CHRONIQUES DES ANCEY

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Ici nous pouvons laisser quelques temps les documents recueillis dans les deux estimables volumes de E. Perchet pour nos documents personnels. Les uns consistent en quelques papiers de ce même siècle échappés à la destruction dont on a parlé, les autres proviennent d'une communication de M. Gayor-Briet de Pesmes, rattaché par son origine lointaine à cette même famille Ancey.
   A la date du 8 novembre 1652, les procureurs de Champagny avaient signé une déclaration des biens de la seigneurie d'Aligny, au territoire Marpain (par delà l'Ognon), jadis appartenant à divers Rémond, dont les titres remontent à 1530 ou plus haut. Une copie leur en a été demandée plus tard (9 août 1661) par Jean Ancey de Pesmes, sûrement acquéreur de ces mêmes Rémond puisque des biens à Marpain sont encore mentionnés dans le partage Ancey de 1841 et que divers Ancey subsisteraient toujours au même terroir. Il s'agit de « terres, prés, vignes » à deux frères et deux sœurs Rémond.
   Si la descendance de nos Ancey par Claude et Philibert n'est nullement prouvée, on doit, croyons-nous, admettre ce Jean comme un de leurs auteurs. Anne-Claire pourrait être une fille de ce même Jean. Elle épousa (vers 1690, croyons nous) un Claude-Pierre Goyot, bisaïeul de M. Goyot-Briot, né lui-même en 1830 (lettre datée de Bruge, du 3 janvier 1902). Un des fils d'Anne-Claire fut le R.P. Goyot, procureur général des Cordeliers et prédicateur du Roi ; un autre, Claude-Hubert, professeur d'éloquence à Lille a vécu fort vieux (testament du 7 octobre 1787) enfin, une fille, la Mère Goyot, dirigea l'hôpital de Royan.
   Avant de revenir aux documents Perchet, relevons que d'après nos traditions de famille et nos correspondances, le premier Ancey auquel nous rattache une série de pièces d'état civil ininterrompue est Jean-François, né en 1752, et dont le mariage est, suivant certains, de 1770, suivant moi de 1774 plutôt
4. Un épisode amusant nous a été conté de ses fiançailles : il aurait des facultés hydroscopiques5, éprouvant des malaises inexpliqués en un endroit donné du salon de la famille Dupoirier. La maison rasée par la suite aurait révélé l'existence d'une veine d'eau restée secrète au-dessous de ce même endroit. Anne-Claude, la fiancée, avait trois ans de moins que Jean-François. La famille, non plus que celle des Ancey, n'était pas sans quelque relief: un Dupoirier a occupé la mairie de Pesmes en 17665, comme un Ancey aux années 1783 et 84.
   La Révolution aurait fort entamé les biens des Ancey. Ce que nous savons c'est qu'à cette époque un Nicolas Ancey, docteur en médecine, signe, avec d'autres, au 18 février 1789, une protestation contre un arrêt jugé rétrograde du Parlement de Dole du 27 janvier. Mais les évènements le dépassent. Elu notable au 15 novembre 1790, il est suspect trois ans plus tard, et, comme tel, soumis à désarmement pour cause d'incivisme (arrêt du Conseil de Ville du 13 avril 1793). L'ancien seigneur M. de Choiseul, neveu du ministre, subissait le même sort et pis encore.
   Les renseignements sur la personne même de Jean-François restent parcimonieux dans les récits que j'ai pu recueillir. lis se référent à un vieux petit bourgeois qui balayait lui-même le seuil de sa porte et riait aux larmes de l'avidité d'un petit-fils lâché dans les abricotiers du jardin.

4 En marge : il est écrit plus loin (p 14 (du document» que les noces de diamant ont eu lieu en 1834.
5 Faculté de déceler les eaux souterraines. (D.C.)
6 Ainsi que de 1773 à 1778. (D.C.)

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