinq hectares, sur lesquels les vignes occupent 3 hectares et un quart. Tout cela fort dispersé : onze biens dans le seul Marpain, avec revenu total évalué à 230 francs. La maison d'habitation, sur les Promenades, avait été acquise sur les fonds de la communauté. Elle représentait 122 de ce même revenu.
    Treize enfants de Jean-François procédèrent de cette union, tous allaités par la mère
(témoignage de Jeanne-Anatoile) suivant un usage patriarcal : l' Émile7 d'ailleurs, ne semble avoir été connu - et goûté - des Ancey qu'assez tard. L'aîné, d'après les souvenirs d'un neveu (Félix) aurait été Claude Nicolas Antonin, établi à Marseille dés 18128 , et qui devait y décéder dans sa campagne en 18369. Celui de ses frères qui portait le nom de Félix, attribué plus tard en son honneur à mon père, fait, à mon su, l'objet de deux traditions divergentes. Suivant l'une (version de mon père même), il serait mort dans la campagne de Russie ; suivant l'autre (version Margalhan), auditeur à la Cour des comptes, il aurait été victime d'un accident dans les rues de Paris. Les vers de Jeanne-Anatoile à son sujet n'éclaircissent rien. Mon aïeul César, né en 1799, était le dernier de la généreuse série. La lignée subsistante en 1841, avec les hoirs10 d'Antonin, comprend huit noms seulement11 : Claude, déjà veuve, à Montmirey-la-Ville (Jura), Anatoile, à Pesmes, Jean, ci-devant notaire à Lyon, François, dit Francis, négociant à Gémenos (B. du R.), Marie, femme mariée, à Pesmes, Anne, à Gémenos comme Francis, épouse séparée, Caroline, femme mariée, à Vadans, César enfin, négociant à Marseille.
    Anne-Claude était veuve d'un Jean-François Monnier, Jeanne-Marie-Anne avait épousé un François-Théodore Ridnet, Françoise-caroline un autre Ridnet, Jean-Baptiste, maire de sa résidence. Quant à Anne-Marie (familièrement Ninette), son mari - qu'on ne voyait plus - était Claude Berlier, médecin à Longecourt, arrondissement de Dijon.
     Tous les fils s'étaient mariés. J'ignore l'alliance de Jean-Baptiste l'ancien notaire, mais on vivait place d'Ainay où mes documents le mettent encore en 1854 : on avait servi de correspondant au jeune Félix envoyé aux Minimes de la ville. Pour Antonin, il avait épousé Marguerite Perrochia, restée veuve avec deux enfants, et Francis, Marie-Françoise-Victoire Boissier, dont il eut une prospérité aussi. César sera l'objet d'un long développement plus tard. En dehors de lui, les seuls dont je puisse parler avec quelque étendue sont Antonin, Francis, Anne et Anatoile. J'ai pu connaître Anne encore, la vieille « tante Ninette », morte plus qu'octogénaire à Marseille dans la famille de sa fille.
     Antonin, qui s'est intéressé aux plans du canal de Marseille, qui a même écrit à leur sujet, publiait aussi, en 1827, à Paris un ouvrage pédagogique -. Essai sur l'éducation de l'enfance ou l'éducation paternelle, source des bonnes mœurs, du bonheur des individus et des familles. Il l'avait dédié « à une bonne mère ».


7 Allusion au roman pédagogique de Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l'éducation. (D.C.)
8 En marge il est porté : 1809 (Sté Ancey et Cie)
9 En marge: 8/1832, acte de mariage de Camille, le fils.
10 Les héritiers. (D.C.)
11 En marge: au lieu de 13.

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